Grèce: La réforme du travail adoptée par le parlement sur fond de contestation

ATHÈNES (Reuters) - Les députés grecs ont approuvé mercredi un projet de réforme du code du travail permettant aux employés de travailler plus longtemps quotidiennement en échange de davantage de temps de récupération, une mesure ayant provoqué des grèves et des manifestations à l'initiative des syndicats.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Grèce: La réforme du travail adoptée par le parlement sur fond de contestation
Pour la deuxième fois en une semaine, le personnel des transports publics d'Athènes s'est mis en grève ce mercredi pour manifester contre un projet gouvernemental de réforme du code du travail en Grèce. /Photo prise le 16 juin 2021/REUTERS/Alkis Konstantinidis

Le gouvernement conservateur du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, qui dispose d'une confortable majorité parlementaire, ambitionne de moderniser une législation du travail remontant à des décennies, à une époque où internet n'existait pas et les employés travaillaient à heures fixes que ce soit dans les bureaux ou les usines.

Après de longs débats lors desquels les partis de l'opposition ont fermement dénoncé le projet de loi, le texte a été adopté avec 158 voix sur les 300 que compte le parlement.

Pour la deuxième fois en une semaine, le personnel des transports publics d'Athènes s'était mis en grève dans la journée afin de protester contre cette réforme qui, selon les syndicats, va saper les droits des salariés et mettre fin à la journée de huit heures. Les bateaux sont restés à quai, et de nombreuses lignes de bus, métro et trains ont été suspendues.

Les salariés d'autres secteurs ont également observé des arrêts de travail et participé à plusieurs manifestations dans le centre de la capitale grecque.

L'un des éléments les plus contestés de cette réforme est la possibilité de travailler jusqu'à 10 heures certains jours et de le compenser par d'autres journées plus courtes. Pour les syndicats, le risque est que les employeurs en profitent pour contraindre leurs salariés à effectuer des journées plus longues.

Cette réforme introduit aussi un droit à la déconnexion et crée une "carte de travail numérique" permettant de surveiller en temps réel les horaires de travail des employés. Elle porte à 150 le nombre d'heures supplémentaires autorisées chaque année.

(Angeliki Koutantou et George Georgiopoulos; version française Laura Marchioro et Jean Terzian)

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS