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L'Usine Agro

"Il y a un état d’urgence sur le saumon fumé", selon Vincent Truelle

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Entretien Envolée des cours du saumon, manque de disponibilité... Résultat : plusieurs usines ont fermé en France depuis le début de l’année. Le mouvement redistribue les cartes entre les industriels. Vincent Truelle, le directeur général de l’Association des entreprises de produits alimentaires élaborés (Adepale), à laquelle adhère le Syndicat national des industries du saumon et de la truite fumés (STF*), revient sur les raisons du déclenchement de la guerre du saumon fumé.

Il y a un état d’urgence sur le saumon fumé, selon Vincent Truelle

L’Usine Nouvelle - Comment expliquez-vous la flambée des prix que connaît actuellement le secteur du saumon ?

Vincent Truelle - Nous sommes devant une situation assez classique dans l’agroalimentaire : il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande. La production mondiale de saumon, assurée majoritairement par la Norvège est à peu près au même niveau qu’en 2012. Les conditions climatiques n’ont pas été propices aux conditions d’élevage cet hiver. Or, la consommation mondiale ne cesse de progresser, particulièrement au Brésil et en Chine.

Le saumon norvégien, qui assure 69 % de la consommation française de saumon fumé, a vu son prix grimper de 70 % en quelques mois, passant de 3,50 euros/kg en février 2012 à 6,00 euros/kg ! Parallèlement, la consommation de saumon fumé ne faiblit pas en Europe, et principalement en France, premier pays consommateur. Elle a progressé de 2 % en 2012 à 36 200 tonnes.

Est-ce que cela explique les difficultés des industriels depuis quelques mois, comme Marine Harvest, Marcel Baey et Ledun Pêcheurs d’Islande, qui ont annoncé des fermetures d’usines en France ?

Le contexte est très défavorable pour les entreprises de transformation. Elles sont dans l’incapacité de répercuter les hausses à la distribution. Aucune entreprise ne peut absorber 70 % de hausse sur le coût de sa matière première. La concentration de la production en amont les pénalise et participe à la volatilité des cours. Il y a urgence à ce que la distribution accepte des hausses de prix pour garantir la survie des entreprises. Nous espérons que la nouvelle loi Hamon sur la Consommation facilitera la répercussion des hausses de matières premières. Faute de quoi la question de la disponibilité du saumon fumé dans les linéaires pour les consommateurs français risque de se poser pour Noël.

Des groupes annoncent pourtant des profits records. Marine Harvest a publié un résultat opérationnel multiplié par quatre sur le second trimestre… Pourquoi ?   

Je ne peux pas parler pour nos adhérents, mais les résultats de certaines entreprises dépendent aussi de toute la partie amont, liée à l’élevage puis à la vente de poissons. Marine Harvest pèse 20 % de la production norvégienne de poissons.  

Comment expliquez-vous que ces fermetures d’usines aiguisent l’appétit d’autres groupes, comme Delpeyrat, qui vient de racheter début août les activités de Norway Seafoods et vient de faire une offre sur Ledun Pêcheurs d’Islande (LPI) en Normandie ?  Il n’y a pas le même empressement dans la filière avicole ou porcine…

Dans certaines filières d’élevage en France, il y a de la surcapacité par rapport à la demande. Dans le saumon fumé, c’est le phénomène inverse. La demande est supérieure à l’offre. Il n’y a pas de raison que cela change dans les prochains mois. La consommation va rester soutenue. Certains opérateurs voient là une occasion de renforcer leurs parts de marché. C’est un peu un pari sur l’avenir qu’ils font.   

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

*Le syndicat STF rassemble 11 entreprises qui représentent 90 % des ventes de saumons et truites fumés en France.

 

 

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