« Il ne faut pas s’attendre à une vraie reprise en France » Claude Cham (FIEV)

La filière française des fournisseurs automobiles n’entrevoie pas encore le bout du tunnel. Même si la situation s’améliore.

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« Il ne faut pas s’attendre à une vraie reprise en France » Claude Cham (FIEV)

En 2009, le nombre de voitures fabriquées sur le sol français a accusé, à deux millions d’unités, une baisse de 19.1% par rapport à 2008. Directement lié à l’activité des constructeurs, le chiffre d’affaires des usines françaises d’équipement automobile a, lui, chuté de 23% ( à 15.7 milliards d’euros).
Boostée par la prime à la casse, l’activité est, depuis, heureusement repartie. Sur les sept premiers mois de 2010, la production des usines de l’Hexagone a augmenté de 21.6 %. A 1 394 000 véhicules, elle est ainsi supérieure de 248 000 véhicules par rapport à la même période 2009. Les équipementiers ont suivi la tendance et depuis janvier, leur chiffre d’affaires a augmenté de 20% (à 10.7 milliards d’euros).

Un retour au niveau de 2008 dès cette année

Dressant son bilan à l’occasion du Mondial de l’automobile, la Fiev table, pour 2010, sur un retour des immatriculations mondiales à 71 millions d’unités. Et donc à un retour au niveau de ce qu’elles étaient avant la crise.
Du fait d’une baisse des immatriculations sur le second semestre 2010, ses prévisions pour la France s’établissent à 2.2 millions de véhicules. Dans ce contexte, l’activité des équipementiers français devrait connaitre une hausse comprise entre 5 et 7%.

S’il reste convaincu du potentiel de croissance des industriels français à l’international, Claude Cham est plus prudent quant à l’avenir de la filière en France. Malgré le recours massif au chômage technique, les adhérents de la Fiev (essentiellement des équipementiers de rang 1) ont réduit leur effectif de 10% en 2009. Et pour lui, « sans véritable croissance en Europe, il ne faut pas s’attendre à une vraie reprise". Chiffré à 97 000, le nombre d'employés en poste chez les équipementiers devrait donc, au mieux, rester stable sur 2010.

La forge, seule rescapée des surcapacités

A plus long terme, Claude Cham s’attend à ce que la France subisse de nouvelles restructurations qui seront destructrices d’emplois. Même si le chômage partiel a pour l’instant relativement limité la casse, il faut s’attendre à gérer les surcapacités. L’Hexagone dispose, en effet, d’un outil industriel calibré pour 3 millions de voitures, alors qu’elle n’en fabriquera sans doute plus que 2.2 à 2.3 millions. Pour le président de la Fiev, la filière « forge » devrait être la seule à résister. La plasturgie, l’outillage ou l’industrie des moules vont, elles, devoir se structurer et, au final, dégraisser.

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