ID Logistics accompagne ses clients à travers la planète

Jeune prestataire logistique, ID Logistics a multiplié sa taille par quinze en dix ans en s’attachant aux grands comptes.
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ID Logistics accompagne ses clients à travers la planète

Une entreprise qui n’a connu que la croissance pour passer de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2001 à 319 millions l’an passé, c’est assez rare pour être signalé. Et quasiment sans acquisition ! «Nous avons toujours gagné de l’argent. Et même l’an dernier, malgré la crise, nous avons progressé de 3,7%. Les nouveaux dossiers ont largement compensé les pertes d’activités », explique Eric Hémar, 46 ans, le patron fondateur d’ID Logistics.

Sa croissance en 2010 sera en partie alimentée par des contrats signés au Brésil, en Chine, en Espagne et en France. Basé à Cavaillon (Vaucluse), le prestataire exploite 1,8 million de mètres carrés d’entrepôts et a fondé une part importante de son développement sur l’international, avec 40% des ventes.

Trois éléments ont porté cette maxi-croissance. Tout d’abord ID Logistics a fait le choix de ne travailler qu’avec des grands comptes en les alléchant avec des tarifs compétitifs. Histoire de ne pas se disperser et de nouer des relations sur le long terme. Ensuite, la jeune société, en jouant de sa taille moyenne, a développé une forte réactivité pour suivre à l’international ces gros donneurs d’ordres. Une fois installé dans un pays, ID Logistics s’en sert comme camp de base pour élargir sa clientèle et devenir incontournable sur place. Enfin, Eric Hémar a joué la carte de la technologie et de l’automatisation, profitant du développement de nouveaux process, comme la reconnaissance vocale pour la préparation de commandes.

A l’étranger dès sa création


Pourtant, rien ne prédisposait le patron d’ID Logistics à s’immerger dans ce métier. Cet énarque de la promotion Liberté Egalité Fraternité (1989), qui a partagé les bancs de la célèbre école avec Jean-François Copé, le patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale, ou avec la sociologue Dominique Méda, a commencé sa vie professionnelle par la Cour des comptes, puis le cabinet de Bernard Bosson, le ministre des Transports sous le gouvernement Balladur.

Il met le pied pour la première fois dans la logistique en intégrant le groupe Geodis en 1995. L’arrivée de Pierre Blayau comme PDG, qui «casse l’organisation en branches», précipite son départ. Il fonde ID Logistics en 2001, en s’appuyant sur la branche logistique de la Flèche cavaillonnaise, qu’il a rachetée la même année.

Dès sa première année d’activité, la start-up de la logistique suit Carrefour à Taïwan. Deux ans plus tard, la société provençale traverse l’Atlantique pour ouvrir un site au Brésil. Ensuite, ce sera la Chine, l’Espagne, puis ces deux dernières années, l’Argentine, le Maroc et la Pologne. La prochaine étape sera sans doute la Russie... Le jeune PDG applique toujours la même méthode: «Nous créons une structure juridique et nous envoyons aussitôt un directeur, un ingénieur et un informaticien. » L’un d’entre eux est forcément français pour faciliter les échanges et l’intégration. A charge pour ce commando de développer le marché.

Eric Hémar, qui détient les trois quarts du capital de la société, fait des envieux. Mais les prédateurs ont toujours été repoussés. Avec une entrée en Bourse prévue pour 2011, pourra-t-il rester seul maître à bord ?



Au fur et à mesure, l’offre d’ID Logistics a su évoluer pour ne pas s’enfermer dans un carcan. Très liée durant les premières années d’existence à l’entreposage et à la grande distribution généraliste (Carrefour, Intermarché…), elle s’est rapprochée trois ans plus tard de la distribution spécialisée (Castorama, Conforama…), puis en 2007 des industriels (Danone, Pepsico, Heineken...). «Nous souhaitons nous diriger davantage vers ce créneau, et notamment avec des prestations spécialisées dans le pré-assemblage et la logistique de bord de chaîne, comme chez ArvinMeritor (pièces détachées et moteurs pour camions) au Brésil », ajoute Eric Hémar.

Autre originalité: l’entreprise a grandi sans acquisition, hormis la reprise des dernières activités (dont le transport) de la Flèche cavaillonnaise en 2005. Aujourd’hui, Eric Hémar envisage un nouveau virage. «Notre métier logistique dédié aux grands comptes a encore du potentiel et nous ne changeons pas de stratégie. Cependant, nous réfléchissons à une opération de croissance externe.» Un financement extérieur sera donc nécessaire. Pour rester indépendant, le PDG envisage une introduction d’une partie du capital en Bourse. Elle devrait avoir lieu en 2011 et elle concernera au minimum 20 % du capital.

Un fonctionnement souple

Aux yeux du jeune patron, l’avenir logistique appartient aux entreprises de taille moyenne et indépendantes. Cette situation ne présente que des avantages pour les grands groupes industriels et distributeurs: la permanence des équipes et une certaine souplesse dans le fonctionnement. Mais surtout la capacité d’accompagner les clients à l’étranger et d’investir. D’ailleurs, Eric Hémar note le fossé entre les deux rivages de l’Atlantique. «Les Etats-Unis ont beaucoup plus d’entreprises de taille moyenne en logistique que l’Europe, qui est dominée par des grands groupes.»

Olivier Cognasse

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