"Il faut arrêter de faire le yoyo avec le prix des médicaments et les PLFSS", demande le Leem

La France peine à attirer les investissements productifs dans le domaine stratégique et à forte valeur ajoutée des biomédicaments. Patrick Errard, le président des Entreprises du médicament (Leem), souligne la nécessité de restaurer la compétitivité de l’Hexagone et souhaite conclure un contrat de mandature avec le nouveau gouvernement.

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L'Usine Nouvelle - L’observatoire 2016 des investissements productifs pharmaceutiques et biotechnologiques fait ressortir une situation contrastée…

Patrick Errard. - La situation est surtout préoccupante pour les médicaments issus des biotechnologies. L’étude fait ressortir une baisse de 20% des investissements dans ce domaine depuis 2010. Avec un chiffre éloquent, sur les 76 nouveaux biomédicaments autorisés par l'Agence européenne du médicament, seulement cinq sont produits en France, contre 21 en Allemagne et 12 en Italie.

Lire aussi : La France perd de son attractivité pour la production de médicaments biologiques

Pour ces biomédicaments, la logique de production est différente des petites molécules issues de la chimie. Les volumes sont plus faibles donc les sites ne produisent plus pour un seul pays. Le périmètre de production n’est plus du tout le même. Une usine produit souvent un médicament pour l’Europe, voire le monde entier. Donc la compétition quand il s’agit d’attirer un investisseur étranger est beaucoup plus large. Ces chiffres mettent en relief un manque d’attractivité de la France. D’abord pour les biomédicaments, la rapidité d’accès au marché est devenue un élément critique de l’investissement. Ensuite, concernant la fiscalité d’entreprise, la France a visiblement quelques points en trop assez dissuasifs pour l’investissement étranger.

Le problème ne semble pas se poser pour les usines de médicaments chimiques où les investissements sont stables ?

Oui, mais c’est une stabilité en trompe-l’œil. La France reste un gros exportateur pour les médicaments chimiques et pour une catégorie de biomédicaments que sont les vaccins. Et il faut garder cette dynamique-là en étant vigilant sur la compétitivité de notre production par rapport à des pays plus éloignés qui peuvent produire à des coûts bien moindres. Je pense à l’Inde par exemple où j’ai pu visiter des sites qui n’ont rien à envier aux sites hexagonaux.

En France, la production revient plus cher en grande partie à cause des normes environnementales. Elles sont souhaitables bien sûr mais elles ont un coût, surtout quand il y a une sur-transposition des normes. Et la tentation peut être grande de délocaliser dans des pays qui n’ont pas du tout ces préoccupations… Surtout si la baisse des prix continue.

Qu’attendez-vous du nouveau gouvernement ?

Il faut renforcer les mesures de compétitivité : faire attention à ne pas alourdir ce qui est déjà lourd ou ne pas avoir une politique mortifère sur le prix des médicaments anciens. Et surtout il faut assurer une stabilité économique au secteur, arrêter de faire le yoyo avec les projets de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), avec le prix des médicaments.

Nous souhaitons aussi, comme nous l’avions déjà dit durant la campagne, conclure avec le gouvernement un contrat de mandature dans lequel les deux parties s’engageraient réciproquement.

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