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L'Usine Aéro

GRTgaz met le drone à l'épreuve

Olivier James , ,

Publié le

Les drones pourraient-ils améliorer l’observation du réseau de gazoducs en France ? Pour le savoir, GRTgaz réalise des tests. Reportage.

GRTgaz met le drone à l'épreuve

L’application du smartphone ne laisse guère place au doute. Avec un ciel aussi bas, une humidité élevée et une si faible visibilité, impossible de faire voler un avion. Dans le froid mordant de cette matinée d’hiver, Emmanuel de Maistre s’empresse de remettre son téléphone dans sa poche. « C’est l’un des points forts du drone, il peut voler quelles que soient les conditions météo », sourit le président de la jeune Fédération professionnelle du drone civil. Pour un peu, il se réjouirait presque de cette nébulosité qui semble pétrifier les champs quasi inhabités bordant la petite ville de Lorris (Loiret). Car celui qui est aussi le patron de la société RedBird doit prouver la fiabilité de cette technologie émergente à un client de premier ordre : GRTgaz, qui gère plus de 32 000 kilomètres de gazoducs en France. « En comptant les zones observées plusieurs fois par an, ce sont 600 000 kilomètres de réseau qui doivent être surveillés, précise Frédéric Guillou, le chef de projet Innovation au sein de GRTgaz. Nous réalisons ce travail à l’aide d’avions, d’hélicoptères, de voitures et à pied, mais nous cherchons à savoir si les drones pourraient donner de meilleurs résultats. »

Très vite, une grosse mallette rouge est sortie de la camionnette. À l’intérieur : un drone à voilure fixe démonté, fabriqué par l’entreprise Delair-Tech. Il suffit de quelques minutes pour assembler les pièces de ce petit avion de deux kilos et d’un peu moins de deux mètres d’envergure. Quelques pas rapides et un peu de souffle suffisent à lui donner son envol. Alimenté par une batterie lithium-polymère, il peut maintenant virevolter à plus de 100 mètres d’altitude deux heures durant, sans faire le moindre bruit. « L’appareil a en mémoire tout le plan de vol, paramétré en fonction de la cartographie locale du réseau de gazoducs », explique Christophe Amiel, télépilote chez RedBird, qui scrute des écrans de contrôle installés sur une station de pilotage mobile. Le drone est équipé de capteurs et de la vision infrarouge. Ils doivent permettre de détecter les risques en tout genre au niveau des balises signalant la présence du réseau : chantier menaçant une canalisation, végétation trop envahissante, actes de malveillance…

Une intelligence à développer

« L’intérêt économique n’est pas immédiat, admet Frédéric Guillou. L’autonomie des drones n’est pas suffisante et le traitement automatique des images n’est pas assez avancé. » En d’autres termes, les drones manquent encore d’intelligence. C’est bien le traitement des signaux collectés et leur interprétation qui reste le talon d’Achille d’une méthode censée faire intervenir a minima le regard humain… « Nous devons encore développer de nombreuses briques technologiques, reconnaît Benjamin Hugonnet, le directeur commercial et marketing de RedBird. Notre objectif à terme est d’automatiser toute la chaîne, de l’acquisition des données à leur traitement et jusqu’à leur restitution au donneur d’ordres. » La première application opérationnelle pour GRTgaz n’est pas envisagée avant 2015. D’ici là, Frédéric Guillou souhaiterait également que la réglementation permette l’utilisation de drones plus autonomes, capables de parcourir des centaines de kilomètres. En attendant, les tests en rase campagne au petit matin ne sont pas prêts de s’arrêter… ??

Diagnostiquer et surveiller


Plus de 30 000 kilomètres de lignes de train, 1,3 million de kilomètres de lignes électriques, 32 000 kilomètres de gazoducs… Les grands opérateurs français de réseaux voient dans l’usage des drones la possibilité de faciliter et de réduire le coût de leurs opérations de surveillance. Mais cette solution doit encore faire ses preuves. Outre GRTgaz, qui a expérimenté l’usage de drones dès 2009, ERDF est aussi en train de sauter le pas. La filiale d’EDF a signé, fin 2013, deux contrats avec Delta Drone, qui visent à développer des solutions adaptées au diagnostic et à l’entretien des réseaux électriques. Fin 2013 toujours, la SNCF annonçait avoir expérimenté l’usage d’un drone. Le groupe pourrait généraliser ce moyen pour inspecter l’état de ses infrastructures et lutter contre le vol de câbles.

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