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IBM complète son offre de BPM avec Lombardi

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Un an après le rachat du français Ilog (pour 215 millions d'euros), IBM va acquérir Lombardi Software, un spécialiste américain de la gestion des processus métiers (BPM ou « Business Process Management »). Henry Peyret, consultant sénior chez Forrester, analyse les enjeux de ce nouveau rapprochement.

IBM complète son offre de BPM avec Lombardi © DR

Que va apporter ce rachat à IBM ? Sera-t-il complémentaire de celui d'Ilog ?

Henry Peyret : Ilog est une brique de gestion des règles métiers, par l'intermédiaire de laquelle l'entreprise peut déclarer un certain nombre de règles métiers. Le BPM peut utiliser ces règles, notamment pour automatiser un certain nombre de décisions. Mais Lombardi risque aussi, dans une certaine mesure, d'entrer en concurrence avec Ilog. IBM entend positionner Lombardi en face de deux autres offres de sa gamme : le BPM intégré à la ligne Websphere et le BPM orienté documents, qui est quant à lui lié à Filenet [un éditeur de solutions de gestion de contenus tombé dans l'escarcelle de Big Blue en 2006]. Avec Lombardi, le groupe espère cibler exclusivement les départements des grandes entreprises, l'idée étant de continuer de proposer l'offre Websphere pour répondre aux besoins de toute l'entreprise.

Ce positionnement n'a pas beaucoup de sens à mon avis puisque les entreprises s'intéressent de plus en plus aux processus de bout-en-bout. Elles cherchent à avoir une seule et unique plateforme. A terme, nous pensons qu'il y aura une convergence entre les trois grandes catégories de BPM : le « human centric » (comme Lombardi), l'« integration centric » (comme Websphere) et le « document centric » (comme Filenet).

Quels sont les points forts de Lombardi ?

H.P. : Lombardi n'a pas énormément de clients (peut être 200 ou 300). Mais il a de très grands clients pour qui le choix de cette solution était stratégique. Par ailleurs, cet éditeur est efficace dans son discours vis-à-vis des directions métiers. Il a une réelle avance dans sa capacité à présenter une vision stratégique aux dirigeants.

Contrairement à IBM, Lombardi dispose depuis peu d'une offre en ligne de BPM. Est-ce un atout ?

H.P. : Oui. Mais la stratégie de cloud computing d'IBM n'est pas claire. Elle l'est un peu sur l'infrastructure. Mais elle l'est un peu moins sur les plateformes et elle l'est encore beaucoup moins sur les logiciels. Tout simplement parce qu'IBM n'a pas vraiment souhaité jusqu'à présent se renforcer sur le « software-as-a-service ».

Le récent rachat d'IDS Scheer par Software AG (dans la modélisation des processus métiers) a-t-il pu influencer la décision d'IBM ?

H.P. : De la même manière qu'il était partenaire de SAP et d'Oracle, IDS Scheer travaillait beaucoup avec IBM sur la modélisation des processus métiers. Mais ce n'est pas cela qui a incité IBM à racheter Lombardi à mon avis. Cela fait deux ans que les analystes encouragent IBM à acheter un outil de BPM « human-centric » comme Lombardi. C'est-à-dire une solution offrant une forte interaction avec les utilisateurs sur de multiples canaux (pas seulement sur le Web, mais aussi sur le mobile) et un outil permettant de gérer des équipes, de gérer des compétences...

Le marché se consolide à grande vitesse. La pression risque-t-elle de s'accentuer sur les « petits » spécialistes, comme le britannique Casewise ou les français Mega et W4 ?

H.P : C'est sûr. En ajoutant des briques gratuites de modélisation à leurs plateformes, les spécialistes du BPM sont en train de détruire le marché autonome de la modélisation. Heureusement, Casewise et Mega ne se concentrent pas exclusivement sur la modélisation et la simulation - qui est de plus en plus intégrée aux plateformes BPM d'acteurs comme Tibco, Lombardi ou IBM - mais ils se sont aussi renforcés sur d'autres outils d'architecture d'entreprise.
Depuis un an environ, la pression est tout aussi forte sur les petits acteurs du workflow, comme W4. Ce marché a déjà commencé à décroître au profit des grandes plateformes orientées services (SOA) qui intègrent le BPM. Et il n'y a plus que six grandes plateformes SOA aujourd'hui : Oracle, Microsoft, IBM, Tibco, Progress Software et Software AG. Pour les plus petits acteurs, il ne fait donc aucun doute qu'il sera de plus en plus difficile de se défendre. Sauf s'ils réussissent à se renforcer vraiment sur des marchés verticaux.

Propos recueillis par Christophe Dutheil

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