Haïti ou l'enfer sur terre

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Haïti ou l'enfer sur terre

Le Chili vire à droite, Chavez nationalise Casino

« Faire tomber les murs qui divisent » le Chili, hérités de son passé politique. C’est l’ambition qu’a proclamé dans son discours de victoire face à 30.000 partisans sur une place du centre de Santiago l'entrepreneur multimillionnaire Sebastian Piñera, élu dimanche président du Chili. Surnommé le « Berlusconi chilien » pour ses frasques étalées dans la presse et son patrimoine évalué à 1,2 milliard de dollars, Piñera marque le retour de la droite au pouvoir après vingt ans de gouvernement de « concertation » de centre-gauche depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Certains voient dans cette victoire une première véritable alternance et un renforcement de la démocratie au Chili. Sur ce point, rien à dire : c’est effectivement la première fois que le Chili sort de la sacro-sainte Concertation, coalition de quatre partis de centre-gauche (en particulier socialistes et démocrates-chrétiens), depuis le retour de la démocratie en 1990. Pour les investisseurs étrangers, l’arrivée d’un oligarque représentant de la droite affairiste et pro-américain est une bonne nouvelle. Le pape de la Fed Alan Greenspan compte parmi les convertis à la ferveur pineriste, raconte à ce propos The Economist. Incarné dans son discours, un Chili décomplexé, qui estime comme lui que le régime militaire « est déjà de l'histoire », qu'avoir travaillé pour la dictature n'en est soi « pas un crime », et qui n'exclut pas de compter d'ex-conseillers économiques du régime militaire dans son futur gouvernement. L'alternance a semble-t-il une mémoire particulière.

Pendant ce temps, au Venezuela, Hugo Chavez nationalise les succursales de Casino, pour avoir commis le crime de lèse-majesté suivant : augmenter les prix à des fins « spéculatives » après la dévaluation de la monnaie locale le 8 janvier. Il y a dix jours, le gouvernement a dévalué le bolivar, qui s'échangeait depuis 2005 au taux de 2,15 bolivars pour un dollar, et instauré un double taux de change. Le bolivar s'échange désormais à 2,60 bolivars pour un dollar pour les importations des produits de base (santé, alimentation, équipements) et à 4,30 bolivars pour les autres (voitures, télécommunications, électronique...), histoire de stimuler la production nationale, dans un pays largement importateur. Pari risqué : à l’image de l’hyperinflation qui avait suivi la dévaluation de l’Austral en Argentine en 1989, l'inflation pourrait s’emballer dans un pays où les prix ont augmenté de 25% en 2009. D’ailleurs, par peur d'une valse des étiquettes, bon nombre de Vénézuéliens se sont rués dans les magasins au lendemain de l'annonce gouvernementale, pour acheter notamment des appareils électroménagers importés.

Bercy apprend à dire « Anticonstitutionnellement » en allemand

Le mot le plus long du dictionnaire français pourrait se voir accolé à un vulgaire chiffre, celui de 3% du PIB pour le déficit public à long terme ou 60% du PIB pour les dépenses de l’Etat, par exemple. Alors que la Grèce se voir contrainte par Bruxelles au quasi-impossible, passer d’un déficit évalué à 13% du PIB à un sobre déficit de 3% du PIB en simplement trois ans, Eric Woerth est parti aujourd’hui outre-Rhin. Objectif : prendre des leçons à Berlin d’inconstitutionnalité du déficit public auprès de son homologue allemand Wolfgang Schaüble. L'occasion en effet de jeter un œil à la règle allemande, à savoir «l'inscription dans la Constitution d'un pourcentage maximal de déficits publics». L'Allemagne a inscrit dans sa Constitution l'obligation de ramener ses comptes publics à un quasi-équilibre d'ici à 2016. Alors que Bercy a réussi à limiter la casse, (les dépenses ont été inférieures de 2,2 milliards d'euros à l'objectif fixé par le Parlement, hors plan de relance, sur les 138 milliards d’euros que représente le déficit), l'objectif affiché est de ramener à moins de 3% d'ici 2013. Un déficit qui devrait culminer à plus de 8% du PIB en 2010, soit cinq points de plus qu'au début de la crise.

En 1990, Buenos Aires avait eu la brillante idée d'inscrire dans sa constitution la parité du peso et du dollar. On sait ce qu'il en est advenu : la crise de 2001, avec une dévaluation brutale du peso (et donc des économies de toute la population stockée dans les banques) au tiers de sa valeur précédente, le chômage de la population privée de son épargne à grande échelle et l'impossibilité pour le pays de payer ses dettes. La mode planétaire aux cures de minceur sur les finances publiques ne doit donc pas métamorphoser un amendement constituionnel en chausse-trappe.

Haïti, hell on earth

70.000 morts déjà enterrés. 10.000 soldats américains dépêchés sur place. Des émeutes de la faim, et la loi de de la jungle sur un territoire sans gouvernement : l’armée haïtienne a dû tirer sur des pilleurs sévissant sur un marché de la capitale. Le séisme de magnitude 7 qui a frappé Port-au-Prince et ses environs mardi, a fait au moins 100.000 morts et détruit les principales infrastructures de la capitale haïtienne, en plus de raser, en partie ou quasi-intégralement, certaines villes du sud de l'île. L’île de 9 millions d’habitants voit le manque d’eau et de nourrir s’abattre sur elle et les unes des quotidiens du monde entier arborent des visages cagoulés, armés de machettes et de matraques.

Une réunion des pays contributeurs d'aide à Haïti, sera organisée à Montréal le 25 janvier, en présence du Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive et de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, a annoncé Ottawa dimanche. La conférence de Montréal servira à planifier la reconstruction du pays caribéen et à s'assurer « que les Nations unies arrivent à coordonner l'aide internationale pour que la population haïtienne en profite au mieux », a déclaré le chef de la diplomatie canadienne, Lawrence Cannon. La catastrophe naturelle est la pire depuis le séisme du Kashmir en 2005, qui a fait 86.000 morts, et le tsunami en Asie du Sud-est de 2004, qui a fait 230.000 morts.

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