[Grippe aviaire] Comment la filière du canard espère sortir de la crise

A l’issue d’une grande réunion de crise avec Stéphane Le Foll, les producteurs et industriels du foie gras se sont vus promettre des indemnisations pour compenser leurs pertes liés à la grippe aviaire. Avec de nouveaux engagements de leur part en contrepartie.

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[Grippe aviaire] Comment la filière du canard espère sortir de la crise

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé la couleur d’entrée de jeu. Mais il aura fallu deux heures et demie de réunion avec les éleveurs, gaveurs et industriels de la filière du foie gras jeudi 19 janvier, pour affiner les modalités. Face à une nouvelle épidémie de grippe aviaire particulièrement virulente (voir notre dossier), qui sévit depuis quelques semaines dans le Sud-Ouest et devrait conduire à l’abattage préventif d’1,5 million d’oiseaux, les pertes s’élèveraient à 120 millions d’euros pour la filière. "Les indemnisations commenceront en mars (…), elles porteront sur plusieurs dizaines de millions d'euros", s’est engagé le ministre.

Solidarité affichée par la profession

Les éleveurs seront indemnisés sur la base d'un prix forfaitaire par canard abattu, et des prêts relais sans taux d'intérêt accordés en cas de difficultés de trésorerie. Tandis que "la profession a pris ses responsabilités pour accompagner les éleveurs" et "vient de décider, dans un esprit de solidarité, d'une cotisation exceptionnelle importante qui sera versée par tous les aviculteurs de France", indiquent la FNSEA, JA, la CFA et la FN Foie Gras.

Toujours en attente des indemnisations de l'an dernier

Les industriels se disent satisfaits de la réunion. Car tous les maillons de la chaîne - y compris les accouveurs et entreprises en aval - devraient être dédommagés, indique à L’Usine Nouvelle Michel Fruchet, directeur du site de Delpeyrat en Vendée, référent pour Coop de France sur la question aviaire et président de la FIAC Foie Gras. Problème, l’industrie attend toujours le montant promis l’an dernier par le gouvernement en compensation de la grippe aviaire de fin 2015-début 2016, qui avait déjà fait chuter la production de 25%. "Nous sommes le seul maillon de la chaine qui n’a toujours pas reçu de validation par Bruxelles du système d’indemnisation pour la précédente campagne !"

"Des failles" dans le système

Mais comment prévenir de futures épidémies ? La Confédération paysanne avait dénoncé "les responsabilités" de l'élevage industriel "dans la propagation du virus", accusant "l'hyper-segmentation" de la filière d’être "source de crises sanitaires à répétition". Auprès du ministre, qui a admis "des failles" dans le système, les producteurs se sont donc engagés à mettre en oeuvre de nouvelles mesures de biosécurité.

Des investissements avaient déjà été réalisés l’an passé, mais les process peuvent être améliorés afin de stopper la propagation des virus. "Dans la partie transports, une grande partie de la logistique est managée et commanditée par aval, et le nettoyage et la désinfection des outils de transport en sortie de nos usines nous incombent, reconnaît Michel Fruchet. Nous travaillons sur ce sujet depuis août dernier. Il nous faudra aussi avoir des contenants plus facile à nettoyer." Des protocoles d’hygiène spécifiques devront être appliqués dans tous les maillons de la chaîne, et non plus seulement à l’échelle des éleveurs et transporteurs.

Enfin, un audit sera réalisé à travers toutes les exploitations "pour vérifier que les règles de biosécurité sont bien mises en place" a indiqué Stéphane Le Foll. "Nous nous sommes engagés à faire la même chose dans nos usines", assure Michel Fruchet. Mais, pour lui, la situation reste économiquement tendue. Au sein du groupe Delpeyrat, le volume des trois abattoirs industriels du Sud-Ouest est généralement de 120 000 canards par semaine à cette saison. "La semaine prochaine, nous n’aurons que 14 000 canards à abattre ! Avec quoi vais-je livrer mes clients ?", s’inquiète-t-il.

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