Henri Proglio défend le modèle français de l’électricité

Pour le patron d'EDF, la transition énergétique doit se faire en misant sur le seul atout compétitif de la France : l’électricité.

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Henri Proglio défend le modèle français de l’électricité

"Ce projet de transition énergétique, je le sens pas mal", a lancé Henri Proglio, PDG d’EDF, lors du colloque 2014 de l’Union française de l’électricité (UFE) ce mardi 17 juin.

A la veille de la présentation par la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie du projet de loi de transition énergétique, Henri Proglio a défendu le modèle électrique français.

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Le patron du premier électricien mondial part d’un constat sombre sur la politique énergétique européenne. "On peut parler d’échec. Il n’y a pas eu de politique européenne, il y a eu une mosaïque de politiques européennes différentes. En priorité, il faut arrêter de subventionner des énergies marginales et redonner au marché des bases solides. Ce dernier est défaillant. Aucun investissement n’est rentable. Comment les pays vont-ils remplacer leurs installations en fin de vie ?", constate-t-il.

"renforcer les économies d’énergie pour diminuer les importations d’hydrocarbures"

Dans ce contexte, le grand patron juge que la France a plutôt un avantage. "Tous nos concurrents sont en difficulté, à part EDF", lance-t-il. Puis il explique vouloir écarter une idée reçue : "La France n’est pas en retard en matière d’électricité. Tous les modèles alternatifs à la France ont connu des difficultés. L’Allemagne n’est pas un modèle ! En France, nous sommes exportateurs d’électricité avec les prix les plus bas d’Europe. On ne peut pas parler de retard et d’échec de la France !"

Il appelle alors à miser pour l’avenir sur l’électricité, le seul avantage compétitif de la France. "La France importe 98 % de ses énergies fossiles. Nous n’avons pas d’atout de compétitivité là-dessus. Il faut donc renforcer les économies d’énergie pour diminuer les importations d’hydrocarbures et donner la priorité à l’électricité. N’importe quel décideur attaché au bien-être du pays doit faire ce constat qui est évident."

Ce 18 juin, la ministre Ségolène Royal présentera son projet de loi de transition énergétique. Ce "nouveau modèle énergétique français", de son nom officiel, sera-t-il en en accord avec la vision d’Henri Proglio ? En partie seulement.

La loi va renforcer des transferts d’usage vers l’électricité en particulier pour ce qui est de l’automobile. Le texte va plafonner la puissance du parc nucléaire d’EDF et diminuer sa part dans le mix énergétique national à la faveur des énergies renouvelables. Quant à la notion de compétitivité, elle est, selon nos informations, quasi-absente du projet de loi.

Ludovic Dupin

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