Grâce à Naval Group, le Brésil développe ses premiers sous-marins

Dans la base marine d'Itaguai à l'ouest de Rio, les Brésiliens, en partenariat avec Naval Group, commencent à développer et produire leurs propres sous-marins conventionnels. Avec demain, l'ambition affichée de rejoindre le club très restreint des pays capables de réaliser un sous-marin à propulsion nucléaire.

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Grâce à Naval Group, le Brésil développe ses premiers sous-marins
Cérémonie officielle célébrant la réalisation de ce premier sous-marin brésilien

Itaguai près de Rio, nouvelle fierté industrielle et militaire du Brésil. Dans cette base marine, le président de la République fédérative Michel Temer a procédé mardi 20 février au lancement des opérations d'assemblage des sous-marin brésiliens de nouvelle génération. Dans le grand hall d'intégration et dans la base navale construits pour l'occasion, le résultat est visible sur 71 mètres de long, les trois tronçons qui constitueront le premier exemplaire d'une série de quatre, n'attendent plus qu'à être joints.

Démarrés deux ans après la signature du programme en 2008, les travaux pour la construction de la base navale ont été colossaux et ont nécessité de percer un tunnel de 700 mètres de longueur et de 14 mètres de diamètre dans la montagne environnante pour relier le site de fabrication des tronçons à celui du hall d'assemblage.

Dans l'auditoire, les officiers de la marine brésilienne dans leur uniformes blancs attendent ces sous-marins avec patience pour protéger les 8500 km de façades côtières. La mise à flot du premier sous-marin, en phase d'armement, interviendra en 2018. Les trois exemplaires suivants seront produits à raison d'un tous les 18 mois.

Naval Group s'est associé à Odebrecht

Hervé Guillou, le patron de Naval Group, figure parmi les invités d'honneur. Le Brésil a pu réaliser cette ambition grâce à un transfert de technologies inédit réalisé avec le fabricant numéro un de la marine française. L'industriel partage le design de son sous-marin Scorpène dédié aux marché exports, fait monter en puissance les acteurs de la supply chain locale et assure une prestation d'assistance technique.

Naval Group s'est associé avec l'industriel local Odebrecht à travers la société ICN. Ses 2000 salariés sont en charge de la fabrication des sous-marins. S'il n'est actionnaire qu'à 41%, Naval Group détient le contrôle opérationnel. Le contrat global qui inclut également la construction du chantier, des sous-marins et de la base navale, est évalué à 6,7 milliards d'euros, dont 40% reviennent à Naval Group. C'est tout simplement le plus important contrat international de l'histoire du groupe.

Accord de coopération stratégique

Toutefois la construction de sous-marins conventionnels n'est qu'une étape pour les Brésiliens. Le pays du président Michel Temer, a l'ambition de construire son premier sous-marin à propulsion nucléaire. Depuis la signature en 2008 d'un accord de coopération stratégique dans le domaine de la défense entre les présidents Lula et Sarkozy, la France s'est imposée comme le partenaire idéal pour atteindre cet objectif.

Plus rapide (jusqu'à 20 nœuds de vitesse), capable de plonger jusqu'à 350 mètres de profondeur, ce type de sous-marin apporte une supériorité technologique grâce à une autonomie limitée seulement par la résistance de son équipage, contre une autonomie limitée à une cinquantaine de jours en mer pour les modèles conventionnels. Un saut inédit pour ce pays de 207 millions d'habitants, le 6eme le plus peuplé du monde.

Le Brésil entrerait ainsi dans le club réservé à un petit nombre de pays: les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, l'Inde et la France. Afin de respecter le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), la France a fixé une limite rouge: le transfert de technologies s'arrête à la partie non nucléaire du sous-marin (équipements conventionnels, conduite de projets, construction d'infrastructures industrielles). La conception et la réalisation de la chaufferie nucléaire reste exclusivement l'affaire de la marine brésilienne.

Transferts de technologies

En partageant une partie de son savoir-faire aux chantiers brésiliens, Naval Group ne risque-t-il pas de créer un concurrent ? L'industriel tricolore veut croire que non. Selon lui, disposer des plans du navire ne suffit à avoir une maîtrise totale du navire dans le temps et faire face à d'éventuels difficultés que ce soit au moment de la fabrication, de l'exploitation ou de la maintenance. La garantie pour les Brésiliens d'acquérir et de conserver cette maîtrise résiderait donc dans le maintien la société commune ICN...détenue à 40% par Naval Group.

Sur le plan commercial, Naval Group a introduit des clauses restrictives dans le contrat qui le lie à son partenaire. Les Brésiliens ne pourront pas proposer de sous-marins issus du design des Scorpène contre son Naval Group. Au contraire, l'industriel se positionne dans une logique de partenariat stratégique et mise sur la société franco-brésilienne pour accroître ses succès à l'exportation.

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