Greenpeace pointe la sécurité des piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés

Selon un rapport de Greenpeace, non public pour des raisons de sécurité et de défense, les piscines de refroidissement du combustible usé des centrales nucléaires françaises et belges ne sont pas assez protégées face à des menaces d’attaques terroristes.

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Greenpeace pointe la sécurité des piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés

Dans sa panoplie d’opérations coup de poing, Greenpeace France a choisi le rapport d’experts pour mettre sur la table le problème de la sécurité des centrales nucléaires. Un rapport, remis ce mardi 11 octobre 2017 en main propre par Jean-François Julliard, président de Greenpeace France, aux autorités concernées, pointe en effet la vulnérabilité des piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés face aux attaques terroristes. Pas question de donner accès à des personnes malveillantes aux quatre scénarios qui évaluent les risques d’attaque à l’explosif par avion, par hélicoptère, par missile ou de l’intérieur, et leurs conséquences. Même si le rapport a été rédigé a partir de données publiques.

Vulnérables aux attaques à l'explosif

Selon les sept auteurs du rapport, toutes les piscines de refroidissement des centrales françaises et belges sont vulnérables. Et les conséquences d’une attaque à l’explosif de ces installations seraient bien supérieures à celle d’un accident nucléaire sur une chaudière nucléaire. "En cas d’incendie d’une piscine d’entreposage, les conséquences seraient beaucoup plus graves qu’à Tchernobyl ou Fukushima, explique David Boiley, spécialiste de la radioactivité et président de l‘Acro. Sous vent porteur la diffusion de la radioactivité pourrait atteindre des centaines de kilomètres. Aucun pays ne peut être prêt à évacuer une telle zone." D’autant qu’en cas d’attaques c’est dans l’heure qu’il faudrait évacuer les populations.

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Plus grave qu'un accident de réacteur

Greenpeace pointe aussi la séparation entre les questions de sûreté nucléaire et de sécurité à des attaques extérieures, qui ferait que ce problème de sécurité des piscines serait "mis sous le tapis". Si le premier est du ressort de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui se préoccupe du design des sites et du risque d’accident nucléaire, le second relève des autorités de Défense. Les piscines en services ont toutes été conçues à une époque où les risques d’attaques n’étaient pas aussi forts. "Le fait même que le design de la piscine de l’EPR de Flamanville, conçue après le 11 septembre 2001, prévoit une protection aussi épaisse que celle du réacteur disqualifie le design des piscines des autres centrales construites avant", pointe Yannick Rousselet, en charge de la sûreté nucléaire chez Greenpeace France. Pour lui "toutes les piscines sont en carton mais personne n’en parle". Sauf Greenpeace, qui entend bien "mettre le problème sur la table" avec ce rapport.

1 milliard d'euros pour la bunkerisation

Le rapport avance bien sur des recommandations. "Il faut des mesures pour réduire l’inventaire des combustibles dans les piscines, renforcer dans les meilleures délais la robustesse de ces installations et construire dans les meilleurs délais des capacités d’entreposage plus robustes", liste Yves Martignac, consultant et directeur de Wise-Paris. Quant aux coûts de ces mesures, Greenpeace ne les a pas chiffrées, mais la "la bunkerisation d’une piscine couterait environ un milliard d’euros", évalue David Boiley. Une charge a priori non prévue dans les prévisions pour l’opération de grand carénage qu’EDF a lancé pour prolonger la vie de ses centrales au-delà de 40 ans.

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