ILE-DE-FRANCEMontreuil active on réseau de PMEPour revitaliser son économie, la commune de Seine-Saint-Denis favorise les échanges commerciaux et les regroupements au sein de son vivier de PME.

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Montreuil active on réseau de PME

Pour revitaliser son économie, la commune de Seine-Saint-Denis favorise les échanges commerciaux et les regroupements au sein de son vivier de PME.

Dans les banlieues confrontées au chômage et au risque de déstructuration du tissu social, il ne suffit pas de rénover les cités. Il faut revitaliser le tissu économique. C'est le défi que des communes de la petite couronne parisienne tentent de relever. A Montreuil, Jean-Pierre Brard, le maire communiste refondateur, mise sur l'effet de réseau, aussi bien dans les activités de sous-traitance que dans les métiers graphiques. Objectif: tirer parti des liens que les PMI peuvent nouer entre elles dans un tissu urbain où se mêlent traditionnellement habitations et micro-industries.

Montreuil compte 2400entreprises, qui emploient en moyenne une douzaine de salariés. Parmi elles, quelque 300 sous-traitants, dans pratiquement tous les domaines d'activité: de la tôlerie à la fonderie, en passant par la chaudronnerie ou le traitement de surface, mais aussi l'électronique ou la transformation du caoutchouc. Proches des grands donneurs d'ordres et de leurs bureaux d'études, nombre de ces sous-traitants travaillent sur des petites séries, voire sur des prototypes. C'est le cas de Protection des métaux, spécialiste du traitement de surface tourné vers l'électronique, l'armement ou le spatial (12millions de francs de chiffre d'affaires, dont un tiers hors de la région parisienne). Pour des PMI de ce type, la concentration de sous-traitants dans la même commune peut constituer un vivier d'opportunités.

Former des chaînes de sous-traitants

L'effet de réseau, Martine Poncelet connaît bien. Poncelet, la PMI de 39salariés (19millions de ventes) qu'elle dirige à Montreuil, a doublé son chiffre d'affaires depuis 1989 en s'arrimant à une association de PME franciliennes dans son secteur du découpage-emboutissage. Mais elle vient aussi de trouver un sous-traitant à cinq minutes de ses locaux. "La richesse du tissu économique donne des possibilités pour créer des chaînes de sous-traitants", confirme Pierre Morizot. Cet autre dirigeant de PMI, dont les sociétés Modef et Sop (80 salariés, 37millions de chiffre d'affaires) produisent des petites pièces jetables pour des produits de grande consommation, vient lui aussi de dénicher des fournisseurs à deux pas de chez lui. Cette éclosion de contrats de sous-traitance entre les entreprises du cru ne doit rien au hasard. C'est une des retombées du premier Salon montreuillois de l'industrie, organisé en décembre dernier.

Mais le service de développement économique de la ville, qui en a eu l'initiative, ne limite pas ses ambitions au développement de relations commerciales entre les sous-traitants. Elle compte aussi sur la concentration de savoir-faire dans l'industrie de l'image, une activité traditionnelle de Montreuil qui s'est développée autour des studios Louis-Lumière et qui regroupe 300 entreprises (sous-traitants et donneurs d'ordres de la chaîne graphique, métiers de la communication, de l'audiovisuel et de la formation). Réponse à la crise qui a secoué la profession l'an passé, la création d'une association regroupant 15 PME aux compétences très diversifiées: de l'impression à l'image de synthèse, en passant par la vidéo ou l'archivage de films. Là encore, le but est de tirer parti de l'effet de réseau.





DES LOCAUX POUR ATTIRER LES ENTREPRISES

Flambant neuf ! Le Centre d'activités de pointe de Chanzy, inauguré en février, doit héberger la RATP et une filiale d'Alcatel. C'est l'illustration la plus récente de la politique immobilière de la municipalité de Montreuil, décidée à garder ses entreprises et à en attirer d'autres. Création d'une société d'économie mixte, utilisation du droit de préemption, élaboration de cahiers des charges pour les promoteurs, bourse des locaux dans l'ancien: autant d'éléments qui ont contribué, depuis 1986, à la rénovation ou à la construction de 300000m2 de locaux d'activités et de bureaux loués de 600 à 1000 francs le m2.



Poncelet est arrimé au groupement défi

Un cas d'espèce, selon les professionnels. Ils voient en Défi un des rares cas de regroupement abouti dans le découpage-emboutissage. Treize partenaires se sont réunis dans la société financière Défi en 1992, prolongement de l'association constituée il y a quatre ans par quatre PMI franciliennes. Parmi elles, Poncelet, de Montreuil, dont le chiffre d'affaires a doublé depuis 1989. Un mariage de raison. Il résulte certes de la volonté des chefs d'entreprise de mettre en oeuvre une stratégie commune, mais aussi de la pression des donneurs d'ordres: pression d'autant plus forte qu'elle émanait des sièges sociaux de la région parisienne. D'où un groupement qui pèse plus de 500 millions de chiffre d'affaires. Défi dispose d'un bureau d'études utilisant la CAO, d'une logistique de gestion en prise directe sur Renault et Peugeot. Et, grâce à son service commercial, il vient de décrocher des contrats à l'export, notamment auprès du suédois Scania.

USINE NOUVELLE - N°2451 -

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