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IFPEN prend le tournant de la chimie du végétal

Gaëlle Fleitour , , , ,

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Spécialiste de la R&D, le groupe public IFP Energies Nouvelles mise sur le potentiel de la chimie biosourcée. Malgré le chemin à parcourir pour industrialiser la fabrication de bioplastiques, notamment.

IFPEN prend le tournant de la chimie du végétal

Mercredi 24 septembre, le géant pétrolier Total s’est invité au capital d’un expert des semences adaptées aux agrocarburants, le californien NexSteppe. De quoi donner des idées à un autre français, IFP Energies nouvelles. Spécialiste de la R&D dans l’énergie, le transport et les éco-industries, ce groupe public croit lui aussi en l’avenir de la chimie biosourcée (ou chimie du végétal). Cette "sous-catégorie de la chimie verte est complémentaire de ce qui se fait aujourd'hui", explique Pascal Barthélemy, directeur général adjoint d’IFPEN. Elle vise à "limiter le gaz à effet de serre tout en proposant de nouvelles opportunités au marché". Avec deux perspectives possibles : "la rareté de matière première ou le premium car certains marchés valorisent beaucoup plus le bio auprès du consommateur final".

Seuls 7% des produits chimiques biosourcés

Deux défis pour une chimie du végétale made in France, selon Pascal Barthélémy

- Créer un écolabel européen lisible, pour certifier que le produit est biosourcé et aider le consommateur final à faire son choix

- Répondre à la "distorsion de concurrence" en cours aux Etats-Unis, où les usines de chimie biosourcée en cours de construction sont financées en grande partie par des subventions locales ou nationales

On part de loin. Car les produits chimiques actuels sont encore basés à 93% sur le carbone fossile, qu’il s’agisse de matière première ou d’énergie. L’Union des industries chimiques (UIC) l’a promis : le nombre de produits biosourcés doit doubler d’ici 2020. Et la France a des atouts, grâce à ses ressources en biomasse agricole, une organisation agroindustrielle puissante avec des leaders dans les huiles, le sucre ou l’amidon... "Deux milliards d’euros d’investissements dans l’agro-carburant ont été réalisés en France ces dix dernières années : la France est le quatrième producteur mondial de biocarburants", insiste Pascal Barthélemy.

Du bio-éthylène développé avec Axens et Total

Si la chimie du végétal est aujourd'hui une réalité pour la production de sucre ou d’amidon, reste à étendre le spectre. Seuls 2,5% des solvants et 0,5% des plastiques (alors que 85% d’entre eux pourraient l’être) sont biosourcés… Pire, les initiatives pour convertir le propylène, le butanol, ou encore les oléfines supérieures en sont encore au stade de la R&D…

Chez IFPEN, plusieurs projets faisant appel aux ressources lignocellulosiques non alimentaires (déchets de bois, plantes entières…) sont en cours. Avec Michelin, il travaille au développement pour 2020 de butadiène à partir d’alcool, dans le cadre du projet BioButterfly visant à créer une véritable filière en France. Avec sa filiale Axens et Total, le groupe a lancé en mars Atol, une nouvelle technologie utilisant la voie catalytique pour produire du bio-éthylène par déshydratation de bio-éthanol. Du bio-éthylène qu’on pourra retrouver dans les sacs plastiques, PVC, caoutchouc, ou encore bouteilles PET pour répondre à la demande récente des Coca, Danone et consorts. Pour réaliser cette production, des investissements devraient donc suivre. Sans doute des "unités de plusieurs dizaines de millions d’euros dans les mois ou années qui viennent", estime Pascal Barthelemy. "Cela ne sera vraisemblablement pas en France", poursuit-il. Dommage pour la filière…

Gaëlle Fleitour

Le plan Chimie verte et Biocarburants se veut 100% industriel

Validé en juillet par Arnaud Montebourg, le plan industriel "Chimie verte et biocarburants" est en bonne voie. Une cinquantaine de projets sont dans les tuyaux, dont certains, jugés prioritaires, voient leur financement actuellement discuté. "Il ne s’agit pas de R&D ou de démonstrateurs, mais de projets d’investissements industriels", insiste Pascal Barthélémy, le chef de file du plan. L’objectif qu’il s’est fixé étant : "qu’est-ce qui fait que nous allons créer de l’emploi dans les cinq prochaines années en France !" Parmi les deux groupes de travail également mis en place par le plan, l’un doit permettre aux raffineurs, agro-industriels et autorités d’échanger "en prenant en compte la problématique du raffinage français, qui va souffrir dans les prochaines années à cause du déséquilibre diesel-essence", reconnaît Pascal Barthélémy, alors que Total s’attend à de nouvelles adaptations sur ses sites français.

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