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L'Usine Santé

Guerre chimique et biologique contre Zika

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Guerre chimique et biologique contre Zika
Face au virus, l’une des solutions est de pulvériser de grandes quantités d’insecticides. Ici au Venezuela.

En attendant un vaccin préventif, c’est une guerre chimique et de génie génétique qui se joue contre le virus Zika. Déjà présent dans 23 pays et territoires des Amériques, avec notamment 1,5?million de cas recensés au Brésil, il pourrait toucher 3 à 4?millions de personnes cette année, craint l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La première mesure pour se prémunir reste la protection physique : vêtements longs et moustiquaires. Car la maladie se transmet par la piqûre de femelles moustiques de deux espèces : Aedes aegypti, originaire d’Afrique, et Aedes albopictus, le « moustique tigre » originaire d’Asie, déjà vecteur de la dengue et du chikungunya. En présence d’eau, leurs œufs se transforment en larves, engendrant des moustiques adultes.

Comment les éliminer ? Les autorités conseillent la méthode chimique… tout en multipliant les précautions. L’OMS préconise « la distribution de larvicides pour le traitement des eaux stagnantes, lorsqu’il n’est pas possible d’utiliser d’autres solutions ». Tandis que le ministère de la Santé français recommande, pour les départements d’Outre-Mer, « d’utiliser jour et nuit un produit répulsif adapté en respectant les précautions d’emploi ». Problème, « pour faire face à la résistance développée par certaines populations de moustiques à ces produits, les doses sont considérablement augmentées », observe Anna-Bella Failloux, directrice de recherche à l’unité Arbovirus et insectes vecteurs de l’Institut Pasteur.

L’industrie chimique planche sur ce problème de résistance. Au Brésil, le géant allemand de la chimie Bayer est déjà le leader des pulvérisations d’insecticides contre les moustiques vecteurs de virus. Utilisés contre la dengue et le chikungunya, ces produits répondent aussi à Zika. « Nous recherchons en collaboration avec l’Innovative Vector Control Consortium – une initiative de la Bill & Melinda Gates Foundation – de matière active et complètement nouvelle, pour répondre au risque croissant de résistance », assure Frederic Baur, expert du contrôle des maladies vectorielles chez Bayer Environmental Science. Et grâce à des investissements accrus en R & D, nous envisageons de lancer, dans les deux à trois ans, de nouvelles solutions antirésistance. »

Des moustiques génétiquement modifiés

Une autre alternative est envisagée, qui consiste à modifier génétiquement ces moustiques afin qu’ils ne puissent plus se reproduire dans la nature. Un pari imaginé par l’université d’Oxford au Royaume-Uni, puis développé par sa spin-off Oxitec, devenue filiale de la société britannique de biologie synthétique Intrexon. Elle a conçu un insecte dont les larves ont besoin, pour se développer, d’un antibiotique – la tétracycline – qui leur est fourni en laboratoire. La femelle est tuée, tandis que le mâle, qui ne pique pas, est libéré dans les zones infestées, afin de s’accoupler avec une femelle sauvage porteuse, et d’empêcher leurs larves d’éclore. L’objectif est d’éradiquer le moustique porteur du Zika. Cependant l’antibiotique utilisé se retrouverait à faibles doses dans l’environnement et pourrait empêcher la réussite de la méthode.

Plusieurs pays d’Amérique du Sud ont malgré tout tenté l’expérience. Depuis 2011, ces moustiques génétiquement modifiés sont lâchés par milliers dans certaines régions brésiliennes pour combattre l’endémie de dengue et de chikungunya. Depuis, Zika est arrivé… Mais les résultats sont là, assure Oxitec. L’entreprise vient d’annoncer la construction d’une « usine à moustiques » pilote dans l’État de Sao Paulo, pour protéger jusqu’à 300 000 personnes. Sur internet, les anti-OGM se sont emparés du sujet, faisant circuler la rumeur que ces moustiques amplifieraient les épidémies, en cas de réversion de la mutation génétique… Ce que contestent certains experts et Oxitec. En France, le Haut Conseil des Biotechnologies s’est néanmoins saisi de cette question des moustiques génétiquement modifiés, afin d’apporter son avis. 

Quels sont les risques ?


S’il n’est pas mortel, le virus Zika peut entraîner une légère fièvre, une éruption cutanée, parfois une conjonctivite, des douleurs musculaires et articulaires. Les autorités sanitaires craignent cependant qu’il provoque le syndrome de Guillain-Barré, une paralysie pouvant atteindre les muscles respiratoires. Et, chez les femmes enceintes, des risques de donner naissance à des bébés atteints de microcéphalie. Cette malformation congénitale se manifeste par une petitesse excessive de la tête causant des troubles du développement du cerveau. Quelques cas de Zika ont été détectés en Guadeloupe et à Saint-Martin. La Martinique et la Guyane sont sous étroite surveillance. Le 28?janvier, l’Institut de veille sanitaire faisait état de cinq voyageurs infectés, rentrés depuis en métropole. Le risque d’une contamination y serait quasi nul, les moustiques vecteurs étant actifs de mai à novembre. 

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