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"Il faut améliorer la communication autour de l’industrie du futur", alerte Olivier Scalabre, directeur associé du BCG

Frédéric Parisot ,

Publié le

Le Boston Consulting Group (BCG) a mené une étude sur le niveau de maturité des entreprises françaises et allemandes en matière de technologies 4.0. Olivier Scalabre, directeur associé du cabinet en charge du développement commercial, présente à L’Usine Nouvelle les principaux enseignements de cette étude. Parmi eux, une méconnaissance des dispositifs existants en France, due en partie à un déficit de communication autour de l'industrie du futur.

Il faut améliorer la communication autour de l’industrie du futur, alerte Olivier Scalabre, directeur associé du BCG

L’Usine Nouvelle - D’après votre étude*, où en sont les industriels dans l’adoption des concepts de l’industrie du futur ?
 
Olivier Scalabre - On constate une vraie effervescence chez les industriels français, qui lancent beaucoup d’initiatives autour de l’Industrie 4.0. Aujourd’hui tous les grands groupes ont leurs expériences en cours. Mais ce sont surtout des projets qui ont été imaginés par les gens sur le terrain, et qui sont lancés le plus souvent en l’absence d’une vision claire et partagée par toute l’entreprise. En d’autres termes, le terrain a vu très vite son intérêt dans le 4.0, mais ce sujet n’est pas encore suivi systématiquement par les membres des comités de direction. C’est sur cet aspect (construire une vision pour l’entreprise) que le BCG veut aider ses clients. Dans cette course à l’industrie 4.0, on note que l’Allemagne est globalement dans la même situation. Les pilotes se multiplient, mais peu d’entreprises développent le concept à grande échelle.
 
Les industriels français et allemands choisissent-ils les mêmes sujets pour leurs projets pilotes ?
 
Notre étude fait apparaître une vraie différence d’approche entre les deux pays. Les Allemands fixent leurs priorités sur les outils numériques permettant d’améliorer l’efficacité de la supply chain, de la production, de la maintenance. En France, les premiers projets tiennent davantage du conceptuel. On travaille en priorité sur la gestion des données, la sécurité, la collaboration via des réseaux sociaux d’entreprise. Si les Allemands commencent par des choix pragmatiques, les Français ont une approche plus intellectuelle, ils réfléchissent à la finalité. Bien sûr, ce sont des questions importantes à se poser en vue d’un déploiement de ces technologies à grande échelle. Mais à terme ces industriels se coupent de toutes les économies qui peuvent rapidement émerger avec ces nouvelles technologies.
 
Un exemple ?
 
Lorsque l’on demande aux industriels français d'exprimer leurs principales préoccupations vis-à-vis de l’industrie 4.0, la question de la sécurité des données est citée en priorité par près d’un industriel sur deux. Pour les Français, les principaux défis de l’industrie 4.0 sont d’ordre IT (technologies de l’information), RH (manque de personnel qualifié) et financier (besoins d’investissements trop élevés et incertitude sur le retour sur investissement). Les inquiétudes vis-à-vis des technologies elles-mêmes ou des gains de performance apparaissent comme secondaires. Dans le même ordre d'idées, interrogés sur leurs besoins de recrutement à l’avenir, les industriels ne placent les compétences en automatisation et communication entre machines qu’en troisième position, derrière l’expertise en cyber-sécurité et en analyse de données.
 
Cela peut-il s’expliquer par une méconnaissance en France des concepts de l’industrie du futur ?
 
Notre étude met en évidence un paradoxe : les industriels français regrettent un manque de promotion et de soutien à l’industrie 4.0 (77 % les jugent insuffisants), mais la plupart méconnaissent les dispositifs existants (28 % seulement ont entendu parler d’initiatives publiques ou privées). Des efforts restent donc à faire sur la communication autour de l’industrie du futur, car on sait que de nombreuses initiatives existent, mais elles sont peu reprises et peu mises en avant au plus haut niveau de l’état. Les Allemands ont érigé le 4.0 en tant que politique industrielle. En Chine également, c’est l’une des cinq priorités du dernier plan quinquennal. En France, l’industrie peine encore à revenir au cœur des discussions. Pourtant, il y a urgence à parler de la compétitivité de la filière industrielle française, et de l’opportunité qui nous est offerte grâce à l’industrie du futur de rapatrier des productions en France.
 
Propos recueillis par Frédéric Parisot
 
* L'étude du BCG sur la maturité des pratiques 4.0 a été réalisée au cours de l'été 2016 auprès de 322 industriels français, 52 provenant d'entreprises entre 50 et 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, 102 entre 100 millions et 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, et 168 grands groupes de plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires.

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