"Il n'y a pas de risque de pénurie de cacao", insiste Laurent Pipitone (ICCO)

A l’heure du lancement de la campagne cacaoyère 2015-16 en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, Laurent Pipitone, directeur de la division Economie et statistique de l’Organisation internationale du cacao, fait le point, pour L’Usine Nouvelle, sur les enjeux de la filière.

Partager

L’Usine Nouvelle - Sur quel bilan s’achève la campagne cacaoyère 2014-15 ?
Laurent Pipitone -
La campagne s’est terminée, pour la deuxième année consécutive, sur un équilibre entre l’offre et la demande. Les deux ont respectivement reculé de 4% entre les campagnes 2013-14 et 2014-15. Sur les dix dernières années, nous avons certes assisté à beaucoup de fluctuations de l’offre et de la demande, mais nous avons connu autant d’années de déficit que de surplus. Par conséquent, il n’y a pas d’inquiétude sérieuse à avoir quant à une éventuelle pénurie de cacao et de chocolat ! Les stocks sont suffisants pour amortir de possibles déficits au cours des prochaines années.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Quel est l’impact réel de l’essor de la consommation des pays émergents sur les disponibilités ?
Les pays émergents et les pays en développement représentent environ un tiers de la consommation mondiale de cacao. Deux tiers de la croissance de la consommation, au cours des dix dernières années, proviennent de ces zones. Les deux pays qui tirent le plus fortement la consommation, la Chine et l’Inde, ne représentent toutefois que 4% de la consommation mondiale. Cette part devrait atteindre, d’ici à cinq ans, 6%.

S’il survenait cette année, comment El Niño pourrait-il affecter la production ?
L’Organisation internationale du cacao montre, dans une étude, que la production est plus faible de 2,4% (soit 100 000 tonnes) durant les années où ce phénomène climatique survient. Il s’agit d’un facteur d’inquiétudes important pour l’année qui vient, et ce d’autant plus qu’il y a eu, récemment, peu de pluies en Afrique de l’Ouest. Nous anticipons, pour la campagne 2015-16, un déficit mondial de production.

Quels sont les risques, à long terme, du changement climatique sur les cultures ?
A long terme, l’impact du changement climatique est difficile à mesurer. Une étude publiée il y a environ 5 ans à propos du réchauffement climatique en Côte d’Ivoire et au Ghana, qui représentent à eux deux 60% de la production mondiale de cacao, anticipait une réduction drastique des zones de plantation. Cependant, ce sont des climatologues qui ont réalisé l’étude, et non des spécialistes du cacao… Les planteurs ont une capacité très forte à répondre à ces changements, en modifiant notamment leurs pratiques. La recherche est, à cet égard, un autre élément fondamental pour le devenir de la filière.

Propos recueillis par Franck Stassi

Partager

NEWSLETTER Matières Premières
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS