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L'Usine Campus

Il faut revaloriser le métier d'ingénieur

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Faute de perspectives de carrière et de projets ambitieux, l'industrie peine à attirer les meilleurs

Aujourd'hui, nous constatons que les jeunes diplômés ne sont pas attirés par le métier d'ingénieur. Ils se dirigent vers d'autres filières comme les écoles de commerce ou la finance qui semblent plus prestigieuses et offrent de meilleurs salaires. Ceux qui sortent des écoles d'ingénieurs du groupe 1 se font happer, notamment par les banques ou les assurances. Le métier d'ingénieur dans l'industrie a perdu de sa superbe. Il n'y a plus, en France, de grands projets comme on a pu en connaître dans les années 70 dans le spatial, l'aéronautique ou le militaire. A cette époque, le métier de chercheur faisait rêver. Il était porté par de belles histoires collectives. Aujourd'hui, à l'exception d'Airbus, la France ne conçoit pas de grands mythes. Les projets nucléaires ambitieux n'ont pas eu une très bonne image pour des raisons écologiques. Cette absence de constructions phares qui font vibrer les ingénieurs, ajoutée aux délocalisations dans l'industrie, creusent chaque jour le déficit d'image du métier. Pourtant, les débouchés sont intéressants. Outre la filière technique, les postes de management de centres de profit offrent des perspectives de carrières attrayantes. Les ingénieurs accèdent aux plus hautes fonctions de direction. De nombreux dirigeants d'entreprises du CAC 40 et du SBF 120 sont des ingénieurs. Mais le bât blesse sur la filière purement technique. C'est un problème typiquement franco-français : tout le monde veut être chef parce que cette fonction est valorisée et bien payée. En revanche, l'avenir d'un ingénieur qui veut rester dans une filière technique sans devenir manager, n'est pas très réjouissant. D'ailleurs, aujourd'hui, les ingénieurs expérimentés de plus de 35 ans ont du mal à obtenir des postes dans des fonctions techniques. On exploite de moins en moins les acquis. Les entreprises préfèrent des ingénieurs jeunes avec de bas salaires. C'est un mauvais calcul. Une équipe R&D composée d'ingénieurs très expérimentés peut gagner six mois sur un projet de trois ans. Ce qui, au final, fera gagner de l'argent, même si les salaires des ingénieurs expérimentés sont élevés. Les entreprises doivent apprendre à calculer le retour sur investissements de leurs coûts en R&D comme elles le font pour tous leurs investissements. Elles doivent capitaliser sur le savoir. Faute de quoi, les économies marginales qu'elles font sur la R&D risquent de compromettre l'aboutissement de leurs projets. A force de décourager les ingénieurs expérimentés de rester dans la filière technique, les entreprises se coupent de compétences indispensables pour développer des produits innovants plus rapidement que leurs concurrents. Il faut revaloriser l'expérience technique pour encourager les meilleurs ingénieurs à persévérer en R&D, mais aussi pour assurer la compétitivité des entreprises françaises.
Simon Azoulay le P-DG d'Alten

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