L'Usine Energie

Greenpeace se porte acquéreur des mines de charbon de Vattenfall en Allemagne

Franck Stassi , , ,

Publié le , mis à jour le 07/10/2015 À 15H14

La branche suédoise de Greenpeace souhaite acquérir les activités allemandes liées au lignite du groupe public Vattenfall, mises en vente, afin d’en geler le développement.

Et si Greenpeace se lançait dans le charbon ? La division suédoise de l’organisation non-gouvernementale a annoncé son intention de se porter candidate au rachat des activités allemandes de lignite de Vattenfall, le troisième producteur d’électricité en Allemagne.

Propriété de l’Etat suédois, Vattenfall compte céder outre-Rhin ses activités d’extraction et de production (mines et centrales thermiques) de lignite, un sédiment fossile d’origine organique, ainsi que dix centrales hydroélectriques. "Si cette activité est vendue à un autre acquéreur il est probable que jusqu'à cinq nouvelles mines ouvrent. Ces mines contiennent une quantité de dioxyde de carbone qui serait équivalente à 1,2 milliard de tonnes", s’est justifié Greenpeace Suède, qui a fait part de son intérêt à la banque d’affaires Citigroup, chargée de trouver un acquéreur. "Nous avons une bonne connaissance de la question de l'avenir du marché de l'énergie et de l'évolution des politiques climatiques", assure sa présidente, Annika Jacobson.

Un gel des nouveaux développements avant une fermeture de l’activité

Greenpeace Suède ne fait guère de mystère sur son intention de mettre fin aux activités dans le charbon incluses dans le lot proposé par Vattenfall. La structure mise en vente représente actuellement 10% de l'approvisionnement électrique allemand et 8000 employés. "Notre ambition est d'acheter l'entreprise aussi rapidement que possible, de fermer les usines de charbon et d'arrêter tous les préparatifs de plusieurs nouvelles mines. Lorsque le gouvernement suédois ne prend pas ses responsabilités, nous devons prendre les choses en main", se justifient ses dirigeants.

Avant de faire part de ses intentions d’achat, la division suédoise de Greenpeace a mené de multiples actions sur le terrain et lancé un site internet dédié à l’impact environnementale des activités allemandes de Vattenfall. L’ONG affirme avoir déjà recueilli 50 000 signatures en faveur du maintien du lignite dans le sol. "Les chercheurs qui ont étudié le total des dépôts du monde ont conclu que 89% du lignite européen doit rester dans le sol", souligne Greenpeace.

A l’approche de la COP 21, dans un contexte également marqué par une forte baisse des prix des matières premières et par le ralentissement économique chinois, les candidats ne se bousculent pas au portillon pour une activité polluante et financièrement incertaine. Les producteurs américains de charbon ou bien encore le suisse Glencore, en pleine restructuration, mettent la pédale douce sur ce matériau… Que l’ONG entre ou non en négociations avec Citigroup, le processus de vente devrait s’étaler jusqu’en 2016, précise Vattenfall.

Franck Stassi

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte