"Il faut chercher à consolider les PME"

Déjà soumis à 35 pratiques abusives, les sous-traitants sont confrontés aujourd'hui à de nouvelles arnaques comme le quick saving. Fabrice Brégier, président du Pacte PME et directeur général délégué d’Airbus, revient sur les causes et les réponses à apporter à ces pratiques pour L'Usine Nouvelle.

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Le médiateur de la sous-traitance industrielle s’inquiète de nouveaux abus dans l’industrie, comme le « quick saving ». En aviez vous déjà entendu parler ?
Dans mon secteur, l’aéronautique, non. Avec Jean-Claude Volot, nous allons passer au crible l’ensemble de ces mauvaises pratiques qui sont condamnables et qui doivent laisser place à d’autres types de relation.
Avec le Pacte PME nous avons envie de prendre les choses du côté positif. Il faut définir des bonnes pratiques et éliminer les mauvaises. Les pratiques achats à bannir sont une conséquence. Ce n’est qu’une partie du problème. Il faut s’attaquer aux causes.

Quelles sont-elles ?
Les grands comptes ne voient pas toujours leur intérêt dans le fait de tisser des liens avec les PME. Mais à l’inverse, certaines PME ne font pas tout leur possible pour être innovantes, aller à l’international. Il faut chercher à consolider les PME, leur donner de la visibilité, les inciter à ouvrir leur capital. Ce ne sont pas seulement des problématiques achats. C’est de la stratégie.

Monsieur Pelouzet, le vice-président du Pacte PME indique, dans la tribune parue dans l’usine nouvelle.com, que certains fournisseurs n’ont pas de comportement correctes. A quoi fait-il référence ?
Je pense qu’il faisait référence à des PME qui commencent à grossir par exemple et qui se vendent ou qui ne se consolident pas à temps. Mais encore une fois il ne faut pas généraliser ! C’est très dur d’être patron de PMI.

Certains disent que aussi ces mauvaises pratiques sont le fait d’acheteurs individuels. Comment l’analysez-vous ?
Il est très difficile d’intégrer objectifs de compétitivité et vision long terme. Les directions générales et les directions achat ont un rôle d’éducation de leurs acheteurs pour leur expliquer que l’important c’est d’atteindre ces objectifs mais dans un contexte global, sur le moyen-long terme. Chez Airbus, je dis à mes acheteurs de partager leur vision stratégique le plus en amont possible. Cela ne veut pas dire que c’est respecté tout le temps. Peut-être que Jean-Claude Volot va m’apprendre qu’il se passe des choses chez moi et je vais tomber des nues. Je ne peux pas connaître personnellement les 1200 acheteurs d’Airbus !

Quel rôle peut jouer Pacte PME ?
L’avantage du pacte PME, et c’est une spécificité, c’est de parler à parité entre PME et grands comptes. Les entreprises elles-mêmes se prennent en charge et définissent ce qui permet de développer les bonnes pratiques. La médiation ou les tribunaux doivent intervenir si la LME est contournée ou pas respectée. Ce n’est pas notre rôle.
Nous n’avons pas vocations à gérer les relations entre entreprises mais à montrer la voie et parfois à dénoncer ce qui est mauvais.

Le rôle du pacte PME est donc un rôle communication ?

Communication et action ! Communication en effet à travers l’ensemble des relais que sont les associations comme le comité richelieu, le Medef, la CGPME, le réseau entreprendre, par moi-même et les personnalités du Pacte PME.

Action à travers des groupes de travail inter-entreprises qui planchent sur des thèmes comme « développer l’innovation dans les PME » par exemple. Il y a aussi des systèmes de « bourse à idées » où des grands comptes font part de leurs besoins en s’ouvrant à d’autres PME avec lesquelles ils ne sont pas déjà partenaires. Inversement, il y a des visites de PME, des actions de partage qu’il faut développer. Il y aussi des aspects coaching de patrons à travers nos membres.



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