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L'Usine Santé

Grippe aviaire, fièvre catarrhale: la solution peut passer par des banques d'antigènes

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le , mis à jour le 08/12/2015 À 14H12

Alors qu’elle fait face à la résurgence de la grippe aviaire dans ses élevages, la France vient de prendre les devants pour lutter contre une autre maladie animale, la fièvre catarrhale ovine. Le laboratoire Merial innove en fournissant une banque d’antigènes.


Fabrication de vaccins chez Merial - DR

La tension monte en France au sujet de la grippe aviaire. Plusieurs cas ont été détectés dans des élevages de Dordogne depuis quelques jours. C’est la première fois depuis 2007 que des cas de H5N1 se produisent. "Afin de protéger et limiter la propagation de la maladie à d'autres élevages d'espèces sensibles, les services du ministère de l'Agriculture procèdent actuellement à l'abattage de l'ensemble des animaux des élevages concernés et ont décidé la mise en place de mesures de biosécurité dans tout le département", explique le ministère. Premier impact pour les éleveurs, la Corée du sud a interdit l'importation de volaille française.

L’abattage, solution privilégiée dans la grippe aviaire

Le sort de Merial toujours en sursis
Filiale en santé animale du groupe pharmaceutique français Sanofi, Merial est toujours sur la sellette. Début novembre, Olivier Brandicourt, le nouveau PDG de Sanofi, a annoncé un recentrage des activités, dont Merial, pépite jugée pas assez riche en synergies avec le reste du groupe, ne fait pas partie. Toutes les options sont sur la table, mais la rumeur enfle sur le projet d’une cession, avec le concours de la banque Mazars.
Depuis 1996, la grippe aviaire a connu trois vagues successives en Europe. Elle a fait sa première apparition aux Etats-Unis cette année, observe-t-on chez Merial, le laboratoire numéro un du marché de la santé animale en France. "C’est un cas spécial, car elle se gère de façon très efficace, malheureusement avec l’abattage de volailles", explique Silke Birlenbach, directrice du département Santé publique vétérinaire de Merial.

La vaccination massive n’est pas automatiquement choisie par les gouvernements pour empêcher cette maladie de se propager, car elle n'est pas forcément jugée adaptée à l’espérance de vie et la valeur économique des oiseaux. En outre, le virus de la grippe aviaire mutant énormément, il peut se révéler résistant au vaccin disponible.

Aux Etats-Unis, une autre option a malgré tout été utilisée en parallèle de l’abattage des oiseaux infectés. Afin d’éviter que l’épidémie ne se propage aux zones de production d’élevages du sud-est du pays, une banque d'antigènes a été mise en place. C’est-à-dire une réserve de doses en cuve d'azote liquide, stockables durant cinq ans environ, pouvant être débloquées et formulées pour devenir de véritables vaccins par un industriel partenaire dès l’Etat lui en fait la demande.

Principal avantage : le gain de temps. Avec cette solution, il n'est pas nécessaire d’attendre ainsi les six à neuf mois que prend traditionnellement la production d’un tel vaccin.

« Une première mondiale » réalisée par Merial

Merial n’avait pas les souches disponibles pour répondre à l’appel d’offres américain. D'autres concurrents, comme son compatriote Ceva, sont bien avancés. Mais Merial vient de réaliser "une première mondiale" dans une autre maladie : créer la première banque d’antigènes contre la fièvre catarrhale ovine (la FCO ou maladie de la langue bleue).

Un virus très contagieux pour les moutons et les vaches mais non transmissible à l’homme, qui signe son grand retour en Europe, notamment en août dernier dans l’Allier.

Le ministère de l’Agriculture français a donc décidé de commander à Merial une banque d’antigènes de 6 millions de doses, stockées sur le site de l’industriel de Lyon Porte-des-Alpes. "Une sorte d'assurance à laquelle peut faire appel le gouvernement", qui a coûté à ce dernier 4,6 millions d'euros, a appris l'AFP auprès du ministère de l'Agriculture.

Merial avait déjà développé une expertise dans les vaccins contre la fièvre aphteuse, une autre maladie animale très contagieuse : il héberge dix-sept banques d’antigènes pour plusieurs pays, dont un contrat avec la France renouvelé cette année.

Gaëlle Fleitour

 

 

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