Hermès ralentit la cadence au 2e trimestre avec la maroquinerie

par Pascale Denis
Partager
Hermès ralentit la cadence au 2e trimestre avec la maroquinerie
Hermès a vu sa croissance organique ralentir au deuxième trimestre avec la maroquinerie, la France et les Etats-Unis, et annoncé que sa rentabilité semestrielle serait proche du record de 2016 grâce à des couvertures de change. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

PARIS (Reuters) - Hermès a vu sa croissance organique ralentir au deuxième trimestre avec la maroquinerie, la France et les Etats-Unis, et annoncé que sa rentabilité semestrielle serait proche du record de 2016 grâce à des couvertures de change.

Le fabricant des sacs Birkin et des "carrés" de soie a vu ses ventes progresser de 8,9% à 1,36 milliard d'euros et sa croissance organique ressortir à 8,3%, en ligne avec les attentes, après une hausse de 11,2% au premier trimestre.

"En dehors des effets de calendrier et de bases de comparaison, il n'y a pas de rupture de tendance entre le deuxième et le premier trimestre (...) Nous restons dans la même solide dynamique", a déclaré à la presse Axel Dumas, gérant d'Hermès, lors d'une conférence téléphonique.

Le groupe de luxe avait averti, fin avril, que la croissance du premier trimestre, qui avait bénéficié de comparatifs favorables (les ventes avaient été impactées en 2016 par la chute du tourisme après les attentats de Paris) ne pouvait être extrapolée sur l'ensemble de l'année.

Dans la maroquinerie, où la cadence a ralenti tout en demeurant solide (+9,7% sur une base de comparaison particulièrement élevées de +17%), la croissance sur l'ensemble de l'année devrait être proche de la moyenne de 10% que se fixe le groupe, a précisé le gérant.

Ailleurs, la dynamique a été forte dans les vêtements et les accessoires, portés notamment par les ventes de chaussures, tandis qu'elle a nettement faibli dans la soie et les textiles.

Les montres ont renoué avec la croissance (+2,9%), une progression qui ne doit cependant pas faire illusion, a averti Axel Dumas pour qui le marché horloger demeure difficile.

LA PRIME POURRAIT BAISSER

Sur le plan géographique, les performances d'Hermès sont restées très solides en Europe (+12,2%) et en Chine, où les ventes ont encore signé une croissance "à deux chiffres" liée aux mesures de stimulation de la consommation intérieure et à un accroissement d'une clientèle plus jeune.

A l'inverse, la France a nettement ralenti le pas (+0,6%), avec des ventes solides dans le réseau de magasins mais qui ont souffert chez les distributeurs.

Cette contre-performance pourrait s'expliquer, selon les analystes de Raymond James, par la baisse des ventes de parfums, qui ont reculé de 2,2% sur des comparatifs élevés.

Les Etats-Unis ont aussi fait moins bien, sur des bases de comparaison également élevées. Dans un marché du luxe très perturbé par les difficultés des grands magasins, les ventes d'Hermès dans son réseau de boutiques "résistent bien".

Après des chiffres conformes aux attentes, le titre Hermès cède 0,2% à 439,1 euros à 10h47 à la Bourse de Paris, en ligne avec l'indice SBF 120 (-0,08%).

Le titre signe une progression de près de 13% depuis le début de l'année, pour des multiples de valorisation qui demeurent les plus élevés du secteur (35 fois les résultats estimés pour 2018, contre 20,9 pour LVMH et 19,6 pour Kering).

Cet écart pourrait toutefois se réduire, selon les analystes de HSBC, selon qui les investisseurs pourraient hésiter à payer une telle prime pour un groupe qui, malgré ses robustes performances, ne surperforme plus significativement ses pairs.

Pour Luca Solca, analyste de BNP Paribas, cet écart devrait aussi se réduire avec la fin de la prime spéculative liée à la sortie de la holding familiale de Bernard Arnault, PDG de LVMH, du capital d'Hermès après la simplification des structures de détention de LVMH et le rachat de Dior.

Hermès a annoncé que sa rentabilité opérationnelle du premier semestre serait proche du record de 33,9% atteint en 2016 grâce à des effets favorable de couvertures de change, mais que cette performance ne pouvait être extrapolée sur l'année.

Les chiffres de LVMH sont attendus le 26 juillet, ceux de Kering le 27. Hermès publiera quant à lui ses résultats semestriels le 14 septembre.

(Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)

Sujets associés

NEWSLETTER La Quotidienne

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Tous les événements

LES PODCASTS

A Grasse, un parfum de renouveau

A Grasse, un parfum de renouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Anne Sophie Bellaiche nous dévoile les coulisses de son reportage dans le berceau français du parfum : Grasse. Elle nous fait découvrir un écosystème résilient, composé essentiellement...

Écouter cet épisode

Les recettes de l'horlogerie suisse

Les recettes de l'horlogerie suisse

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, notre journaliste Gautier Virol nous dévoile les coulisses de son reportage dans le jura suisse au coeur de l'industrie des montres de luxe.

Écouter cet épisode

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos sociétés.

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu ses installations.

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

Safran

Responsable activités chez Aibus site de St Nazaire F/H

Safran - 20/01/2023 - CDI - Saint-Nazaire

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

13 - ERILIA

Construction de 46 logements collectifs à Morières-les-Avignon (84)

DATE DE REPONSE 28/02/2023

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS