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Les budgets de salaires pour 2018 repartent à la hausse mais tout le monde n'en profitera pas

Christophe Bys

Publié le

A l'heure où les négociations annuelles obligatoires pointent leur nez, deux cabinets spécialisés, Altedia et Deloitte, donnent de premiers éléments sur les tendances observées. Si les budgets globaux croissent, ils seront plutôt distribués sous forme d'augmentation individuelle et accompagnés de mesures ayant un impact ponctuel sur le pouvoir d'achat des salariés.

Les budgets de salaires pour 2018 repartent à la hausse mais tout le monde n'en profitera pas
Simplifiée ou pas, la fiche de paie reste très observée.

Alors que les questions de pouvoir d'achat pèsent sur la popularité du gouvernement et du président de la République selon les analystes des courbes de popularité, les nouvelles venant des entreprises sont plutôt bonnes. Du moins si l'on s'attache à regarder le verre à moitié plein. 

Ainsi, le cabinet Deloitte via son Observatoire du Capital Humain révèle que les budgets médians d'augmentation atteindront plus de 2 %, et ce toutes populations confondues, des non-cadres aux cadres supérieurs. C'est du moins la tendance qui se dégage des négociations annuelles obligatoires (NAO). Un tel taux d'augmentation n'a pas été vu depuis 2011. Ceci est dû notamment au fait que certaines entreprises régulièrement sondées par Deloitte ont revu à la hausse leur budget depuis septembre dernier. C'est le cas de 13 % d'entre-elles, pour lesquelles l'augmentation médiane de l'enveloppe atteint 0,4 %. 

Deloitte vérifie par ailleurs que ces budgets sont plutôt distribués sous forme d'augmentation individuelles. En moyenne, l'enveloppe des hausses individuelles est de l'ordre de 1,52% quand celle du collectif est de 0,48 %. C'est un véritable paradoxe à l'heure où maintes organisations vantent les bienfaits du travail en équipe et continuent à rémunérer avant tout la performance individuelle. Cela constitue un intéressant cas de schizophrénie comportementale. 

De l'individuel et du hors salaire

Par ailleurs, les experts de Deloitte notent que les pratiques s'homogénisent. La taille de l'entreprise a un impact réduit pour les salaires des non-cadres. Pour les cadres, dirigeants ou non, l'écart varie de 0,2 à 0,3 point au bénéfice des entreprises les plus grandes. Même si des différences subsistent entre les secteurs (l'industrie pharmaceutique et les services financiers sont plus généreux), "d'année en année, les différences de pratique de budget d'augmentation se réduit et 2018 n'échappe pas à cette tendance" note Deloitte. 

Ce qui reste aussi dans la tendance, c'est la volonté affichée par les entreprises de communiquer sur la rémunération globale quand les dents grincent en voyant la modicité des augmentations proposées. 70 % des entreprises déclarent vouloir mettre en avant lors des NAO d'autres éléments de rémunération que la hausse du salaire individuel. Intéressement, participation, augmentation des primes ou encore qualité de vie au travail font désormais partie des négociations annuelles obligatoires, explique Deloitte.

86 % des entreprises sondées par Deloitte indiquent par ailleurs que leurs pratiques n'ont pas été affectées par les différentes mesures fiscales et sociales. A commencer par la baisse des cotisations sociales qui ont un effet sur le salaire net. Pour le mesurer complètement, il faut évidemment tenir compte de l'impact de l'augmentation de la CSG. Autrement dit, les entreprises déclarent ne pas avoir modéré leur budget en pariant sur le coup de pouce qui résultera de cette évolution du financement de la protection sociale.

Autre étude, mêmes tendances

De son côté le cabinet Altedia a aussi fait une étude auprès d'un échantillon d'entreprises, dont les résultats divergent légèrement. Ainsi, il prévoit une hausse globale des salaires de 1,8 %.  Pour ce cabinet spécialisé, ce chiffre est le même qu'en septembre dernier.

Derrière cette donnée moyen, Altedia donne quelques indications sur l'éventail des situations. Dans les entreprises se déclarant en croissance, la hausse de l'enveloppe globale est de 1,9 %. 40 % des entreprises ont indiqué prévoir une enveloppe inchangée par rapport à 2017, quand 33 % indiquent que leur budget croît. 

Chez Altedia aussi, on note la tendance à l'individualisation des salaires. 57 % des entreprises envisagent  aussi de prendre des mesures complémentaires. 37% veulent s'atteler à la réduction des inégalités salariales (bas salaires, hommes-femmes, seniors...), 33 % envisagent d'étudier la revalorisation des barèmes internes, 16 % évoquent la rémunération variable sur objectif et 14 % la prise en charge par l'employeur d'éléments périphériques (transport, cantine....) 

la différence de2019

Dialogue social ça se tend

Véritable rituel de la vie sociale de l'entreprise, les NAO sont toujours un indicateur de la vitalité du dialogue social de l'entreprise. Ainsi, les informations fournies par Deloitte sont à regarder de près. Au moment de leur étude, seulement 29 % des entreprises avaient finalisé la négociation. Et dans 55 % des cas, elles débouchaient sur un PV de désaccord, et dans 45 % sur un PV d'accord. 

 

Les pratiques

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