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"Il ne faut pas laisser certaines entreprises s’emparer abusivement du Made in France"

Publié le

Entretien Le Made in France semble avoir fait un pas de plus. Christian Estrosi, ministre de l’Industrie de juin 2009 à novembre 2010, défend ce jeudi 2 février une résolution définissant l’étiquetage d’origine française devant l’Assemblée nationale. Il explique sa démarche à L’Usine Nouvelle.

Il ne faut pas laisser certaines entreprises s’emparer abusivement du Made in France © M. Khalfi

L'Usine Nouvelle - Vous présentez une résolution sur le Fabriqué en France à l’Assemblée nationale aujourd’hui. Est-ce une façon de prendre de l’avance pour la majorité sur tous les discours portant sur la réindustrialisation ?  
Christian Estrosi -
Avec cette résolution, nous passons du discours aux actes. Les discours des uns et des autres sont, aujourd’hui, purement déclaratifs.  Moi ça fait trois ans que je hiérarchise les priorités avec l’Observatoire de la fabriqué en France et le comité stratégique de filières. Le vote de cette résolution aujourd’hui  est un aboutissement, une façon de ne laisser passer certaines entreprises s’emparer abusivement du "Made in France", en ne produisant que marginalement en France.

Concrètement, que propose cette résolution ?
Aux Etats-Unis par exemple, le label made in USA n’est apposable que sur les produits contenant plus de 60% de composants américains. Le quota que je défends est de 55% de composants français. Une fois votée par le Parlement, le gouvernement pourra présenter cette résolution à Bruxelles.  Nous ne pouvons décider unilatéralement un tel étiquetage sans  risquer une condamnation à  la Cour de justice européenne. Bruxelles est plutôt favorable à ce genre de démarche et donnera son feu vert.

Vous aviez créé un Observatoire du fabriqué en France à la suite des Etats Généraux de l’industrie afin d’offrir des données concrètes sur le sujet. Où en est-il ?
Nous l’avons créé effectivement en juillet 2010. Par la suite, j’ai demandé à Eric Besson de rééditer le publication annuelle de l’observatoire. Je lui ai écrit pour demander de le publier, même en retard sur sa date de parution, en juillet. Le ministre m’a répondu par écrit que ce serait d’ici la fin de l’année 2011. Et, aujourd’hui, toujours rien…

Pourquoi est-ce à vous que revient de défendre cette résolution ? Et non l’actuel ministre de l’Industrie ?
Tout simplement parce que j’en ai pris l’initiative. J’ai réussi à réunir 180 signatures de députés, plus que les 150 nécessaires pour déposer une telle résolution. Et le Parlement a considéré que cette proposition avait assez de mérite pour être mise à l’ordre du jour.
Autre volet qui devrait être abordé bientôt : la banque de l’Industrie. Nicolas Sarkozy et François Hollande en font leur cheval de bataille dans leurs récents discours.

Mais vous aviez déjà proposé une telle mesure, qui a été sans suite. Pourquoi ?
Oui. La banque de l’Industrie est la 21e proposition de 24 mesures des Etats Généraux de l’industrie. 19 ont déjà été mises en place. Il en reste quatre autres. Par ailleurs, je tiens à signaler que la 23e proposition sur le livret d’épargne industrie est pour moi primordiale.  L’industrie se relancera par l’investissement et l’innovation. En utilisant une partie des 2700 milliards d'euros de l’assurance-vie des Français, on pourrait facilement les financer. Je me suis amusé quand j’ai vu François Hollande reprendre la proposition dans son programme.

Que pensez-vous de l’agenda de telles mesures ? Pourquoi maintenant ?
Il me semble que le Président accélère les choses en vue de la fin de son mandat. Aujourd’hui, je me réjouis qu’il mette un coup d’accélérateur mais j’aurais vraiment préféré que cela arrive plus tôt. J’aurais souhaité défendre ces mesures, les mener à bien moi-même.

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