IL INVENTE L'HOMME-PROTHÈSECe spécialiste de l'instrumentation chirurgicale résiste non seulement aux américains sur le marché français, mais passe à l'offensive à l'étranger.

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IL INVENTE L'HOMME-PROTHÈSE

Ce spécialiste de l'instrumentation chirurgicale résiste non seulement aux américains sur le marché français, mais passe à l'offensive à l'étranger.



Patrick Landanger vient de passer l'épreuve du feu. Le 30décembre, il présidait sa première assemblée d'actionnaires. Cet ingénieur en électronique de 44ans diplômé de l'IAE a fait prendre en mars 1994 un virage décisif à la PMI familiale d'instrumentation chirurgicale (400millions de francs de chiffre d'affaires, 500personnes) qui porte son nom. L'introduction au second marché lui a permis d'acquérir une notoriété au-delà de l'enceinte des hôpitaux. "Avant, on nous définissait comme une petite société familiale de l'est de la France; aujourd'hui, nous sommes leader de la prothèse orthopédique, avec des ambitions européennes", constate fièrement Patrick Landanger. Depuis vingt ans dans l'entreprise, Patrick Landanger s'est plié à la loi du genre: entré en production - il avait l'intention initiale de se présenter à EdF -, il a gravi tous les échelons de la filière commerciale pour devenir directeur général en 1985 et P-DG en 1990. Sa mère, qui avait incité juste après la guerre son gendarme de mari à reprendre son premier savoir-faire (coutelier) pour se lancer dans l'instrumentation chirurgicale, avait tenu les rênes de l'entreprise jusque-là. Dès son arrivée aux commandes, Patrick Landanger a enclenché la vitesse supérieure en s'attaquant au marché naissant de l'endoscopie et des biomatériaux et en pratiquant une politique de croissance externe. Sur un marché grignoté par les américains, Landanger joue la carte tricolore auprès des chirurgiens français. Résultat: 20% de croissance par an depuis cinq ans. Même le scandale des pots-de-vin dans l'orthopédie n'a pas réussi à éclabousser l'entreprise, selon son patron: "Le cours de Landanger a davantage suivi les évolutions du CAC40 que les articles de la presse", assure-t-il. Landanger possède une structure, originale pour une PMI, qui croise les responsabilités opérationnelles et fonctionnelles. Chaque patron de branche (de la recherche-développement au commercial) dirige également une filiale du groupe. "Ainsi le terrain nourrit la réflexion pour le groupe", résume ce "quadra" qui n'a chez lui ni syndicat, ni comité d'entreprise, ni encore de représentants du personnel, mais qui a créé un conseil d'entreprise. Il planche d'ailleurs sur un système qui permettrait de redistribuer une partie des bénéfices au personnel. Mais le domaine dans lequel le Chaumontais développe tous ses efforts, c'est l'international. Il vise 25% de part de marché de la prothèse à l'étranger d'ici à la fin du siècle. "Pour aller plus vite, il nous faut passer par une politique d'achats", assure Patrick Landanger, qui a quatre dossiers en attente sur son bureau et cherche l'oiseau rare pour développer sa position en Europe. Aujourd'hui spécialiste de la hanche et du genou, son objectif à terme est de "couvrir la totalité de l'os, c'est-à-dire tout l'organisme en substitut osseux", explique-t-il dans son jargon. Il s'attaque pourtant à de gros concurrents, tels le suisse Sulzer ou les filiales de multinationales américaines comme Pfizer ou Bristol Meyers. Mais c'est justement la difficulté qui plaît à ce passionné de sports mécaniques qui a couru le Paris-Dakar en 1989 et rêve de recommencer.

USINE NOUVELLE N°2485

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