Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Guillaume Pepy, premier supporter de la réforme du ferroviaire

Olivier Cognasse , , , ,

Publié le

Auditionné par la Commission du développement durable du Sénat, le président de la SNCF Guillaume Pepy a répondu sans embarras à toutes les questions sur la future réforme du ferroviaire... et sur des sujets annexes.

Guillaume Pepy, premier supporter de la réforme du ferroviaire © AFP

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

"La SNCF est un champion industriel avec 10 milliards d’euros d’activités à l’international. Nous sommes le deuxième groupe mondial de la mobilité", rappelait mercredi 4 juin, Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF, lors du préambule à son audition devant la Commission du développement durable, des infrastructures, de l’équipement et de l’aménagement du territoire du Sénat. Après une longue séquence de questions des sénateurs à propos de la réforme du ferroviaire et de la situation actuelle, il a répondu point par point de manière assez succincte.

Sur le cloisonnement des activités à la SNCF jugé contreproductif par certains spécialistes et représentants des cheminots, il a rappelé que "la gestion par activité est en vigueur depuis 1991 et qu’elle se substitue à une gestion par circonscription" encore moins efficace. S’il reconnait "un risque de rigidité", il "assume le fait qu’un conducteur de fret, ne puisse pas être prélevé pour conduire un TER". Sous-entendu, que l’on ne doit pas déshabiller le fret pour habiller le TER. Or, le problème actuel est surtout de savoir si des cheminots sous-employés au fret ne pourraient pas dépanner s’il manquait du personnel sur une autre branche de la SNCF.

Fin des contentieux avec les régions

A la question sur les Trains d’équilibre du territoire (Intercités), il milite pour les conclusions de la Commission Mobilité 21, qui avait tranché dans les projets pharaoniques d’infrastructures du précédent gouvernement : "des trains de grandes lignes rapides roulant à 200-220 km/h".

A propos de la crise de la SNCF avec les régions, il admet qu’elles "avaient largement raison, mais les contentieux sont presque tous réglés." Les comptes TER seront à l’avenir certifiés et il n’y aura pas d’augmentation en 2014. Avec la réforme, les trains doivent appartenir aux régions et les gares doivent rester dans le giron de la SNCF.

Par ailleurs, le PDG ne comprend pas la précipitation de certains syndicats à lancer un préavis de grève alors qu’ils doivent être reçus très prochainement par Frédéric Cuvillier, le secrétaire d’Etat aux Transports. Et de jouer sur la corde sensible : "le lundi 16 juin, 600 000 lycéens doivent passer le bac. Ils comptent sur le service public".

A propos de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf), il souhaite que le régulateur ait un pouvoir fort, juridique et économique, dans un système intégré comme le prévoit le projet de réforme. De même, le Conseil de surveillance ferroviaire qui doit être créé avec cette réforme est une garantie de séparation entre la gestion et le contrôle. Un conseil qui comptera parmi ses membres des représentants des régions et des usagers. Quant aux "deux PDG (lui-même et Jacques Rapoport, actuel PDG de RFF), ils constituent un binôme solidaire"  et seront garants de la bonne marche du système.

Sur le problème de la dette et des finances, il a répondu que le contrat de performance signé avec l’Etat engageait la future SNCF à économiser 500 millions d’euros sur le service et 500 millions sur le réseau ("pas sur les travaux, mais sur les achats et les frais de structures"). L’objectif, dans un premier temps, est de stabiliser la dette. Des cessions intelligentes sur le patrimoine pourraient également rapporter 150 à 200 millions d’euros par an.

Interrogé sur la situation du fret qui grève les finances du groupe, il a rappelé que Fret SNCF était "en situation de quasi-faillite avec une marge opérationnelle de  -380 millions d’euros en 2008. On a travaillé. On a stabilisé les volumes en 2013 et cette année la marge opérationnelle sera de -100 à -120 millions d’euros". Il n’a pas précisé qu’en six ans, l’activité avait été divisée par deux...

La réforme territoriale positive pour le ferroviaire

En marge du sujet de la réforme du ferroviaire, il se réjouit du regroupement des régions prévu par la réforme territorial. "Si nous avons de grandes régions, le bénéfice sera important pour le ferroviaire. Aujourd’hui, le système des TER est très émietté avec des relations difficiles entre les régions. Nous calerons l’organisation de la SNCF sur ces nouvelles régions et nous ferons des économies sur les frais de structures".

En revanche, il s’élève contre le vote du Parlement européen en février dernier sur la clause de réciprocité dans le ferroviaire, qui empêcherait aux entreprises françaises de conquérir des marchés en Allemagne ou en Italie, si la France n’ouvre pas son marché en 2019 ou 2023 : "Cette clause est sans doute illégale". Alors qu’on cite régulièrement le fait que sa filiale Keolis exploite des trains régionaux allemands et que le marché des TER est fermé. Il retourne l’argument : "le transport urbain allemand n’est pas ouvert. Cela n’empêche pas les entreprises allemandes de se présenter en France".

Sa réaction est beaucoup plus véhémente à propos de l’affaire des TER trop larges ou des quais à raboter. "Les cheminots ont été choqués par un tel emballement en quelques heures, dans lequel les faits ont très vite disparu. Les réactions à l’international ont été catastrophiques. Dire que les français ne savent pas faire rouler des trains. Il va falloir des mois pour les convaincre du contraire en Malaisie, en Grande-Bretagne,… C’est une affaire qui nous a fait mal à notre identité de cheminot !"

Olivier Cognasse

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle