Technos et Innovations

Hachette se livre finalement à Google

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Après une longue bataille juridique, le premier éditeur français vient de signer un protocole d'accord avec Google pour la numérisation de quelque 50.000 ouvrages indisponibles à la vente. La raison de ce revirement : Google renonce à sa stratégie de numérisation « à la hussarde » de son catalogue.

Hachette se livre finalement à Google © REUTERS

La guerre est finie ? Pas encore... Mais Google vient d'accepter de tendre la main aux éditeurs pour trouver une issue au principal sujet qui fâche : la numérisation par ses soins, pour son seul bénéfice et sans contrepartie, de leurs catalogues d'ouvrages. Pour l'heure, Hachette Livre est le seul éditeur français à avoir été invité à la table de négociations. Ce qui n'est pas surprenant puisqu'il est probablement « le seul à avoir la puissance nécessaire pour parler avec Google », estime Hervé Hugueny, chef des informations du magazine spécialisé Livres Hebdo. Mais les autres éditeurs sont aussi concernés. « Google et Hachette – qui est assez soucieux de montrer qu'il ne joue pas sa seule carte - se sont publiquement engagés à ce que les autres éditeurs hexagonaux puissent bénéficier de conditions similaires », souligne le journaliste.

Des conditions plus acceptables pour Hachette Livre

Pour lui, le protocole d'accord, qui devrait déboucher sur un contrat définitif d'ici six mois, devrait mettre un terme à ce qui était perçu comme une injustice par les éditeurs français. « La condition de base de l'accord est que c'est Hachette qui déterminera pour chacune des oeuvres dont il contrôle les droits si elle peut ou non être numérisée par Google [pour une distribution sur plusieurs canaux, y compris le futur Google Editions, ou pour un usage limité à l'indexation et à la promotion]. C'est aussi à Google qu'il reviendra d'effectuer le travail de vérification avant la numérisation, et pas à l'éditeur ».

Les deux groupes précisent dans un communiqué que les oeuvres numérisées « pourront soit être proposées sous forme d’ebook via Google Livres, soit être exploitées sous d’autres formes commerciales telles que l’impression à la demande » et que les « œuvres que Hachette Livre ne souhaite pas voir numérisées seront retirées des services de Google ». Ces règles s’appliquant également aux ouvrages qui ont déjà été numérisés avant la négociation du protocole d'accord (six ans après le lancement de Google Livres, le moteur dit avoir numérisé 15 millions de livres venant de plus de 35000 éditeurs et 40 bibliothèques à travers le monde).

Google accroît son fonds


« Il y a cependant plusieurs points d'interrogation en suspens », relève François Lascaux, directeur général de Cyberlibris, une société française spécialisée dans la commercialisation de bouquets de livres numériques (concurrente de Numilog, rachetée par Hachette en 2008). « Ces oeuvres seront-elles utilisables par Hachette et sous quelles conditions ? Je trouve aussi assez curieux qu'un groupe de cette taille ait besoin de Google pour prendre en charge les coûts de numérisation de 50.000 livres ».

Hervé Hugueny est plus pragmatique. « Parmi les 50.000 oeuvres qui ne sont pas commercialement disponibles, certaines ont peut être un intérêt commercial très limité », fait-il remarquer, en rappelant qu'« il y a des coûts fixes à supporter pour chaque numérisation ».

Encore loin de vouloir s'imposer comme « libraire », Google devrait cependant « capitaliser sur ces livres pour faire tourner sa machine publicitaire » et se démarquer de ses concurrents. En effet, il « sera le seul à pouvoir indexer les contenus ainsi numérisés, contrairement à ce qui passe avec les contenus web ''ordinaires'' ».

Christophe Dutheil

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1 commentaire

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26/11/2010 - 14h56 -

Hachette se livre finalement à Google... pour ne pas se livrer à Amazon.com ?

André Maginot, Arnaud Nourry même combat ?
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