Grèce : l’industrie pharmaceutique réagit contre les hôpitaux mauvais payeurs

Plombés par la crise, les hôpitaux publics grecs peinent depuis plusieurs années à régler leurs dettes auprès des laboratoires pharmaceutiques. Excédé, Roche a décidé de ne plus livrer ceux qui ne joueraient pas le jeu.

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Grèce : l’industrie pharmaceutique réagit contre les hôpitaux mauvais payeurs

La crise grecque s’étend désormais… à l’industrie pharmaceutique mondiale. Interrogé par le Wall Street Journal, le directeur général du groupe suisse Roche, Severin Schwan, a déclaré samedi ne plus approvisionner en médicaments certains hôpitaux qui n’avaient pas remboursé leurs dettes. "Il y a des hôpitaux qui n'ont pas payé leurs factures depuis trois ou quatre ans. On en arrive à un point, où on ne peut plus faire des affaires normalement."

Interrogée par L’Usine Nouvelle, la porte-parole du groupe confirme cette mesure, entamée cet été, sans préciser le nombre d’établissements concernés. "Nous avons eu des discussions avec toutes les parties prenantes en Grèce. Jusqu’à l’année dernière, nous livrions certains hôpitaux publics qui nous devaient des dettes depuis 2007 ! Mais cette année, nous avons décidé de ne plus fournis ceux qui ne régleraient pas leurs factures. Ce problème s’étend à toute la Grèce."

Une dette des hôpitaux publics de 1,2 milliard d’euros !

Et à tous les laboratoires… Car selon l’Association grecque des entreprises pharmaceutiques (SFEE), les hôpitaux publics du pays avaient, au 30 juin, réglé seulement 37% (soit 0,7 milliard) des1,9 milliard d’euros de médicaments délivrés depuis 18 mois par les membres de la SFEE !

L’année dernière, Novo Nordisk avait déjà pris une mesure de rétorsion, raconte le Wall Street Journal. Durant quelques semaines, le laboratoire danois aurait arrêté de fournir certaines marques d’insuline, suite à la décision de la Grèce de diminuer les prix de plus de 25%... avant que cette dernière n’accepte de revenir en partie sur ses réductions.

Sollicité par l’Usine Nouvelle, le laboratoire britannique GSK n’a pas, pour sa part, pris de telles mesures. "Nous avons des soucis de règlement en Grèce comme la plupart des entreprises pharmaceutiques, mais nous n’avons pas pour autant arrêté ou diminué nos livraisons, explique la porte-parole de la filiale France. Nous essayons pour le moment de négocier avec le gouvernement grec de façon constructive."

Chez Roche, on estime faire preuve de souplesse, afin de prendre en compte les besoins des patients. "Nos médicaments vont toujours en Grèce, affirme la porte-parole. Nous vendons moins de médicaments aux hôpitaux publics, mais nous vendons plus aux pharmacies. Au pire, les patients qui ne trouveraient pas leur médicament à l’hôpital peuvent se le procurer auprès des pharmacies ou des hôpitaux privés. Notre obsession est de continuer à surveiller de près cette situation, et de renouer le dialogique. Depuis septembre, nous avons offert aux hôpitaux endettés – dont un par exemple nous doit 3 millions d’euros – de leur livrer, indépendamment de leurs dettes, un médicament en échange d’une petite somme d’argent. Et nous avons un programme d’urgence qui fournit gratuitement aux établissements certains médicaments, pour des transplantations par exemple".

Des problématiques similaires en Espagne

Il y a quelques mois, Roche a accepté une offre du gouvernement grec de payer une partie de ses factures en obligations d’Etat. " Nous avons dû accepter, sinon nous n’aurions rien eu du tout, confie la porte-parole. Mais nous les avons revendus avec une décote de 26% en raison de la crise financière…".

Les difficultés de paiement rencontrées par le laboratoire ne se limiteraient pas à la Grèce. Selon le Wall Street Journal, Severin Schwan envisagerait également d’arrêter certaines livraisons en Espagne, voire au Portugal et en Italie où de nombreux hôpitaux publics n’honorent également pas leurs dettes.

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