HAUTE-MARNELES INDUSTRIELS ATTIRENT LES SERVICESEn se regroupant, les industriels de la région ont su convaincre des prestataires de s'installer à Saint-Dizier. Et de leur consentir des prix intéressants...

Partager

HAUTE-MARNE

LES INDUSTRIELS ATTIRENT LES SERVICES

En se regroupant, les industriels de la région ont su convaincre des prestataires de s'installer à Saint-Dizier. Et de leur consentir des prix intéressants...



L'un des principaux inconvénients d'une implantation dans une petite ville est que l'on ne trouve pas sur place de services performants. Jusqu'à la fin des années80, c'était le cas de Saint-Dizier, la sous-préfecture de la Haute-Marne. Les industriels n'avaient guère d'autres choix que d'aller se fournir en pièces détachées à Reims ou de faire venir de Metz l'employé de la société de maintenance dont ils avaient besoin. Ce qui n'allait pas sans allongement des délais ni accroissement des coûts. Aussi les entreprises locales ont-elles décidé de mettre en commun leurs besoins et d'attirer sur place des prestataires. Sermat, une entreprise de maintenance de chariots élévateurs, s'est installée en 1989, un bureau d'études a suivi, et un grossiste industriel va bientôt les rejoindre. D'autres projets sont en cours de réalisation, et, une première en France, un centre de traitement des sables de fonderie va être implanté par Claréa (filiale à 50% d'Edf-GdF). Dans un département qui fournit 25% de la production nationale de fonte et consomme 50000tonnes de sables par an, ce n'est pas rien! La démarche effectuée par les industriels locaux sur le territoire du bassin d'emploi "Marne moyenne" fait désormais figure de référence pour d'autres régions. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance. L'un des initiateurs de l'opération, Case Poclain, était décidé à externaliser des activités pour se recentrer sur son métier de base. "En 1988, son directeur est venu nous solliciter pour fédérer les industriels locaux. Il avait déjà organisé des rencontres. Mais personne n'avait le temps d'assurer le compte rendu des réunions, la mise à plat des besoins, la prospection des sociétés de services, etc.", se rappelle Jacques Bozzolini, président de la chambre de commerce et d'industrie de la Haute-Marne. L'intervention de celle-ci permet de décrocher un soutien financier de l'Etat. La chambre de commerce recrute alors un animateur à mi-temps. L'opération peut commencer. Depuis, des relations se sont nouées entre les différents participants, ce qui explique le succès de la démarche. Celle-ci repose sur un "contrat de confiance": la convention d'adhésion signée à l'origine par huit entreprises (Case Poclain, Cora, Ferro, Ferry-Capitain, Fonderies de Saint-Dizier, Isorel, Vallourec Industries, Ortiz Miko), rejointes depuis par une douzaine d'autres. Transparence des besoins et confidentialité quant au contenu des travaux communs en sont les maîtres mots. Les signataires s'engagent à fournir toutes les informations utiles au groupement - et notamment celles concernant leurs coûts d'exploitation. Les données réunies servent à élaborer un cahier des charges et à lancer un appel d'offres. La première action réussie a concerné la Sermat, qui s'est vu proposer un "contrat de groupe" pour installer une antenne à Saint-Dizier. Performances, tarifs, tout a été prévu. De même pour les opérations suivantes. L'installation prochaine du grossiste industriel a ainsi été négociée sous la condition que ce dernier assure le support vingt-quatre heures sur vingt-quatre des organes de transmission, et en particulier de toutes les pompes. De leur côté, les industriels se sont engagés à se fournir exclusivement chez lui - à des prix que leur regroupement leur permet de négocier de façon compétitive. Le bilan? "Nous avons réalisé au moins 5millions de francs d'économie depuis que toute cette opération a commencé", résume Etienne Denni, responsable de la maintenance et des travaux neufs chez Case Poclain. Une économie qui explique peut-être que le constructeur, confronté à des restructurations, choisisse de maintenir son unité de Saint-Dizier. Aujourd'hui, la dynamique étant lancée, celui-ci attire de nouveaux adhérents. Et continue de prendre des initiatives originales, comme l'explique Charles Honoré, chef de projet de Claréa: "Ce regroupement d'industriels locaux prêts à faire des efforts en matière d'environnement a convaincu Bruxelles et l'Agence de l'eau Seine-Normandie de contribuer à l'installation du centre de traitement des sables de fonderie. Résultat: ils vont bénéficier de coûts de prestations comparables à ceux en vigueur pour l'achat puis la mise en décharge des sables." Carole YEROCHEWSKI



Les industriels font des économies, le prestataire crée des emplois

Case Poclain a économisé 2millions de francs en raison simplement de l'installation à proximité de Saint-Dizier d'une antenne de Sermat, une société de maintenance de chariots élévateurs établie à Metz. Cette première opération a donné le "la" pour gérer les autres: élaboration d'un cahier des charges, appel d'offres et négociations d'un "contrat de groupe", où sont passées au crible les performances que doit accomplir la société de services, les délais et les tarifs qu'elle doit respecter... Si ses clients font des économies, Sermat, elle, crée des emplois à Saint-Dizier: dix-sept, en l'occurrence.



De la formation au recyclage, dix-neuf services nouveaux

Mise en oeuvre d'une formation pour les fraiseurs et les tourneurs du groupement d'entreprises, installation d'un bureau d'études, recyclage des déchets industriels, etc. Depuis 1988, dix-neuf besoins de diversification des services aux entreprises ont été recensés en "Marne moyenne". Treize ont été traités sous forme de coopération inter-entreprises, cinq ont donné lieu à des créations de nouveaux produits, un a engendré une coopération entre le groupement et le syndicat de la métallurgie. L'opération a permis de réduire les coûts et les délais, d'apporter à chacun des économies de gestion et de créer une trentaine d'emplois. Cofinancée les trois premières années par l'Etat et la Région au titre du Fonds de conversion Marne moyenne et du Fonds régional d'initiatives locales pour l'emploi (à hauteur de 800000francs), l'opération est à présent essentiellement prise en charge grâce aux cotisations des industriels.

USINE NOUVELLE N°2487

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS