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L'Usine Matières premières

Hong Kong ploie sous le poids de ses déchets

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le , mis à jour le 09/11/2015 À 17H14

Diaporama Avec presque 8 millions d’habitants qui produisent plus de 13 000 tonnes quotidiennes de déchets, Hong Kong n’a toujours pas mis en place de politique rationnelle de traitement de ses déchets. En charge des plus grandes décharges du monde, sur la péninsule, Suez écope.

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Des bâches vertes à perte de vue maintenues par des pneus usagés s’échappe une envahissante odeur de gaz. Voilà la solution la plus avancée, à ce jour, pour traiter les déchets produits par quelque 8 millions d’habitants sur le territoire hongkongais. Nous sommes tout au nord des nouveaux territoires de Hong Kong, à la frontière avec la Chine continentale, sur le site d’enfouissement de North East New Territories (Nent). C’est l’une des plus grandes décharges au monde, et elle est gérée par Suez Environnement.

Plus que sa superficie (63 hectares d’enfouissement, plus deux d’installations logistiques), c’est sa profondeur qui est notable. Installée dans une vallée, la décharge a accumulé des déchets par couches successives sur une profondeur de 150 mètres excavée dans la montagne.

Méthanisation

Pour valoriser au mieux cette montagne de déchets à 80% biodégradables, un réseau de gazoducs achemine le gaz dégagé par les déchets vers une unité de récupération des gaz issus de la méthanisation. Là, le gaz alimente trois générateurs électriques d’un megawatt chacun qui couvre les besoins du site en énergie. Jusqu’en 2007, le surplus de gaz était torché. Il est désormais purifié (par extraction du CO2 pour ne conserver que le méthane) et revendu à Towngas qui l’utilise dans son process de production de gaz de ville.

Si Suez met un point d’honneur à détailler le système de confinement de sa décharge (un alternance de membranes géotextiles et polyéthylène et de couches de drainage), la réalité est que les capacités de stockage atteignent leurs limites. Au rythme actuel de remplissage (3 600 tonnes par jour), ce site pourrait tenir encore dix ans, mais les volumes de déchets ne cessent d’augmenter. "C’est le choix des autorités de Hong Kong. Nous ne pouvons que gérer au mieux dans le cadre de ces contraintes", reconnaît un cadre de Suez.

La région administrative spéciale chinoise croule sous ses propres déchets. Depuis des dizaines d’années, Hong Kong entasse une grande partie de ses 13 458 tonnes quotidiennes de déchets dans des décharges. Des sites d’enfouissement, la presqu’île en a déjà rempli 13, désormais convertis en golfs ou en espaces verts.

 

 

 

Ses trois sites d’enfouissement actifs sont gérés par des groupes français, tout comme six des sept centres de transfert qui assèchent, compactent et conteneurisent ces déchets avant leur acheminement vers les sites de Nent, Went et Sent (North East, West et South East New Territories). 27% des déchets (dont 80% de biodégradables) partent à Nent, le double à Went, deux sites sous gestion du groupe Suez. Le solde part pour l’instant vers le site du Sud, Sent, géré par Veolia.

Forte concurrence sur un incinérateur géant

La part non-enfouissable était jusqu’ici traitée (pour la part des déchets spéciaux) ou recyclée en Chine. Mais la Chine continentale ne veut plus assumer le fardeau de sa région autonome, qui doit désormais envisager d’autres solutions. Parmi elles, la construction d’un incinérateur géant sur une île située entre Hong Kong et Macao. Un projet dont l’investissement se chiffre en milliards d’euros. Le financement sera assuré à hauteur de 2 milliards environ par les autorités de Hong Kong. Parmi les quatre consortiums en lice pour la phase de pré-qualification, on retrouve les frères ennemis français Veolia et Suez. L’appel d’offres devrait être officialisé en 2016. Pour Suez, c’est actuellement le plus gros projet du secteur eau et déchets en Asie.

Autre projet en cours, la construction d’une centrale à biomasse pour la production d’électricité (à base de gaz) et d’engrais à partir de déchets alimentaires. 1000 tonnes de déchets par jour seront collectés auprès des restaurants, des hôtels et de l’aéroport (15 tonnes quotidiennes à lui seul) puis introduites dans un process utilisant des bactéries anaérobie pour accélérer le traitement. Là encore, si la technologie n’est pas nouvelle, elle sera ici utilisée à une échelle inédite, les sites européens n’atteignant qu’un quart de cette taille.

Sites d’enfouissement et enfouissement des sites

Face aux défis multiples que représente la gestion des déchets de Hong Kong, on ne peut pourtant pas reprocher à Suez de manquer d’imagination. Pour pallier la pénurie de foncier disponible sur l’île et limiter les nuisances (odeurs, bruit), le groupe français a installé un centre de transfert dans une grotte creusée dans la roche (à découvrir ci-dessous en images). Ici Suez regroupe, compacte et conteneurise les déchets municipaux.

La formule semble convaincante, puisqu’un projet existe pour le creusement d’une grotte du même type en vue d’y installer une station d’épuration.

Myrtille Delamarche, à Hong Kong

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