Hybrid Air : pourquoi PSA se dégonfle

Trop cher à développer tout seul, pas de partenaire en vue pour partager les coûts, et une réglementation chinoise qui empêcherait le développement de la technologie en Chine… PSA serait sur le point de jeter l’éponge.

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Hybrid Air : pourquoi PSA se dégonfle

C’était l’une des technologies sur lesquelles PSA avait misé. Selon nos confrères des Echos, le deuxième constructeur français serait sur le point d’abandonner l’Hybrid Air, un concept d’architecture de moteur révolutionnaire associant un moteur thermique avec un moteur hydraulique.

Le moteur hydraulique, développé par l’allemand Bosch, l’un des tout premiers équipementiers mondiaux, est entraîné par la pression emmagasinée dans un réservoir d’air comprimé. Un choix qui présente plusieurs avantages. En termes d’efficacité, tout d’abord, avec un rendement du groupe moteur-pompe hydraulique de l’Hybrid Air avoisinant les 95%, meilleur que certains moteurs électriques. Avec 69 grammes de CO2 rejetés par kilomètre, la C3 Hybrid Air faisait mieux que les meilleures modèles de véhicules hybrides électriques, ouvrant une nouvelle voie à côté des technologies développées par Toyota.

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Pas sans partenaire

La technologie, sur laquelle le groupe avait commencé à travailler en 2011, avait été dévoilée sur une Citroën C3 au salon de Genève en 2013 en vue d’équiper des berlines et des citadines du groupe à partir de 2016. Le groupe a toujours annoncé vouloir développer le coût de cette technologie, d’environ 500 millions d’euros, avec un partenaire. Initialement, cela aurait pu être General Motors, avec qui PSA avait formé une alliance avant de se retourner vers le chinois DongFeng. Qu’importe, l’Hybrid Air aurait pu être une technologie idéale pour le marché chinois. Initialement pressentie comme le marché potentiel de l’Hybrid Air, la Chine pourrait en réalité en être le fossoyeur.

L’hybride, forcément électrique en Chine

En effet, la pollution est pourtant une question très sensible, auprès de la population comme des autorités. Ces dernières réfléchissent depuis plusieurs mois à la mise en place de péages urbains, pour limiter l’accès des véhicules les plus polluants au centre des mégalopoles. Un système de tirage au sort pour les nouvelles plaques d’immatriculations et des incitations fiscales incitent également les consommateurs à se tourner vers des véhicules électriques, ou au moins hybrides.

Seuls ces deux types de véhicules pourraient en effet demain être autorisés à rouler en centre-ville. Or selon la définition donnée par les autorités chinoises, un véhicule hybride dispose d’une batterie. C’est donc un hybride forcément électrique. Au regard de la réglementation chinoise, la technologie Hybrid Air à air comprimé ne serait donc pas considérée comme un hybride. On comprend dès lors la réticence d’éventuels partenaires à investir de fortes sommes sur une technologie de rupture qui serait de facto exclue du premier marché automobile mondial.

Une solution "mild hybrid" ?

Déjà au dernier salon de l’Automobile à Paris en octobre dernier, le groupe avait laissé entendre que s’il ne trouvait pas de partenaire constructeur pour partager les coûts de l’industrialisation de cette technologie d’hybride "abordable", il renoncerait pour se rabattre sur une technologie dite "mild hybrid" plus traditionnelle avec une réserve électrique pour démarrer. En même temps, Carlos Tavares avait annoncé le développement d’une solution de véhicule électrique. D’ailleurs, selon nos confrères des Echos, le "père" de cette technologie, Karim Mokaddem, aurait quitté PSA pour un fonds d’investissement technologique.

Reste maintenant à savoir ce que Bosch compte faire de cette technologie. Selon Les Echos, le groupe se laisse jusqu’à l’été pour décider s’il la développe. Sur certains marchés, notamment dans les pays émergents comme l’Inde, elle pourrait avoir un réel avenir. Mais ce n’est pas PSA qui l’écrira…

Patrick Déniel, Pauline Ducamp, Frédéric Parisot

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