GROS TEMPS SUR L'INDUSTRIEEn cette approche de l'automne, les nuages s'accumulent dangereusement sur l'économie mondiale, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. Sans compter le Japon, toujours englué dans une crise d'une durée sans précédent.

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GROS TEMPS SUR L'INDUSTRIE

En cette approche de l'automne, les nuages s'accumulent dangereusement sur l'économie mondiale, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. Sans compter le Japon, toujours englué dans une crise d'une durée sans précédent.



Après s'être félicités de l'éclatement de la bulle Internet, les économistes doivent reconnaître aujourd'hui que le mal est plus profond. La dépression progresse et le gros temps menace. Baisse de la production industrielle outre-Atlantique depuis dix mois consécutifs, recul continu de la croissance en Allemagne depuis cinq trimestres, stagnation de la production industrielle en France, déprime boursière : les mauvaises nouvelles se succèdent. Si de nombreux économistes récusent la perspective d'une récession et parient toujours sur un rebond de l'économie en 2002, il faudra tenir solidement la barre d'ici là. En quelques mois, des secteurs entiers de l'industrie ont dû affronter un retournement d'autant plus pénible qu'il a été brutal. Premier touché, le secteur des hautes technologies. Après la fin des rêves de croissance illimitée engendrés par l'Internet, c'est pour les télécommunications et l'informatique que l'atterrissage est douloureux. Opérateurs de télécommunications et équipementiers comme Lucent, Cisco ou Alcatel (qui a perdu 70 % de sa valeur depuis début janvier) paient au prix fort des anticipations trop optimistes. Sans que l'on puisse discerner aujourd'hui la reprise que certains attendent déjà pour fin 2001. Quant à l'informatique, elle doit affronter pour la première fois depuis 1986 un repli du marché, qui entraîne avec lui chute des profits et restructurations en cascade chez les constructeurs (Fujitsu, Compaq, Hewlett-Packard...) et leurs fournisseurs, notamment parmi les fabricants de semi-conducteurs. Mais l'horizon n'est pas assombri que pour la high-tech. Il l'est également pour l'industrie de l'automobile, notamment nord-américaine. Confrontés, là encore, à la baisse du marché, les trois géants Ford, Chrysler et General Motors multiplient depuis deux mois les annonces de restructuration, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. Illustration : Opel, la filiale de GM, qui a notamment lancé un plan d'économie de 2 milliards d'euros sur deux ans.

Paradoxalement, la consommation tient bon

Dans ce contexte, outre des secteurs apparemment encore en plein boom, comme l'aéronautique, ce sont paradoxalement les consommateurs qui semblent les moins inquiets. Et soutiennent encore la croissance. Aux Etats-Unis, les ventes de détail restent fermes. Dans l'Hexagone, les plans sociaux (Danone, AOM...), qui ont fait la " une " des journaux télévisés tout le premier trimestre, n'ont pas, jusqu'ici, altéré la soif de consommation des Français. En témoignent la vigueur du marché de l'automobile fran- çais (+ 11,6 % en juillet) et la bonne tenue des soldes. Au grand bénéfice des industriels de l'agro- alimentaire, du textile ou de l'électroménager. Bref, dans les entreprises, où les budgets du second semestre sont déjà passés au peigne fin, les prévisions pour 2002 risquent bien de s'apparenter à un difficile exercice d'équilibriste.



TÉLÉCOMS

Les faits marquants

Les réductions d'effectifs se poursuivent et touchent la France. Bon nombre de nouveaux opérateurs mettent la clé sous la porte. Pas de reprise prévue avant 2002.

Annoncés les mois précédents, les plans de licenciement des constructeurs des télécommunications se mettent en place et n'épargnent pas la France. Un triste avant-goût avait été donné fin juin sur le site de Philips, au Mans, où 1 142 salariés ont fait les frais des déconvenues du constructeur néerlandais dans la téléphonie mobile. Quelques jours auparavant, le suédois Ericsson estimait que son plan de réorganisation devrait toucher environ 191 personnes en France. Depuis la tenue du comité central d'entreprise, qui a lieu début août, les 1 300 salariés français de Lucent en savent un peu plus sur leur avenir. Le constructeur américain va supprimer environ 550 postes dans l'Hexagone, dont une partie sera transférée à SR Telecom, repreneur de son activité d'accès sans fil. Sur le plan mondial, Lucent a supprimé depuis le début de l'année 10 500 postes, en plus des 8 500 départs en préretraite négociés. Highwave Optical Technologies, la jeune pousse française établie à Lannion, subit sévèrement le ralentissement du marché des composants optiques. Les mesures de chômage partiel, effectives depuis mi-juillet sur l'ensemble des sites, n'ont pas suffi. Avec un chiffre d'affaires du premier trimestre 2001 qui a reculé de moitié par rapport au trimestre précédent, le fabricant doit licencier environ 500 personnes. Alcatel a également fait ses comptes. Sur le plan mondial, 14 000 salariés auront quitté le premier groupe de télécommunications français d'ici à la fin de l'année, auxquels s'ajoutent 4 000 intérimaires ou prestataires de services en fin de contrat, et 2 000 salariés concernés par le programme d'externalisation. Les constructeurs misent également sur des réorganisations et des cessions d'activité pour s'assurer un retour plus rapide à la profitabilité. Ericsson scinde en deux ses activités " réseaux mobiles ", l'une aux normes européennes, l'autre suivant le CDMA américain, et réorganise son activité commerciale par grands clients. Parallèlement, le géant suédois envisagerait la vente de sa division " composants électroniques ". De son côté, Lucent poursuit son plan de cession à marche forcée. D'une part, il a enfin trouvé preneur pour son activité " fibre optique ". Le japonais Furukawa Electric, et, dans une moindre partie, Corning, reprennent les actifs de l'américain pour 2,75 milliards de dollars. Il a également cédé pour 550 à 650 millions de dollars ses deux usines de Colombus et d'Oklahoma City au sous-traitant canadien Celestica. Les fabricants voient aussi leur nombre de clients opérateurs se réduire comme peau de chagrin. Bon nombre d'entre eux ont mis la clé sous la porte. Outre-Rhin, les filiales de FirstMark et de Landtel, deux entreprises qui ont misé sur la boucle locale radio pour concurrencer Deutsche Telekom, se sont déclarées insolvables. Aux Etats-Unis, ce sont les opérateurs DSL qui trinquent. Covad, l'un des rescapés dans le domaine, s'est placé sous la protection de la loi américaine des sociétés en fail- lite pour pouvoir continuer à servir ses 330 000 clients, malgré une dette colossale de 1,4 milliard de dollars. Covad fait ainsi suite à NorthPoint et Rythms Netconnections. Dans le ciel, les nuages s'amoncellent sur la tête de l'opérateur de téléphonie mobile par satellite Globalstar, qui risque d'arriver à court de trésorerie au début de l'an prochain. Les capitaines de l'industrie des télécoms ne se font pas d'illusions à court terme et avouent leur manque de visibilité pour ce second semestre. " Le ralentissement américain, pour lequel nous ne voyons pas d'amélioration sur l'année 2001, risque de s'étendre à certaines parties de l'Europe, comme il l'a déjà fait au Royaume-Uni ", a ainsi indiqué Serge Tchuruk, le patron d'Alcatel.



INFORMATIQUE

Les faits marquants

Dell, numéro 1 mondial des PC, plonge dans le rouge. Les bénéfices de HP chutent de 90 %. Selon IDC, le chiffre d'affaires des semi-conducteurs pour l'informatique devrait chuter de 25 % cette année.

Les choses ne se sont pas arrangées cet été pour l'industrie de l'informatique. Les études d'IDC et de Dataquest sur les ventes de PC au deuxième trimestre ont confirmé la récession. Les ventes mondiales ont baissé de 2 % en volume, une première historique. Selon Dataquest, hormis Dell, tous les constructeurs ont vendu moins de PC au deuxième trimestre 2001. Compaq (- 569 000 unités), IBM (- 58 000), HP (- 193 000) et NEC (- 116 000) subissent la guerre des prix commencée par le champion de la vente directe. Le numéro 1 mondial augmente ses ventes de 700 000 unités par rapport au deuxième trimestre de 2000 et renforce sa part de marché (13,1 %). Une stratégie qui se révèle risquée. Dell achève son deuxième trimestre fiscal (clos début août) sur une perte nette de 101 millions de dollars. Un plongeon qui s'explique par une baisse de la rentabilité et par des charges exceptionnelles de 742 millions de dollars liées à la dépréciation d'actifs et à la restructuration du groupe (3 000 licenciements). Les ventes ont progressé de 19 % en volume, mais le résultat opérationnel chute de 91,5 %, à 63 millions de dollars. Egalement publiés la semaine dernière, les résultats de HP assombrissent encore le tableau. Lui aussi en pleine restructuration (6 000 licenciements), le constructeur annonce une baisse de 90 % de ses bénéfices, à 111 millions de dollars pour son troisième trimestre fiscal, clos fin juillet. Et ce pour un chiffre d'affaires en recul de 14 %. Si la tendance se confirme au prochain trimestre (qui est important, puisque c'est celui de la rentrée scolaire), la situation sera catastrophique pour les constructeurs, qui perdent désormais tous de l'argent en vendant des PC. De plus en plus nette, la récession de l'informatique a, par contrecoup, un fort impact sur le marché des semi-conducteurs. Selon une étude IDC de début août, le marché des composants pour PC devrait passer de 50,3 milliards de dollars en 2000 à 38 milliards cette année. La baisse drastique de la demande entraîne la chute des processeurs (de 27,1 milliards de dollars en 2000 à 22,3 milliards en fin d'année) et surtout des Dram. Selon IDC, le marché de celles-ci se réduira de moitié cette année, passant de 12,4 milliards de dollars à 6,6 milliards !

Les fournisseurs trinquent également

Conséquence directe : les fournisseurs trinquent. Intel, numéro 1 mondial des processeurs, a vu ses marges s'éroder avec un résultat en baisse de 76 % au deuxième trimestre. Sur le marché des Dram, la situation est encore plus tendue. Le prix des puces de 128 mégabits ont été divisés par dix en un an, en dessous de leur prix de fabrication... Pour faire remonter les prix, Toshiba et Hynix Semiconductor (deux des cinq grands avec Samsung, Micron et NEC) réduisent déjà la voilure en fermant des unités de production. Cela ne suffira pas, prédisent la plupart des analystes. Il faudrait que l'un de ces géants jette le gant pour que l'effet de levier soit significatif. Mais aucun ne s'y risque. D'autant plus que George Scalise, président de la toute-puissante Semiconductor Industry Association, se veut rassurant : " Nous croyons à un retour de la croissance au quatrième trimestre. " Il anticipe même un rebond pour 2002, qui renouerait avec les chiffres de 2000 pour les Dram, suivi d'une nouvelle croissance de 44 %, à 38 milliards de dollars, pour 2003. Trois raisons sont évoquées : la fin des stocks, la diversification vers des produits autres que les PC, et l'arrivée de Windows XP, gros consommateur de mémoires. Les constructeurs de PC tablent en outre sur le renouvellement du parc des entreprises. En attendant un éventuel rebond, la crise a commencé de secouer l'ordre établi.

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AUTOMOBILE

Les faits marquants

Suppressions de postes chez Ford aux Etats-Unis, restructurations chez Opel en Europe..., la rentrée de l'automobile ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices.

S'il reste au-dessus des prévisions, le marché nord-américain est plus que morose, avec des ventes en baisse de 4,8 % sur les sept premiers mois de l'année. Il devrait donc sensiblement régresser sur l'ensemble de l'année, et conduit les constructeurs à poursuivre le dégraissage. Ford annonce des coupes de 4 000 à 5 000 postes administratifs d'ici à la fin de l'année et va réduire de 8 % sa production dès cet automne. En février, Chrysler avait licencié près de 26 000 cols blancs et General Motors annonçait en décembre 2000 la suppression de 15 700 emplois dans le monde. La tempête s'accompagne de bouleversements dans les états-majors des constructeurs. Jacques Nasser doit, depuis fin juillet, composer à la tête du deuxième constructeur américain avec William Clay Ford, arrière-petit-fils du fondateur. Et, début août, GM n'a pas hésité à recruter un " ancien ", Bob Lutz (69 ans), au poste de directeur du développement pour rajeunir sa gamme.

Le marché européen est moins touché

En Europe, les constructeurs américains, qui souffrent de larges surcapacités, prennent également des mesures drastiques. Opel, filiale allemande de GM, prévoit de réduire ses capacités de production de 15 % d'ici à 2003, entraînant la suppression de plusieurs milliers d'emplois. GM et Ford ont déjà procédé à des fermetures d'usines en Grande-Bretagne l'année dernière. Le marché européen n'est pas dans une situation alarmante. Au premier semestre, les immatriculations ont baissé de 1,7 % par rapport à la même période de 2000. Et les prévisions tablent sur une amélioration et une stabilisation au second semestre. Dans ce contexte, la majorité des constructeurs européens annoncent des résultats plutôt satisfaisants, notamment PSA, qui bénéficie d'un marché français dynamique (+ 7,5 % de janvier à juillet). En revanche, Renault, qui a tardé à renouveler sa gamme, ne sauve la mise que grâce à l'influence positive de Nissan et à la cession de ses camions à Volvo.

Les équipementiers s'apprêtent à souffrir

Sujet d'inquiétude, cependant, le secteur du poids lourd. Si la chute du marché américain devrait, comme prévu, s'établir aux alentours de 20 %, la baisse des ventes en Europe pourrait dépasser les 8 %, soit bien plus qu'attendu. La liste des restructurations ne cesse de s'allonger. L'allemand MAN a annoncé fin juillet une nouvelle vague de 1 900 suppressions d'emploi, en plus des 1 800 postes déjà sur la sellette. Scania va réduire son effectif de 1 200 postes en production . Et DaimlerChrysler prépare pour cet automne un plan de restructuration de sa filiale américaine Freightliner. Les équipementiers s'attendent aussi à souffrir. Michelin a revu nettement à la baisse ses prévisions pour l'année en cours, avec un objectif de marge d'exploitation situé entre 6,2 et 6,8 %, au lieu des 7,7 à 8,3 % prévus en février dernier. Et les résultats semestriels de tous les équipementiers sont plutôt décevants. Il n'est donc peut-être pas si surprenant de voir certains groupes se désengager de l'industrie de l'automobile. Sagem a ainsi annoncé fin juillet qu'il allait vendre ses activités d'électronique automobile à Johnson Controls. Et l'américain Textron, présent depuis 1953 sur le secteur, va céder l'essentiel de ses activités d'automobile à son compatriote Collins & Aikman.



AÉRONAUTIQUE ET TRANSPORT AÉRIEN

Les faits marquants

Airbus revoit à la baisse ses prévisions de livraisons pour 2003. Les compagnies aériennes européennes réduisent à leur tour leur offre pour l'hiver.

Les mauvais résultats des compagnies aériennes ont donc fini par atteindre le moral des constructeurs aéronautiques. Début août, Airbus a en effet annoncé une révision à la baisse de ses prévisions de livraisons pour 2003. Le constructeur prévoit désormais de livrer 400 avions dans deux ans, au lieu des 450 initialement programmés. Il a néanmoins maintenu ses objectifs pour cette année (330 avions) et l'an prochain (390 avions). Le rythme de production de l'avionneur européen devrait donc continuer de croître, même si c'est à un rythme plus lent, grâce, notamment, aux parts de marché qu'il a grignotées sur l'américain Boeing. Selon les résultats publiés le 9 août, le chiffre d'affaires d'Airbus au premier semestre de 2001 s'est en effet élevé à 9,98 milliards d'euros, en progression de 46 % par rapport à la même période de l'année 2000. Le principal rival d'Airbus, Boeing, n'a pas pour l'instant revu ses objectifs à la baisse, mais sera sans doute contraint de le faire à l'automne, selon les analystes du secteur. JP Morgan estime que le constructeur américain pourrait réduire à 425 le nombre d'avions livrés en 2003, soit 75 de moins que prévu. A l'origine de ces prévisions pessimistes : les mauvais résultats du transport aérien au premier semestre de 2001. Selon l'Association internationale du transport aérien (Iata), qui regroupe 274 compagnies, le trafic passagers n'a augmenté que de 3 % sur les six premiers mois de l'année, tandis que le fret baissait de 3 %. Soit une croissance moyenne de 0,5 %, alors que les capacités ont crû, elles, de 4 %. " A moins que les compagnies membres de l'association ne soient capables de réduire de manière drastique leurs capacités dans les prochains mois et d'avoir un meilleur contrôle de leurs coûts, toutes les perspectives de profitabilité pour l'année 2001 vont rapidement disparaître ", a averti le directeur général de l'Iata, Pierre Jeanniot. Les résultats pour le deuxième trimestre, annoncés fin juillet par les principales compagnies américaines, sont venus confirmer cette vision pessimiste. AMR, le premier transporteur américain né du regroupement de TWA et d'American Airlines, a ainsi enregistré une perte nette de 105 millions de dollars, contre un bénéfice de 285 millions de dollars un an avant. Et le numéro 2, UAL, a perdu 292 millions de dollars, contre un bénéfice de 336 millions sur le même trimestre de 2000. Les transporteurs ont notamment souffert de la hausse des prix du carburant et de leur masse salariale et d'une baisse des voyages d'affaires.

En Europe, seule Air France a résisté

Et, depuis quelques mois, le marché européen est, à son tour, victime de la chute du trafic. Selon l'Association des compagnies aériennes européennes (AEA), le trafic long-courrier de ses 29 membres a diminué de 0,3 % au premier semestre de 2001 par rapport à 2000, en particulier sur les liaisons nord-américaines (- 1,4 %). Conséquence : après British Airways, la Lufthansa et la compagnie néerlandaise KLM ont annoncé qu'elles allaient réduire leurs capacités de 3 % pendant l'hiver 2001-2002 afin de se concentrer sur les liaisons les plus rentables. Seule Air France est, pour l'instant, parvenue à maintenir sa recette unitaire par passager tout en accroissant son offre et à augmenter son chiffre d'affaires de 12 % entre avril et juin. Mais il n'est pas sûr que les atouts d'Air France - son hub et l'alliance Skyteam -, qui lui ont permis de résister en début d'année, suffiront à affronter le ralentissement général du secteur.



BIENS DE CONSOMMATION

Les faits marquants

Les Français ont le moral qui flanche, mais continuent de consommer. Malgré le léger tassement de juillet (- 3,5 % en volume pour les hypermarchés), les commerçants continuent d'y croire.

Les chiffres publiés au début du mois d'août par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) le confirment : la consommation reste le principal moteur de la croissance en France. L'indice FCD cumulé pour les sept premiers mois de l'année s'établit à + 2,2 % pour les hypermarchés et à + 4,4 % pour les supermarchés.

Pour certains observateurs, cependant, le boom du printemps, qui s'explique en partie par l'avancement de la date des soldes, pourrait masquer un début de ralentissement. Le recul des grandes surfaces alimentaires en juillet (- 3,5 % en volume pour les hypermarchés ; - 5,8 % pour les supermarchés) pourrait leur donner raison. Avec un deuxième trimestre globalement moins bon que le premier, l'activité du commerce se cale progressivement sur le moral des ménages, en recul pour le sixième mois consécutif. Une tendance qu'accentuent les menaces de hausse des prix. Le début d'apaisement enregistré en juillet après le pic inflationniste du printemps ne semble pas de nature à rassurer les ménages : " Les consommateurs considèrent, avec un temps de retard, que les prix ont fortement progressé et estiment que la tendance va se poursuivre dans les prochains mois ", souligne l'Insee. Dans cette perspective, l'annonce, le 10 août, par la SNCF, d'une nouvelle hausse de tarif anticipant l'arrivée de l'euro tombe au plus mauvais moment. Faut-il alors s'attendre à un sérieux coup de frein sur les dépenses de rentrée ? " Dans la mesure où la confiance des ménages détermine fortement leur consommation, les chiffres de juillet n'incitent pas à l'optimisme ", commente Jean-Eric Fillieule, du CCF. Pour l'heure, industriels et commerçants ne semblent pas avoir prévu le pire. " Les assortiments de rentrée n'ont pas été revus à la baisse ", souligne un directeur d'hypermarché de la région parisienne. Chez les fournisseurs, aucun plan d'urgence n'a été mis en place. On jure même, au cabinet du secrétariat aux PME et au Commerce, que les " carnets de commandes demeurent bien garnis ".

Les PME mieux armées que les grandes

Selon un récent rapport de la Banque de développement des PME, les entreprises de taille moyenne semblent mieux armées que les plus grosses, davantage exposées aux ralentissements américain et asiatique, pour affronter le trou d'air. Début juillet, 3M France annonçait un plan social menaçant 360 emplois par " anticipation des répercussions des effets cumulés de la hausse du coût de l'énergie et du ralentissement américain ". La conjoncture internationale n'est pas non plus sans conséquence dans le secteur du luxe. Bernard Arnault, le patron de LVMH, a rappelé que la baisse du yen avait entraîné un certain ralentissement des ventes dans toute la zone Asie-Pacifique. Le groupe PPR, qui maintient toutefois ses objectifs de croissance pour 2001, s'attend aussi à une progression de ses résultats plus faible que prévu.



Ce qui inquiète

Les difficultés persistantes de l'industrie des télécommunications.

Le recul du marché mondial de l'informatique (ventes mondiales de PC : - 2 % au deuxième trimestre de 2001 [source : IDC]).

La restructuration de l'automobile américaine et ses conséquences en Europe.

La baisse continue des marchés boursiers.

Ce qui rassure

La bonne tenue de la consommation, notamment en France : + 2,2 % (supermarchés) et + 4,4 % (hypermarchés) sur sept mois (source FCD).

L'orientation toujours positive de secteurs comme l'aéronautique, l'automobile (en France) ou certains biens d'équipement (ferroviaire...).

La stabilité du prix du pétrole.



ÇA S'EST PASSÉ CET ÉTÉ

Sidérurgie

Ispat l'emporte en Roumanie

Le sidérurgiste anglo-indien Ispat a signé fin juillet avec les autorités roumaines le contrat de privatisation de Sidex. Principale usine sidérurgique roumaine, avec sa capacité de production de 9,2 millions de tonnes d'acier par an et un chiffre d'affaires de 1 milliard de dollars l'an dernier.

Matériaux de construction

Lafarge fait son entrée à Wall Street

Déjà coté à Paris, à Londres et à Francfort, Lafarge a fait son entrée à la Bourse de New York. Après l'acquisition du cimentier britannique Blue Circle, le groupe a en effet besoin de fonds pour poursuivre sa politique d'achats, dans le ciment notamment, en Asie et sur le pourtour méditerranéen.

Menuiserie

Lapeyre fait le ménage dans ses enseignes

Lapeyre (Saint-Gobain) va tirer un trait sur ses activités " vente au négoce et aux chantiers " pour se recentrer sur les particuliers et les artisans (marques GME et K par K). Neuf enseignes seront cédées, dont trois en France (Oxxo, Les Zelles et Les Menuiseries françaises). L'ensemble représente 119 millions d'euros de chiffre d'affaires (16 % du total) et 1 900 salariés.

Construction electrique

Schneider et Legrand enfin mariés ?

Les deux électrotechniciens voient le bout du tunnel. Après sept mois de péripéties et un effort supplémentaire pour satisfaire les porteurs d'ADP, la quasi-totalité (98,1 %) du capital de Legrand a été acquise, le 1er août, par Schneider, qui n'attend plus que l'aval de la Commission européenne pour sceller cette union.

Informatique

Gateway veut fermer son usine irlandaise

Au bord du gouffre, Gateway a annoncé son intention de fermer son usine en Irlande (un millier d'emplois). Le constructeur américain envisage de cesser ses activités en Europe et en Asie. Les dirigeants du groupe négocient actuellement avec les représentants du personnel des filiales européennes, et notamment française.

Palm Computing achète Be pour une poignée de dollars

11 millions de dollars, c'est la somme dérisoire avec laquelle Palm Computing achète la société américaine Be, éditrice du système d'exploitation BeOS. Créée en 1990 par le Français Jean-Louis Gassée, Be n'aura jamais trouvé son public. Palm compte mettre à profit le savoir-faire de l'éditeur au sein de sa filiale logiciels pour renforcer son système d'exploitation PalmOS.

Optique

Corning dégraisse son activité systèmes de câblage

Le fabricant de fibres optiques a supprimé 900 postes supplémentaires dans sa division " systèmes de câblage " afin de faire face au ralentissement de la demande. Au total, le fabricant a procédé à 6 800 suppressions de poste depuis le début de l'année sur 17 % d'un effectif total de 40 000 personnes.

Electronique

Solectron acquiert C-MAC

Solectron, le géant californien de la sous-traitance de composants électroniques, vient d'acheter le canadien C-MAC. L'accord porte sur une transaction en actions de 2,7 milliards de dollars. Solectron acquiert ainsi une expertise supplémentaire dans le domaine de l'assemblage électromécanique de systèmes complexes et de la gestion de la chaîne d'approvisionnement. Regroupant 10000 employés, C-MAC exploite 52 usines de par le monde et 8 centres de conception.

Automobile

Siemens vend Sachs à ZF Friedrichshafen

Le groupe allemand d'électrotechnique va vendre le fabricant d'amortisseurs Sachs à son compatriote ZF, pour un montant non communiqué. La société, acquise par Siemens lors de l'achat d'Atecs Mannesmann, à la fin de l'année dernière, semblait pourtant promise à Continental.

Pirelli veut se désengager du pneu pour poids lourds

Le manufacturier italien a annoncé fin juillet son intention de céder sa division pneumatiques pour poids lourds afin de réduire sa dette après la prise de contrôle de Telecom Italia aux côtés de Benetton. Michelin reste prudent sur une possible acquisition de cette division, qui réalise quelque 583 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Les rappels de pneus plombent les résultats de Bridgestone...

Le groupe japonais accuse une perte nette de 280 millions d'euros sur le premier semestre, contre un profit de 174 millions d'euros sur la même période de l'an dernier. Des résultats que le constructeur met sur le compte des différents rappels de pneus supposés défectueux. Bridgestone affiche en outre des ventes en hausse de 3,7 %.

... et ceux de Ford

Le constructeur américain a annoncé une perte de 551 millions de dollars au deuxième trimestre, contre un bénéfice de 2,53 milliards l'an dernier. Le rappel de 13 millions de pneus Firestone a coûté 2,1 milliards de dollars au deuxième constructeur mondial.

Agroalimentaire

Interbrew achète l'allemand Beck

Interbrew continue ses emplettes en Allemagne. Après Diebels, il vient de mettre la main, pour 1,8 milliard d'euros, sur Beck, le quatrième brasseur local. Ce groupe familial exporte 30 % du volume total de bières allemandes.

Nestlé : feu vert pour l'achat de Ralston Purina

Fin juillet, Nestlé a obtenu l'accord sous conditions de la Commission européenne pour l'acquisition de Ralston Purina. En Espagne, en Italie et en Grèce, Nestlé devra céder des usines ou accorder des licences.

PepsiCo se réorganise pour absorber Quaker Oats

Après le feu vert des autorités américaines concernant l'achat de Quaker Oats, PepsiCo crée trois divisions principales : PepsiCo Beverages International, Frito-Lay International et Frito-Lay Amérique du Nord.

Perrier-Vittel s'invite en Arabie Saoudite

Le numéro 1 de l'eau embouteillée a pris 51 % de Al Manhal, leader saoudien de l'eau vendue en grand conditionnement. Au Moyen-Orient, la consommation d'eau embouteillée augmente de 10 % par an.

Distribution

Lagardère s'empare de Virgin France

Lagardère Média, dirigé par Arnaud Lagardère, a mis la main sur les seize magasins Français de Virgin pour moins de 1 milliard de francs payé en cash.

Textile

Lee Cooper cédé à Matalan

Le fabricant de jeans Lee Cooper vient d'être cédé au groupe de distribution textile Matalan, coté à la Bourse de Londres. Depuis 1994, Lee Cooper était contrôlé par Bridgepoint Capital, DLJ Phoenix, USI et par un investisseur tunisien.

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