Grève du 18 octobre : privé et public se rejoignent sur la pénibilité

Les trafics SNCF et RATP sont très perturbés, aujourd'hui, par la mobilisation pour la défense des régimes spéciaux. Plusieurs dizaines de débrayages devraient avoir lieu.

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Grève du 18 octobre : privé et public se rejoignent sur la pénibilité
Les transports connaissent aujourd'hui leur jeudi noir. Le mouvement social en faveur de la défense des régimes spéciaux est particulièrement suivi dans le secteur public.

Dans le secteur privé, aucun mot d'ordre général n'a été donné par les organisations syndicales. Mais un certain nombre de salariés, de la métallurgie notamment, devraient rejoindre les rangs des manifestants au nom de la « pénibilité au travail ». Selon la CGT « environ une centaine d'arrêts de travail » devraient avoir lieu dans le secteur métallurgique.

La présence du secteur privé devrait rester plus symbolique que massive. « Ce n'est pas la même ferveur que d'habitude », reconnaît un syndicaliste.

A Sochaux (Doubs), la CGT de Peugeot Citroën a appelé à un débrayage des quelque 13 000 ouvriers du site à 9h30 demain matin. « Ce n'est pas en faisant reculer les autres qu'on va avancer. Plutôt que de revenir sur les régimes spéciaux de la fonction publique, il faut revoir la carte des métiers pénibles », affirme Bruno Lemerle, secrétaire CGT de l'usine PSA.

« Pendant vingt-cinq ans, on a bénéficié d'une forme de régime spécial, la plupart des ouvriers partaient avant soixante ans en retraite. Depuis deux ans, l'arrêt de ces départs anticipés a été vécu comme un mauvais choix par les salariés », reprend-il.

Espérance de vie réduite

Dans l'usine de verre Saint-Gobain de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), qui emploie près de 310 salariés, le mot d'ordre est identique. « On veut mettre en avant la pénibilité du travail. Cela fait des mois, voire des années, que nous réclamons la prise en compte de celle-ci. Les négociations entre les instances patronales et les syndicats sur le sujet n'avancent pratiquement pas», explique Sylvain Dufour, élu au CCE du site. « Quand quelqu'un a travaillé de nuit, dans l'industrie du verre, il n'a pas la même usure arrivé à 60 ans. Cette usure, il faut la reconnaître », reprend-il.

Débutée dans le cadre de la réforme Fillon sur les retraites, la discussion sur la pénibilité du travail se poursuit difficilement depuis deux ans. Elle vise à permettre aux salariés des métiers dits pénibles de partir en retraite anticipée, afin de tenir compte de leur espérance de vie réduite.

Mais les syndicats du secteur privé restent divisés sur la stratégie à adopter. A PSA Sochaux, Force ouvrière a préféré ne pas donner de mot d'ordre. « Il y aura une délégation à Belfort et on a demandé aux salariés de soutenir le mouvement », reconnaît Pascal Pavillard, délégué syndical FO Métaux de Sochaux. « Mais les métallos ne se sentent pas très concernés. La retraite à 37 ans et demi, on en est loin. On est déjà à 40 ans, bientôt 41 peut-être », soupire-t-il.

Solène Davesne

Les secteurs concernés par la grève du 18 octobre

A la SNCF, où les huit centrales syndicales ont appelé à un front commun, seul 46 TGV sur les 700 normalement prévus devraient circuler. Même chose sur les trains Corail - 10 trains prévus jeudi seulement - et les TER.

A Paris, le trafic devrait être quasi nul sur les deux lignes A et B du RER tandis que métro et bus ne fonctionneront qu'au ralenti avec 15 % de bus RATP en circulation normalement. En province, des perturbations dans les transports en commun de 27 villes sont également à prévoir.

Dans l'énergie, sept syndicats appellent à la grève à EDF et de GDF. Les agents de l'ANPE et de l'Unedic, qui doivent prochainement fusionner, doivent aussi manifester.

Dans la fonction publique, la FSU dans l'enseignement, CGT, FO et solidaires se joignent au mouvement.

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