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Hydrolien français : top départ !

Manuel Moragues , , , ,

Publié le

François Hollande a annoncé un appel à manifestation d’intérêts pour l’installation de trois à quatre fermes hydroliennes pilotes au raz Blanchard et au passage du Fromveur. Un premier train… à ne pas rater pour les industriels intéressés.

Hydrolien français : top départ ! © L'Usine Nouvelle

Fini les démonstrateurs, place aux pilotes ! Le président de la République, en visite lundi 30 septembre à Cherbourg, a annoncé le lancement de l’appel à manifestation d’intérêts pour l’installation de fermes hydroliennes pilotes au large du Cotentin et du Finistère. Trois à quatre fermes de 5 à 10 de ces machines capables de convertir l’énergie des courants de marée en électricité sont envisagées, au raz Blanchard et au passage du Fromveur. L’Etat subventionnera chaque pilote à hauteur de 30 millions d’euros et garantira un rachat de l’électricité à 173 euros par MWh. "Nous avons besoin de toutes nos énergies : à terme l’hydrolien peut peser l’équivalent de trois réacteurs nucléaires", a justifié François Hollande.

Le cabinet de conseil stratégique Business Crescendo a publié une volumineuse étude sur l’hydrolien en 2012. Selon son dirigeant, Cyrille Jacquemet, "le potentiel français exploitable s’élève à 3,4 gigawatts (GW), dont la moitié au raz Blanchard et un petit tiers au Fromveur. Dans le monde, 75 GW pourraient être exploités avec les technologies actuelles." Jusqu’à présent, seule une petite trentaine de démonstrateurs a été mise à l’eau dans le monde, et une seule installation, celle d’une turbine de 1,2 MW de Siemens au large de Strangford Lough, en Irlande du Nord, peut être qualifiée de commerciale. Pour Cyrille Jacquemet, l’hydrolien doit encore faire ses preuves : "Il faudra vérifier avec les fermes pilotes que les modèles de coût estimés sont valides." La fréquence des opérations de maintenance – forcément très coûteuses pour des machines immergées de quelque 150 tonnes – sera à cet égard cruciale.

Etre présent dès le début

Reste que les candidats se pressent au portillon : à peine François Hollande confirmait-il le lancement de l’appel à manifestation d’intérêt que paraissaient, coup sur coup, des communiqués d’Alstom et Siemens, suivis de près par DCNS. Les trois fabricants d’hydroliennes y affichent leur volonté de répondre présent. Avec des promesses en cas de victoire : 1000 emplois pour DCNS, une usine à Cherbourg pour Alstom - qui annonce  s’associer avec GDF Suez -, 85% de la valeur ajoutée pour les fournisseurs locaux pour Siemens. "Comme l’éolien offshore, le marché fonctionnera au ‘track record’ - les références -. Si un industriel veut en être, il faut qu’il soit présent dès le début, c’est-à-dire maintenant", explique Cyrille Jacquemet. L’avertissement vaut aussi pour les sous-traitants.

Manuel Moragues

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