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Ile-de-France : Safran, moteur de croissance

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Héritier de la Snecma et de Sagem, le groupe est très fortement implanté en Île-de-France où il fait travailler de nombreuses PME.

Ile-de-France : Safran, moteur de croissance
Safran doit produire 1 400 unités et gérer le lancement du nouveau moteur Leap.

Terre d’accueil du récent salon du Bourget, l’Île-de-France est, avec Midi-Pyrénées, la première région de l’Hexagone pour les activités aéronautiques et spatiales et rassemble 28% des 170 000 salariés français du secteur. Berceau historique de l’aviation française, l’Île-de-France a su capitaliser ses acquis et vu croître sur son territoire les grands industriels de la filière avec, en chef de file, le groupe Safran devant Dassault Aviation, EADS Astrium ou encore Thales.

Né en 2005 de la fusion de Snecma et de Sagem, Safran, dont le siège est implanté à Paris, possède cinq grands sites industriels autour de la capitale, dont les deux usines de fabrication de moteurs de Évry-Corbeil (Essonne) et de Melun-Villaroche (Seine-et-Marne) emploient à elles seules plus de 5 000 personnes. Safran a repris à son compte les relations industrielles héritées du passé des entités qui le composent même s’il tend à présent à homogénéiser ses achats. « Il y a quelques années, les achats des différentes sociétés étaient structurés par segment ou par famille, mais cela restait relativement hétérogène. Aujourd’hui, nous visons de plus en plus à avoir une politique d’achat bien coordonnée », avance Denis Vercherin, le directeur industriel de Safran.

Beaucoup de sous-traitants franciliens du groupe font état de relations souvent anciennes avec ce dernier, comme Srebot Technologies de Bondoufle (Essonne) qui produit des pièces de grandes dimensions pour l’usine Snecma d’Évry-Corbeil, distante de quelques kilomètres. « Nous travaillons avec Safran depuis quarante ans. On peut dire que nous sommes littéralement ancrés dans le groupe », confirme son patron Youri Srebot. Être adoubé par un grand compte de l’aéronautique entraîne beaucoup d’exigences, mais apporte quelques avantages en contrepartie.

La traque à la dépendance

« Si l’on fait bien un produit on doit pouvoir garder la confiance du donneur d’ordres. Cette récurrence facilite les décisions d’investissement et d’embauches », assure Guillaume Krempp, directeur général de Bronzavia, une?entreprise de Sartrouville (Yvelines), spécialisée dans la  fabrication de pièces et d’équipements chaudronnés.

« Nous cherchons à améliorer la visibilité que nous donnons à nos fournisseurs pour leur permettre de mieux se préparer à nous accompagner. Parallèlement, nous sommes aussi dans la problématique de consolider notre panel de fournisseurs, car beaucoup ne sont pas forcément de grande taille », explique Denis Vercherin. D’une manière générale, Safran agit sur son écosystème en étant souscripteur pour 30 millions d’euros du fonds d’investissements Aerofund III, qui concourt à la consolidation financière des entreprises du secteur, voire à leurs rapprochements. Il est aussi l’un des leaders du pôle de compétitivité francilien AsTech en étant associé à plus d’un tiers de ses projets collaboratifs.

Safran s’alerte dès que le taux de dépendance d’un fournisseur à l’égard de ses commandes dépasse un seuil situé autour de 30%. Dès lors, il l’encourage vivement à trouver d’autres clients et l’aide si possible. Spring Technologies, un éditeur de logiciel d’optimisation de l’usage des machines à commandes numériques, situé à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a reçu un tel coup de pouce. « Safran nous permet de nous développer au sein de son groupe, mais nous parraine également auprès d’autres grands groupes ainsi qu’auprès d’autres entreprises de sa supply chain », explique Gilles Battier, le PDG de Spring Technologies.

Le sujet de la dépendance demeure cependant d’actualité pour certains des plus proches partenaires de Safran, comme le reconnaît Thomas?Corbel, le président du groupe Le Piston français (LPF). « Nous avons ouvert des voies de diversification, mais il faut du temps pour qu’elles se développent alors, qu’en parallèle, l’augmentation d’activité avec Safran est encore plus forte », fait observer le dirigeant de cette société, qui aménage actuellement une?nouvelle usine de 9 000 m2 à Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) pour satisfaire la demande de Snecma.

Safran fonctionne sur un rythme soutenu à l’exemple de Snecma, qui a fabriqué 1 400 exemplaires du moteur CFM en 2012. Un record. Safran doit en produire autant cette année alors que se profile le lancement du moteur Leap, dont plus de 5 000 unités sont déjà commandées. « Nous avons trois?ans pour basculer de la production du CFM à celle du Leap tout en produisant autant, précise Denis Vercherin. C’est un challenge pour nous et pour nos fournisseurs. »

Les principaux investissements en cours

  • EDF a entamé, en janvier, la construction de son centre de R & D et de son campus de formation sur le plateau de Saclay (Essonne). 350?millions d’euros d’investissements sont prévus pour le premier projet et 150 millions pour le second.
  • Eurocopter a posé, à l’occasion du salon du Bourget, la première pierre de son futur établissement de Dugny (Seine-Saint-Denis). L’ensemble accueillera un centre de production de pales d’hélicoptères ainsi qu’un centre de R & D dédié aux composites.
  • Prologis poursuit son projet de parc de 260 000 m² sur l’ancien centre de distribution de PSA à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne). Les premiers bâtiments devraient être livrés début 2014.
  • Le projet Apollon, du futur centre de recherche sur les lasers ultrabrefs de forte puissance et leurs applications, est en cours de réalisation à Gif-sur-Yvette (Essonne) pour 35 millions d’euros. Porté par plusieurs partenaires scientifiques, le site devrait effectuer ses premières expériences début 2015.

 

Le laboratoire Stallergenes cultive l’autonomie


« Notre laboratoire a la chance d’intégrer aujourd’hui toute la chaîne de valeurs : R & D, développement clinique, production, commercialisation, marketing, finances », se félicite Philippe Richou, le directeur stratégie industrielle et supply chain du laboratoire. Implanté à Antony (Hauts-de-Seine), Stallergenes, le spécialiste français des traitements des allergies par immunothérapie, cultive l’autonomie et a réalisé 240 millions d’euros de ventes en 2012. L’établissement d’Antony est le centre nerveux de la société et mêle les activités administratives, de production et de recherche. Il emploie 750 personnes, dont 200 chercheurs, sur un effectif total de 1 100 salariés. « Nous réalisons 70% de nos achats France en Île-de-France où nous recensons quelque 500 fournisseurs », détaille Philippe Richou. Des façonniers figurent parmi ses prestataires et s’occupent de la fabrication de comprimés. Des industriels avec lesquels Stallergenes veut nouer des relations fortes, malgré des volumes commandés limités. « Nous sommes en forte croissance mais sur un métier de niche, précise Philippe Richou. Pour autant nos fournisseurs nous suivent attentivement et nous accompagnent dans notre développement, car ils connaissent notre potentiel. »

 

 

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