Grand emprunt: pour qui ?

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Grand emprunt: pour qui ?

Travail dominical pour François Fillon qui a réuni ses ministres pour plancher sur le grand emprunt et ses modalités. Avant même de savoir à quoi il sera destiné, Alain Juppé, co-président de la commission chargée de définir les priorités du grand emprunt, a fixé son montant à 50 milliards d’euros maximum. Michel Rocard table lui sur un peu plus de 30 milliards. Le montant total devrait être fixé fin octobre, début novembre au plus tard.

Pour les modalités, le gouvernement oscille entre un appel aux marchés financiers et Edouard Balladur pour un appel au seul public. Ce sera sans doute un mixte. (Nouveau débat quand aux modalités : Le gouvernement s’est pronnoncé en faveur d’un appel aux marchés financiers, tandis qu’Edouard Balladur, le dernier premier Ministre à avoir lancé un emprunt public, milite pour un appel à l’épargne du seul public. Ce sera sans doute un mixte qui sera retenu.

La question principale n’est pas tant la levée de fonds que leur destination. Sur ce point, Juppé et Rocard sont formels, ils n’iront pas prioritairement vers le financement d’infrastructures. Pourtant, Nicolas Sarkozy a cité l’aménagement du territoire comme une des priorités, avec l’éducation, la formation professionnelle, la recherche, la santé et l’innovation...Un catalogue de priorités. Pour sa part François Fillon tablait sur le numérique, les logiciels, les nanotechnologies et les biotechnologies. Les deux sont d’accords sur la voiture du futur et la croissance verte.

D’ores et déjà, la file des demandeurs pour bénéficier de cette manne se bousculent : les partenaires sociaux pour financer le fonds de retraite, le ministère de la justice pour financer de nouvelles prisons, le secteur des biotechs pour relancer la recherche et retrouver un peu de liquidité alors que les investissements ont chuté de 70% sur ce secteur, etc. Il y en aura d’autres.

L’exécutif ne veut pas « d’une logique de saupoudrage ». Soit. Toutefois, il sera difficile au gouvernement de résister à la litanie des demandeurs dont le secteur est celui le « plus porteur de croissance ». Ils sont nombreux.

Dans le même type d’exercice, le Japon, ultra déficitaire, a décidé de concentrer l’essentiel de son budget à la recherche en électronique et surtout en robotique. Persuadé que c’est le secteur le plus prometteur en termes de croissance et de besoins futurs. Nicolas Sarkozy devra aussi trancher et avoir une vraie vision prospective. Le haut-débit ? les biotechs ? Les logiciels ? L’ambition n’est pas avec cette somme d’aider un secteur en difficulté, quel qu’il soit, mais bien de miser sur les secteurs qui seront les plus générateurs de croissance dans l’avenir.

Les choix, quels qu’ils soient, créeront de toute façon critiques et frustrations.

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