"Il n’y a pas de risque de pénurie en viande bovine française", selon le président d'Interbev

Pour Dominique Langlois, le président de l’interprofession bétail et viande, Interbev, la France a les capacités de production suffisantes pour répondre à la hausse de la demande des industriels des plats cuisinés en viande bovine française (VBF). Selon lui, l’augmentation des prix finaux devrait être marginale.

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L’Usine Nouvelle - Des grandes marques agroalimentaire et des distributeurs (Findus, Carrefour, Intermarché…) vont revoir les recettes de leurs plats cuisinés et adopter de la viande bovine française (VBF). Que pensez-vous de ces initiatives ?

Dominique Langlois - C’est une bonne chose. Il fallait sortir de la crise par le haut. En l’absence de réglementation européenne sur l’étiquetage de l’origine des viandes dans les plats cuisinés, ce ne peut être qu’une démarche volontaire des industriels. La France et l’Allemagne sont d’accord pour faire évoluer la réglementation. Ca avancera à Bruxelles, mais c’est toujours long.

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Cet accroissement de la demande pour de la viande bovine française peut-il engendrer des tensions sur la production et des hausses de prix ?

Le marché des plats cuisinés en France représente 150 000 tonnes de viande chaque année. La VBF assurait 75 à 80 000 tonnes jusqu’à présent. Le reste provenait des autres pays de l’Union européenne. La consommation de viande bovine s’érode régulièrement en France (lire l’encadré ci-dessous). Cette augmentation de la demande de VBF des industriels pour les plats cuisinés permettra de compenser cette baisse. Il n’y a donc pas de risque de pénurie particulière. La part de viande dans les plats cuisinés est relativement faible. Dans une barquette de 600 grammes, il y a environ 12 % de viande. Au final, le prix aux consommateurs pourrait augmenter de quelques centimes d’euros sur la barquette.

Lors des Etats généraux de la viande, le 20 février dernier, vous avez souligné la nécessité de mieux organiser l’offre en fonction de la demande. Comment ? Faut-il réduire l’exportation de broutards (veaux de 10 à 12 mois) ?

Nous nous sommes mis d’accord sur les grands objectifs à atteindre, nous allons maintenant nous mettre d’accord sur les moyens et sur un calendrier. Il faudra revoir certaines productions que nous faisons, diminuer certaines et augmenter d’autres. Une fois que les cahiers des charges seront précisés, nous travaillerons en collaboration avec les centres de génétique animale. Mais c’est un processus assez long. Il faut environ un an pour que la production des élevages bovins puisse s’adapter à une évolution de la demande.

Concernant les broutards, nous en exportons environ 1 million par an vers les pays d’Europe du sud, Italie et Espagne en tête, où ils sont engraissés. Leur viande est ensuite consommée là-bas de façon bouillie. C’est une viande que nous consommons peu en France, c’est pour cela que nous l’exportons. Cependant, nous pourrions garder 10 % de cette production, soit 100 000 animaux. Ce serait profitable à la filière. Les parties avant des animaux peuvent notamment convenir à la composition des plats cuisinés.

Production et consommation française en baisse en 2012
Après une baisse de 2 % en 2011, la consommation française de viande bovine (y compris veaux) a de nouveau reculé de 2 % en 2012 selon le département économie de l’Institut de l’Élevage, pour tomber à 1,62 million de tonnes équivalent carcasses (téc). "C’est avant tout le recul des disponibilités, suite à la baisse de production alors que l’offre à l’importation est restée contenue, qui explique ce recul", constate l’Institut. La France reste cependant le premier pays européen en production de viande bovine, à 1,511 million de téc (malgré des abattages en recul de 5,74% en 2012), loin derrière l’Allemagne, dont la production a reculé de 1% en 2012, à 1,16 million de téc.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

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