Grenoble veut obliger les salariés de la Presqu’île à partager leurs voitures

Exemplaire, le plan de déplacement inter-établissements Grenoble Presqu'île (PDIE) bute sur la voiture partagée. Le CEA, Siemens, Schneider Electric et consort se sont résolus aux actions coercitives.

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Grenoble veut obliger les salariés de la Presqu’île à partager leurs voitures
L'association du Plan de Déplacement Inter-Etablissements Grenoble Presqu'île (PDIE) veut descendre à 2O% d'auto-solistes en 2025.

Autant le dire tout de suite. La fiscalité écologiquement en général, la contribution énergie climat en particulier, ne va pas pousser les Français qui utilisent leur voiture pour aller travailler à la partager, ou à partager celle d’un(e) autre. "L’augmentation du prix du carburant ne va pas aider", prévient Bruno Renard, responsables des services généraux et de la responsabilité sociétale du CEA et président de l’association gérant le Plan de Déplacement Inter-Etablissements Grenoble Presqu'île (PDIE), qui représente 16 établissements de la recherche, de l’industrie (dont Siemens et Schneider Electric) et de l’enseignement supérieur, soit 16 000 usagers sur 250 hectares. Selon lui, les approches "vénales ne marchent pas". Il faut travailler sur la sociologie et l’évolution des comportements.

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Réserver le parking

Certes, rembourser jusqu’à 85% (au CEA) de l’abonnement aux transports en commun a convaincu les salariés de la Presqu’île habitant près d’une gare de laisser leur voiture au parking. Et la sécurisation des pistes cyclables et des parkings à vélos, sur une zone sans relief, permet à la ville de comptabiliser jusqu’à 21% de cyclistes, soit encore mieux que Strasbourg (16%). Mais pour atteindre l’objectif du PDIE de ramener à 20% la part d’auto-solistes en 2025, contre 44% en 2014, il faut encore gagner “10% de covoiturage sur 7000 véhicules des salariés habitant la montagne", explique Bruno Renard. Or jusque-là rien n’y a fait. "Les incitations, mêmes financières, ne fonctionnent pas", rappelle le président de PDIE.

Des Zoé à disposition

Alors les membres de l’association ont décidé début novembre de passer aux mesures coercitives. Ils vont limiter le stationnement et le réserver aux adeptes du covoiturage ou de l’autopartage. Le plan prévoit quand même quelques incitations, comme des voies d’autoroute réservées à l’autopartage et des rémunérations aux passagers. L’association a surtout trouvé un moyen de sécuriser le retour, qui est le premier frein à la voiture partagée. Une dizaine de Zoé seront mise à disposition des passagers qui n’ont plus leur chauffeur pour rentrer. Une expérimentation de six mois devrait débuter en février 2019.

Anticiper les fraudes

En attendant des systèmes de contrôle, basés par exemple sur la présence dans un même véhicule des smartphones des conducteurs et passager, l’accès au dispositif se fera après déclaration sur l’honneur. La fraude, largement observée notamment par Ile de France mobilité, est en effet un des écueils. "Il y a une nécessité pour les autorités organisatrice et les opérateurs de mobilité à mettre en place une preuve de covoiturage", observe Jérémie Almosni, chef du service transport et mobilité à l’Ademe. Dans ce domaine, le numérique sera la clé.

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