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L'Usine de l'Energie

Greenpeace lance une alerte sur la saturation des déchets nucléaires

Olivier Cognasse , , , ,

Publié le

Greenpeace France a publié, mercredi 30 janvier 2019, un rapport sur la "crise mondiale des déchets nucléaires". L’ONG milite pour le stockage à sec en sub-surface et demande à la France de stopper le retraitement des combustibles usés.

Greenpeace lance une alerte sur la saturation des déchets nucléaires
Greenpeace France a publié, mercredi 30 janvier 2019, un rapport sur la "crise mondiale des déchets nucléaires".

L’ONG Greenpeace France a demandé à six experts internationaux de se pencher sur la problématique des déchets nucléaires dans sept pays particulièrement nucléarisés - Belgique, France, Japon, Suède, Finlande, Grande Bretagne et États-Unis. "La crise mondiale des déchets nucléaires" conclut à la saturation de déchets nucléaires produits à chaque étape de la production.

"En France, on fabrique tous les jours des déchets, car nous avons choisi de continuer à faire du retraitement de combustibles", dénonce Bernard Laponche, l’un des six experts qui ont rédigé ce rapport. "Nous sommes les seuls à continuer. Le Royaume-Uni a abandonné, rappelle Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France. Le retraitement est une ineptie."

Moins de 1% des 1200 tonnes de combustibles usés produits chaque année en France sont réutilisés, ce qui engendre des stocks importants. "C’est comme pour le Minitel, on n’avait pas compris qu’il y avait Internet", analyse Yannick Rousselet.

60 ans d’accumulation de déchets radioactifs  

Mais cette crise mondiale des déchets nucléaires est expliquée dans le rapport par l’accumulation de ces déchets depuis 60 ans, c’est-à-dire depuis l’extraction de l’uranium jusqu’au retraitement. Dans le monde entier, selon Greenpeace, il y a 2,4 milliards de tonnes de résidus de traitement d’uranium et 370 000 tonnes de métal lourd (tML) de combustible usé. Sans parler du démantèlement des centrales nucléaires qui, à l’avenir, va charger encore un peu plus la barque.

Les déchets à haute activité à vie longue resteront radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années. Et les coûts liés à la gestion et au stockage de ces déchets ne font qu’augmenter à mesure que les exigences de sûreté nucléaire se renforcent.

Ce rapport doit alimenter le futur débat national sur la gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR). Greenpeace souhaite participer au débat, même s’il prône la sortie du nucléaire, l’abandon des projets Cigéo à Bure et de la piscine centralisée d’EDF et l’arrêt immédiat de la politique de retraitement des déchets. L'association comprend le refus des opposants à Cigéo qui ont subi "une très forte répression policière", condamne Greenpeace.

Le stockage à sec, solution privilégiée par Greenpeace

L’ONG anti-nucléaire évoque deux problèmes majeurs pour la France : la saturation du stockage à l’usine Orano de la Hague, dont les capacités seraient de 5% - un chiffre contesté par Orano - et les limites du projet Cigéo à Bure. "Il n’y a aucune réversibilité dans le projet d’enfouissement Cigéo en couche géologique profonde, rappelle Bernard Laponche. La moitié du stockage à sec réalisé aux États-Unis est le fait d’Orano. Alors, on pourrait très bien le faire en France." Et de citer les deux pays nucléarisés les plus avancés : la Finlande et la Suède qui ont choisi la voie du granit pour placer les conteneurs de déchets radioactifs.

Le rapport met donc en évidence les dangers du stockage en profondeur de type géologique privilégié par plusieurs pays, avec des risques d’incendie, d’explosion et de contamination des eaux. Et de rappeler que "les déchets vitrifiés de très haute activité ne pourront pas être enfouis avent 2070-80, indique Yannick Rousselet. 

En marge de ce rapport, Bernard Laponche s’inquiète de l’état de l’usine de la Hague et de la perte de confiance du personnel. Plus généralement, "les gens n’ont plus tellement envie de travailler dans le nucléaire en France. Au lieu d’organiser la retraite du nucléaire, on s’obstine, mais il est normal que les jeunes générations de scientifiques et d’ingénieurs préfèrent travailler dans d’autres secteurs". Un constat qui renforcera l’inquiétude de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) face à une perte de compétences de la filière.

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1 commentaire

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31/01/2019 - 10h56 -

Greenpeace à raison ! Imaginer stocker des montagnes de déchets toxiques, radioactifs et contaminants toujours en activité, sans possibilité d'exclure ceux qui pourraient s'échauffer, donc de pouvoir s'enflammer, au risque de propager l'incendie dans tout les tunnels,sans possibilité d'action humaine est criminel ! Car aucun système connu ne serait capable d'éteindre un incendie de ce type ! En propageant l'hyper-chaleur de proche en proche, l'incendie fera effondrer les couches géologiques sensées nous protéger de la contamination .Avec le risque d'amener de l'eau au contact du piège radioactif. Donc de ramener la contamination en surface et d'étendre cet empoisonnement aux sources, rivières, fleuves et à la mer.Et les conséquences qui découleraient de cette malédiction !
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