"HPS ouvert à des projets d'acquisition", selon Brahim Berrada, directeur général adjoint de l'éditeur monétique

Brahim Berrada, directeur général adjoint de l'éditeur marocain de logiciels HPS (Hightech Payment Systems), spécialisé dans les solutions de monétique revient pour L'Usine Nouvelle sur ses résultats 2013 et ses perspectives à l'international qui lui procurent 88% de ses revenus. Pour assurer son développement, il se dit prêt à négocier toute acquisition et à lever des fonds le cas échéant.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

HPS a vu son chiffre d'affaires stagner en 2013. PowerCARD sa solution phare, une plateforme intégrée utilisée par plus de 320 institutions financières dans le monde couvre toute la chaine de valeur du paiement électronique, (Acquisition, émission et switching), sur une seule plateforme. Son directeur général adjoint présente à L'Usine Nouvelle les enjeux de l'entreprise basée sur la zone Casanearshore à Casablanca pour les années à venir.

L'Usine Nouvelle : Votre résultat a connu une très forte hausse en 2013. Comment expliquez-vous la stagnation de votre chiffre d'affaires consolidé en 2013 ?
Brahim Berrada : Trois facteurs principaux y ont contribué. Le premier est dû au fait que nous sommes dans un secteur qui connait une conjoncture économique encore perturbée avec une timide reprise. Le second est lié au recul de 11% qu'a connu le marché des SSII en France qui a fortement impacté ACPQualife, notre filiale acquise en 2010. Le troisième enfin s'explique par l'évolution de notre modèle d'affaire dans le sens où depuis 2013, nos clients n'achètent plus nos licences mais paient le service au fur et à mesure de leur utilisation.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Comment se répartit votre chiffre d'affaires ?
Nous réalisons 27% de notre activité sur les marchés américains. ACPQualife participe à hauteur de 20% sur le marché européen. 23% de notre activité se passe sur le marché africain dont 12% au Maroc. 22% du chiffre d'affaires est opéré au Moyen-Orient et 8% sur le marché asiatique. Notre industrie se caractérise par des changements rapides, dus aux évolutions technologiques, métiers et réglementaires. Nous faisons face à une concurrence accrue avec l’arrivée de nouveaux acteurs. Pour rivaliser avec eux, nous maintenons un effort continu de R&D en améliorant sans cesse nos produits et en développant de nouveaux.

Comment se présente le marché de la monétique au Maroc ?
Depuis une dizaine d’années, la monétique dans notre pays connait un dynamisme réel. L’interopérabilité des guichets automatiques est une réalité depuis le début des années 2000. Le nombre de cartes s’est fortement développé en passant de 500 000 en 2000 à près de 10 millions en 2013. Le parc de guichets automatiques est lui passé de 740 à près de 6 000 GAB [Guichet automatique bancaire NDLR] sur la même période.

Un groupe présent sur les 5 continents
Hightech Payment Systems (HPS) est une société anonyme marocaine de monétique spécialisée dans les systèmes électroniques de paiement multi-canal. Créée en 1995, elle a été introduite en bourse en 2006. Basée à Casablanca, elle est présidée par Mohamed Horani. Ses revenus récurrents, sont issus majoritairement (56%) de l’up-selling (vente de licences et services  additionnels) et de la maintenance des solutions PowerCARD.
HPS est présent dans plus de 70 pays sur les 5 continents. En 2013, son chiffre d'affaires s'est élevé à 279 millions de dirhams (+1%), soit 25 millions d'euros. Le résultat d'exploitation a été stable à 26,9 millions de dirhams. Le résultat net de 24,8 millions de dirhams a lui bondi de 36%.
L'utilisation des moyens de paiement se sophistique-t-elle ?
L’activité monétique au Maroc reste toujours dominée par les opérations de retrait simples. Elles représentent plus de 90% des transactions par carte. Par ailleurs, le réseau des commerçants équipés n'est pas encore très développé avec seulement 30 000 commerçants pour une population de 35 millions d’habitants. Il s’agit du nombre de commerçants disposant d’un TPE [Terminal de paiement électronique NDLR] et donc acceptant les paiements par carte bancaire [1,2 million en France NDLR].

démocratisation du paiement électronique

Malgré ces faiblesses, le paysage monétique évolue. De nouveaux acteurs externes au monde bancaire commencent à faire leur entrée sur le marché. Le m-payment, paiement sur mobile par exemple a fait son apparition et de nouvelles licences ont été octroyées par la banque centrale pour développer l’acceptation des paiements électroniques.

Est-ce suffisant pour initier une dynamique locale pour des entreprises comme la vôtre qui réalise 88% de son activité à l'international?
Je pense que la dynamique existe au Maroc. La monétique devrait continuer à y croitre de manière soutenue. Cette croissance sera portée par les fortes évolutions technologiques et la démocratisation du paiement électronique, mais pas seulement. Il ne faut pas oublier l’intégration progressive d’une large frange de la population non encore bancarisée grâce au développement des solutions de paiement par mobile et des offres prépayées.

Quelles sont vos orientations au niveau géographique ?
Nous devons consolider notre position sur nos marchés traditionnels que sont l’Afrique, le Moyen Orient et dans une moindre mesure l’Europe. Sur ces différents marchés, nous disposons d’une présence physique historique et de parts de marché importantes qui nous permettent de nous positionner en tant que partenaire de référence.

Et votre stratégie de développement ?
Elle passe par le renforcement à la fois de nos structures et celui de notre réseau de partenaires pour consolider notre position. Nous sommes aussi ouverts à des projets d’acquisition s'ils sont adaptés à notre stratégie sur ces marchés. Nous axonsnotre développement sur des projets d'envergure internationale et sur les marchés prioritaires.

Comment parvenez-vous à vous financer ?
Depuis sa création, HPS a toujours réussi à autofinancer sa croissance organique, que ce soit en terme d’investissements, en R&D ou en terme de développement à l’international avec l’ouverture de nouvelles structures régionales. En 2010, HPS a cependant fait appel à d'autres sources de financement pour soutenir des opérations de croissance externe [une augmentation de capital NDLR].

La bourse de Casablanca où nous sommes cotés depuis 2006, nous offre des solutions alternatives de financement, complémentaires aux solutions classiques. HPS dispose d’un ratio d’endettement très faible. Ces outils de financement à notre disposition constituent un levier de développement important. Nous les mettons en œuvre en temps utile.

Comment faites-vous pour répondre aux évolutions du marché et quels sont vos partenaires ?
Nous travaillons étroitement avec nos clients et les principaux acteurs de l’industrie. Nous organisons à cet effet, à des échéances régulières, des réunions d’utilisateurs de nos produits PowerCARD. Ces réunions nous aident à adapter notre stratégie et nos plans de développement.

Quant à nos partenaires, nous travaillons avec les principaux fabricants de matériel (guichets automatiques, terminaux de paiement électroniques, etc.) pour assurer la compatibilité de nos solutions avec les dernières technologies. Nous oeuvrons aussi avec les réseaux internationaux de paiement (VISA, Mastercard, etc.) pour assurer la conformité de nos produits à la règlementation internationale. Enfin, nous collaborons avec des constructeurs et des éditeurs comme HP, IBM [qui vient de se renforcer au Maroc NDLR], ou Oracle, pour assurer et préparer la compatibilité de nos produits aux évolutions technologiques.

R&D : 19 000 jours/hommes

Que représente la part de la R&D dans une société comme la vôtre ?
En 2013, le groupe a poursuivi ses efforts de recherche et développement en consacrant plus de 19 000 jours/hommes à l’évolution et au développement de son offre PowerCard, représentant 33 millions de dirhams en coût des équipes dédiées. Nos investissements en R&D sur les 5 dernières années représentent plus de 125 millions de dirhams. [11,1 millions d'euros environ NDLR]

Quels sont vos objectifs pour 2014 ?
Se développer sur les marchés américains et asiatiques et renforcer notre présence en Afrique et au Moyen-Orient. Nous nous attelons pour cela à enrichir le réseau de nos partenaires.

Propos recueillis par Nasser Djama

Les principaux actionnaires au 04/06/2013
Divers actionnaires  (47,42%), Mohamed Horani (10,08%), Driss Sabbahe (8,86%), Smaili Alaoui Abessalam (8,86%), Samir Khallouqui (8,86%), Abdelmajid Himdi (5,56%), Kenza Kabbaj (2,74%), Christian Courtes (2,42%), Vigand Philippe (2,25%), Marc Durupt (1,14%), Véronique Theault (0,91%), Isabelle Vigand (0,51%), Frederic Dehodang (0,39%)

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS