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L'Usine Maroc

Hausse du SMIG de 10% au Maroc : le patronat s'alarme

Vincent Souchon , , ,

Publié le

À l'occasion de la fête du travail, le gouvernement d'Abdelilah Benkirane a annoncé que le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) allait augmenter de 10% pour atteindre 2 350 dirhams (209 euros) par mois dans le secteur privé. Une décision qui ne satisfait pas tout à fait les syndicats mais inquiète surtout les chefs d'entreprises, qui redoutent une perte de compétitivité du Maroc.

Hausse du SMIG de 10% au Maroc : le patronat s'alarme
Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement marocain, joue la carte sociale
© ambafrance.ma

Le timing était impeccable. C'est à la veille de la fête du travail du 1er mai que le ministre marocain de l'Emploi et des affaires sociales Abdesslam Seddiki  a procédé à une annonce attendue : le SMIG va augmenter de 10%. Cette hausse, décidée en conseil de gouvernement après de longs débats, concerne les secteurs de l'industrie, du commerce et des services. Le salaire minimum devrait atteindre les 2350 dirhams mensuels (209 euros) d'ici à l'été 2015 sur la base d'une durée légale de travail de 44 heures par semaine. Le SMIG agricole sera lui aussi revalorisé de 10%.

L'augmentation devrait s'opérer de manière progressive en deux temps : une première hausse de 5% aura lieu dès ce mois de juillet et une seconde un an plus tard, en juillet 2015. Le SMIG horaire actuel, soit 12,24 dirhams, passera ainsi à 12,85 dirhams cet été avant de s’établir à 13,46 dirhams à partir de l'été 2015.

Dans le même temps, le gouvernement d'Abdelilah Benkirane prévoit également de revaloriser le salaire minimum dans le secteur public, qui sera porté à 3 000 dirhams nets.

La CGEM est amère

Immédiatement après l'annonce, la Confédération générale des entreprises marocaine (CGEM) s'est fendue d'un communiqué où elle exprime ses craintes et regrets concernant cette nouvelle hausse des charges salariales.

Une telle hausse, appliquée sans contreparties, viendra éroder davantage la compétitivité de l’industrie marocaine et ne manquera pas d’avoir un impact sur l’emploi industriel", met en garde le patronat, qui rappelle que le Maroc est aujourd'hui 77ème dans le classement mondial de la compétitivité du World Economic Forum (WEF) et que "depuis 2007, l’industrie marocaine, qui emploie 1,2 million de personnes, perd en moyenne 30 000 emplois par an".  Le SMIG marocain était déjà le plus élevé d'Afrique et est environ le double du salaire minimum tunisien (voir infographie) alors que le royaume importe deux fois plus de marchandises qu'il n'en exporte.

Pour rappel, dans son nouveau "Plan d'accélération industrielle" présenté à Casablanca le 2 avril par le ministre marocain de l'Industrie, Moulay Hafid Elalamy, celui-ci prévoit la création de 500 000 emplois dans l'industrie d'ici à 2020.

La CGEM alerte également sur les risques "de voir des entreprises basculer dans l’informel et annihiler les efforts d'en faire sortir celles qui y sont encore". Elle enjoint le gouvernement à organiser rapidement un sommet national sur la le coût du travail et la compétitivité des entreprises pour "sauvegarder l'emploi et la création de valeur ajoutée marocaine".

LE TEXTILE ET LE CABLAGE AUTOMOBILE AFFECTéS

De leur côté, les organisations syndicales ont salué ce geste en faveur des salariés mais restent sur leur faim. Dans des propos rapportés par nos confrères du journal marocain Libération, le membre du bureau central de la Fédération démocratique marocaine (FDT) Abdelaziz Iwi a qualifié de "faibles et partiales" les mesures annoncées par le gouvernement Benkirane.

Lors des manifestations sociales du 1er mai, l'ensemble des centrales syndicales a appelé à poursuivre la lutte pour les droits des travailleurs marocains. Ils demandent notamment une révision de l'impôt général sur le revenu, l'application de l'échelle mobile sur les salaires et la revalorisation des pensions de retraites afin de les aligner avec l'augmentation du SMIG.

Au Maroc, la dernière augmentation du SMIG remontait à 2012 et avait été décidée par le précédent gouvernement d'Abbas El Fassi en 2011. Le salaire minimum avait alors été revalorisé de 15% en deux fois pour atteindre son niveau actuel soit 12,24 dirhams/heure.

Pour un industriel marocain de l'automobile implanté à Tanger interrogé par L'Usine Nouvelle "cette volonté de relever les bas salaires peut se comprendre. Mais nous opérons dans un environnement mondialisé, la compétition internationale est rude et la priorité devrait être l'emploi".  Notre interlocuteur se dit peu touché dans son entreprises par cette hausse à venir car la plupart de ses salariés qualifiés sont déjà payés au dessus du SMIG, "sans compter d'importants avantages sociaux en matière de transports, repas, santé etc..".

Pour lui néanmoins , "le choc risque d'être rude pour les secteurs qui emploient beaucoup de salariés au SMIG comme le textile ou le cablage automobile".

Vincent Souchon

Comparaison du SMIG* dans les pays du bassin méditerranéen | Create Infographics

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