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L'Usine Agro

"Il faut fermer des abattoirs en France", affirme Jean-Paul Bigard

Publié le

Maltraitance des animaux, conditions d’abattage, abattage rituel, tailles des abattoirs...  Le très discret Jean-Paul Bigard, président du groupe Bigard, leader français de la viande, estime que certains abattoirs doivent fermer en France. Les dérives observées en matière de bien-être animal, proviennent selon lui d’un manque de moyens et de formations des opérateurs. Auditionné à l’Assemblée nationale, il a insisté par ailleurs pour que l’abattage rituel soit réglementé.     

Il faut fermer des abattoirs en France, affirme Jean-Paul Bigard © Gaël Kerbaol

Faut-il faire du tri parmi les abattoirs des animaux de boucherie ? Après la polémique sur les pratiques d’abattage née de l’association L 214, Jean-Paul Bigard, le PDG du groupe Bigard, numéro un de la viande en France (marques Bigard, Charal et Socopa) le pense. "Il y a aujourd’hui un certain nombre d’abattoirs de classe IV en France (ndlr : la plus mauvaise note sur une échelle de I à IV). Une bonne initiative serait d’en fermer. Il est scandaleux d’en laisser fonctionner certains", a insisté le 15 juin, à l’Assemblée nationale, celui qui est également président de la fédération Culture viande. La principale raison selon lui, serait des problèmes de respect des normes sanitaires. 

La maltraitance de Mauléon ? Une possible "mise en scène"

Répondant aux questions de plusieurs députés dans le cadre de la Commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie, présidée par Olivier Falorni, Jean-Paul Bigard s’est déclaré choqué par les pratiques révélées à l’abattoir de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques). "Je n’ai jamais vu cela de ma vie", a-t-il assuré, évoquant une possible "mise en scène". "Parfois, on ne recule devant aucun moyen pour arriver à ses fins", a-t-il évoqué, ajoutant qu’il est "très facile de démontrer qu’un abattoir doit cesser".

Pour lui, certains problèmes de maltraitance peuvent venir d’un manque de moyens de certains abattoirs et de formations. "Le métier est difficile, délicat et rude pour le personnel. Cela nécessite beaucoup de formations et des investissements très lourds dans les outils d’abattage", a-t-il réagi. "Si il y a des intérimaires mal formés qui ne sont pas bien équipés, on peut se retrouver avec des cas de maltraitance", a-t-il ajouté, précisant que son groupe réduisait de plus en plus l’utilisation de salariés intérimaires pour des questions de "rendements" et de "formations". "Malheureusement, on peut voir des dérives dans certains abattoirs où les équipements sont rudimentaires et la formation quasi nulle", a-t-il souligné, en pointant les établissements appartenant à des collectivités locales et qui coutent très chers aux contribuables.

Faut-il installer de la vidéosurveillance dans les abattoirs ?

Jean-Paul Bigard n’y est pas favorable. "Nous rendons déjà des comptes en permanence. Il y a un environnement réglementaire terrible", a-t-il insisté, en rappelant que les abattoirs utilisent déjà des systèmes de vidéo, comme pour le classement des animaux.  "L’utilisation de la vidéo à des fins de contrôles serait inefficace pour contrôler le personnel. Cela risque de poser des problèmes de confidentialité et ne garantirait pas que tout se passe bien", juge-t-il.

Les abattoirs français sont-ils trop petits ?

"Il n’y a pas de corrélation immédiate entre la taille des outils et leur rentabilité", assure Jean-Paul Bigard, en citant en exemple certains de ses établissements, qui répondent, à la carte, à des besoins de clients. Selon lui, on assiste à la construction d’une vingtaine d’établissements en France actuellement, pour répondre à des circuits. "Mais il faut un minimum d’installation et de recettes si l’on ne veut pas se retrouver face à des problèmes", a-t-il pointé.

Faut-il réglementer l’abattage rituel ?  

Les pratiques liées à l’abattage rituel, qui prend de plus en plus d’importance en France, sont  "un joli bordel", a commenté Jean-Paul Bigard, qui plaide pour une certaine "discipline". "L’uniformisation des pratiques est loin d’être la règle. Les cartes des sacrificateurs sont délivrées par la mosquée de Paris, de Lyon ou de Marseille. Dans le casher, c’est très problématique, il n’y a pas d’opérateurs uniformément éduqués", a-t-il alerté.

L'abattage rituel "est géré sous l'angle d'une dérogation alors que la règle européenne voudrait que tous les animaux soient étourdis. Il faudrait peut-être mettre un peu d'ordre dans cette pratique qui est difficile à supporter", a ajouté le PDG du premier transformateur national de viandes. Pour tenter de concilier l’abattage rituel et le bien-être animal, le groupe a fait l'acquisition d'un appareil venu de Nouvelle-Zélande qui permet un "étourdissement réversible" des animaux, c'est-à-dire que s'ils ne sont pas égorgés, les animaux peuvent repartir vivants de l'abattoir, comme le demandent les cultes juif et musulman.

Reste que Jean-Paul Bigard n’est pas prêt à ouvrir ses établissements pour montrer ce nouvel équipement. Le patron du groupe Bigard reste plus que jamais convaincu par la maxime : "Pour vivre heureux, vivons cachés".

Adrien Cahuzac

 

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