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HP taille dans ses effectifs

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Le rachat de la société de services EDS finalisé, le constructeur annonce la suppression de 24 600 postes à l'international d'ici à trois ans. Loin d'être épargnée, la France attend elle aussi des coupes claires.

HP taille dans ses effectifs

Fidèle à sa réputation de « tueur de coûts », Mark Hurd, PDG de HP, ne perd pas de temps pour faire le ménage. Le rachat de la société de services américaine EDS pour 13,9 milliards de dollars, annoncé par HP en mai, a été entériné le 26 août. Moins de deux mois plus tard, HP - qui est accusé par certains syndicats français d'avoir fait entre temps « fuiter » dans la presse les « perspectives de suppression de postes » pour « préparer les esprits » - annonce une réorganisation d'envergure. Le constructeur confirme que 24 600 postes seront supprimés à l'international durant les trois prochaines années, soit 7,5% de la masse salariale mondiale des deux groupes (environ 320 000 employés). Objectif : réaliser des économies annuelles évaluées à environ 1,8 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros).

La moitié des postes seront supprimés aux Etats-Unis. En France, une porte-parole de HP nous indique « n'avoir pour l'instant aucune information » sur le nombre de licenciements à attendre, précisant que des informations supplémentaires devraient être communiquées à l'issue du prochain comité d'entreprise européen, qui doit se réunir le 25 septembre à Londres. L'Hexagone devrait être fixé sur son sort « courant octobre, à l'issue de la consultation de tous les partenaires sociaux ».

Précipitation

En interne, de ce coté de l'Atlantique, Yves de Talhouët, responsable de HP France, « a cherché à minimiser l'impact de cette réorganisation dans un « office speech' aux salariés », selon Jean-Paul Vouiller, syndicaliste à la CFTC et élu au CE européen, laissant entendre que la restructuration affectera « surtout les Etats-Unis et le Royaume-Uni ». L'inquiétude n'en reste pas moins palpable au niveau des organisations syndicales.

« Il y a plusieurs choses qui nous ont beaucoup étonné dans cette annonce », confie Jean-Paul Vouiller. « La première c'est le planning des licenciements qui s'étale sur trois ans, ce qui est plus long que ce qu'on attendait. La deuxième chose qui nous surprend, c'est le chiffre qui est légèrement en dessous des pronostics qui circulaient et tablaient sur 30 à 40 000 suppressions. Et la troisième, est la volonté d'aller très vite de la part de HP. Un comité d'entreprise européen est convoqué dans dix jours, tandis qu'en 2005 deux mois s'étaient écoulés entre l'annonce d'un plan social et la convocation du CE ».

Rentabiliser les investissements

Cette précipitation trouve-t-elle ses origines dans la conjoncture économique défavorable ? « Non, je pense qu'ils veulent tout simplement couper les coûts férocement pour rentabiliser leurs investissements », répond Jean-Paul Vouiller, qui table personnellement sur « au moins 500 départs en France », ce qui correspond à 7% de l'effectif hexagonal global (6400 collaborateurs). Le son de cloche est encore moins optimiste chez EDS France, où Jean-Paul Garagnon, délégué syndical SUD, considère que « c'est un ordre de grandeur mais l'on peut aussi s'attendre à beaucoup plus », estimant que les services financiers, juridiques et les ressources humaines sont particulièrement « dans le collimateur ».

Panique à EDS

Par ailleurs, « on connaît la culture du benchmark de Mark Hurd et on sait que ce qu'ils ont annoncé hier touchera surtout EDS », considère Jean-Paul Vouiller chez HP, confirmant les récentes cessions d'EDS Consulting France (33 salariés) à SIA Conseil et celle de la petite activité AS 400 d'EDS à tour à ECS, une filiale de la Société Générale. Pis, pour Jean-paul Garagnon, d'autres d'activités d'EDS France n'intéresseraient pas HP, lequel brigue selon lui avant tout « le métier traditionnel d'EDS dans le gestion des infrastructures ». Et moins sa « grosse activité dans l'assistance technique, issue du rachat d'Answare à Alcatel début 2002 ». Enfin, au niveau européen, les filiales allemandes, espagnoles et françaises ont « du souci à se faire », étant donné qu'elles ne répondent pas « aux mêmes critères de profitabilité que l'Angleterre », conclut-il.

Christophe Dutheil
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