Il est trop tôt pour discuter d'une aide publique à la SNCF selon le gouvernement

Le Covid-19 a déjà coûté à la SNCF 2 milliards d'euros de manque à gagner selon l'entreprise. Le secrétaire d'État aux Transports a toutefois indiqué le 3 mai qu'il était encore trop tôt pour discuter avec le groupe d'une aide publique.

 

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Il est trop tôt pour discuter d'une aide publique à la SNCF selon le gouvernement
Le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Il est trop tôt pour discuter d'une aide publique à la SNCF, a déclaré dimanche 3 mai sur France 3 le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. Comme beaucoup d'acteurs du transport, l'entreprise ferroviaire est mise en difficulté financière par la crise du Covid-19. Le manque à gagner s'élèverait déjà à 2 milliards d'euros pour le groupe français.

"Nous n'avons pas une vision suffisamment précise"

"Tant que nous n'avons pas une vision extrêmement précise du coût qu'aura apporté le coronavirus sur la SNCF, et d'ailleurs tant que nous ne connaissons pas non plus la dynamique de reprise, notamment de l'offre TGV, nous n'avons pas une vision suffisamment précise pour rentrer dans ce type de discussion avec la SNCF", a justifié le secrétaire d'État lors de l'émission Dimanche en politique.

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"J'ai demandé à Jean-Pierre Farandou [PDG de l'entreprise ferroviaire publique] de produire pour le ministère des Transports une trajectoire financière à jour. Nous aurons cette discussion mais la priorité absolue de l'instant, c'est de réussir le 11 mai", a-t-il ajouté en allusion à la date prévue pour la mise en oeuvre d'un déconfinement progressif.

La question de l'emploi n'est pas taboue à la SNCF

Le patron de la SNCF a estimé samedi 2 mai qu'en un peu plus de six semaines, le confinement mis en place le 17 mars dernier avait déjà coûté 2 milliards d'euros à l'entreprise. Il a ajouté sur France Inter que la SNCF allait devoir réduire ses investissements et serrer ses coûts de fonctionnement, indiquant notamment que la question de l'emploi n'était pas taboue. "Si la reprise est lente et si nous produisons moins de trains que par le passé, il ne sera pas anormal ou illogique d'ajuster le niveau d'emploi au volume d'activité", a expliqué Jean-Pierre Farandou.

"C'est vrai que la SNCF a subi des chocs violents, des chocs extérieurs", a déclaré le dirigeant, évoquant les deux mois de grève contre la réforme des retraites qui ont coûté 1 milliard d'euros à cheval sur 2019 et 2020, puis l'impact du confinement mis en oeuvre pour freiner la propagation du coronavirus. "Le virus, pour le moment, nous sommes à peu près à deux milliards d'euros de chiffre d'affaires qui nous manquent", a-t-il ajouté.

Mais il a aussi indiqué que l'entreprise pourrait se tourner vers son actionnaire, l'État, pour restaurer la balance de ses comptes. "Il n'est pas anormal qu'on réfléchisse à un plan d'aide de la SNCF", a-t-il souligné, en dressant un parallèle avec les soutiens apportés à Air France et Renault.

"Peu de TGV" au déconfinement

Jean-Pierre Farandou a également rappelé que le port du masque serait obligatoire dans les trains et qu'une place sur deux seulement serait accessible pour respecter les règles de distance minimale. "La SNCF avec les 100 000 cheminots qui seront à leur poste de travail le 11 mai seront prêts à faire circuler 50 à 60 % des trains de la vie quotidien", a-t-il dit, évoquant les Transilien et les TER - "les trains que prennent les Français pour aller travailler" et que la SNCF espère faire monter à 100 % début juin. "Sur les TGV, c'est un peu le contraire [...] Oui il y aura des TGV mais peu de TGV", a-t-il indiqué en évoquant la limite des 100 kilomètres fixée pour les déplacements dans le cadre du plan de déconfinement.

Conformément aux règles de distanciation sociale, une place sur deux seulement sera accessible dans les trains. "Autant dans les TGV on sait bien s'y prendre avec les réservations obligatoires, autant c'est un peu plus complexe dans l'univers des trains de la vie quotidienne", a dit Jean-Pierre Farandou. Mais la SNCF, a-t-il précisé , sera prête à trois conditions : le maintien d'un télétravail "massif et durable", l'étalement le plus large possible de l'heure d'arrivée dans les bureaux pour lisser les heures de pointes et la mobilisation des pouvoirs publics pour aider l'entreprise "à contrôler et à filtrer les accès aux gares". "Nous aurons besoin des forces de police pour vérifier que ces règles sont bien respectées", a-t-il souligné.

Avec Reuters (Henri-Pierre André)

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