"Il faut des bornes de recharge partout en France", selon Gilles Alix, directeur général de Bolloré

Le groupe Bolloré a rendu public, ce lundi 8 novembre, son projet de réseau national de bornes de charge de véhicules électriques. Alors qu’EDF s’était montré intéressé, l’industriel breton semble être le seul en lice auprès du ministère de l’Economie. Gilles Alix, directeur général de Bolloré, détaille à L’Usine Nouvelle le positionnement de son projet. Et sa motivation première : ouvrir des débouchés à la technologie de batterie du groupe.

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L'Usine Nouvelle - Vous venez de présenter à Bercy un projet de déploiement de 16 000 bornes de recharge. Quel est votre objectif ?

Gilles Alix - Nous voulons booster le véhicule électrique en France. Notre credo, c’est la batterie. Il y a des applications stationnaires mais la mobilité est une application très importante. Il faut promouvoir la voiture électrique et l’auto-partage. Pour cela, il faut des bornes partout en France, et notamment dans les villes. Notre vision, ce ne sont pas des voitures électriques qui font des Calais-Marseille, mais un citadin qui dispose d’un véhicule propre pour ses trajets quotidiens.

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EDF paraissait intéressé par ce réseau de bornes de charges mais vous semblez pour le moment être seul en lice. Vous attendez-vous à le rester ?

Soyons précis : nous nous positionnons sur une infrastructure de charge urbaine et rurale. Il y aura surtout des bornes dans les villes mais aussi au fin fond de la Creuse ou de la Lozère. Pour autant, nous ne serons pas sur les autoroutes et les grandes voies de circulation. Je pense que d’autres offres de réseau national, - complémentaires je l’espère - , verront le jour. Et le ministère peut en retenir plusieurs. En ce qui concerne notre projet, nous ne fermons la porte à personne, même si nous le portons pour le moment en propre.

Vous estimez devoir investir 150 millions d’euros dans ce réseau. Quel est votre business model ?

Il s’agit d’un projet avec un retour sur investissement supérieur à 5 ans. C’est pourquoi nous demandons une garantie de concession de 20 ans. Nous proposerons sans doute un abonnement annuel, plus une tarification de la charge à la minute, qui sera très économique. Il existera en outre des services annexes, comme du Wi-Fi ou des consignes permettant par exemple aux usagers de réceptionner des colis. Nous pourrons aussi adosser aux bornes des panneaux solaires et des batteries pour garantir une recharge "verte". Les bornes pourront enfin être connectées à des services d’autopartage, notamment en sortie de gares.

En quoi votre projet est-il dans la lignée d’Autolib’ ?

Le système d’information qui gérera les bornes sera similaire à celui développé pour Autolib’ par notre filiale Polyconseil. Les mêmes applis pour smartphones permettront de vérifier la disponibilité des bornes et de les réserver. Le centre de Vaucresson, d’où est géré Autolib’, pilotera les opérations. Les bornes seront encore fabriquées par notre filiale IER, à Besançon. E

lles seront cependant différentes : là, où les bornes de charge d’Autolib’ sont groupées par 5 dans une station et sont subordonnées à une borne de location, les bornes du réseau national seront autonomes. C’est nécessaire pour les installer à l’unité en zones peu denses. Cette technologie est la même que pour les bornes que nous installons à Londres, où les rues sont trop étroites, pour créer de grandes stations.

Manuel Moragues

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