Gouvernements, encore un effort pour être bas carbone

Richard Baron, auteur du rapport de l’OCDE "Aligner les politiques pour une économie bas carbone" revient pour l’Usine Nouvelle sur quelques mesures essentielles à prendre pour aller dans le bon sens.

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L’économie mondiale aura besoin de 90000 milliards de dollars d’investissements en infrastructures dans le bâtiment, le transport et l’énergie entre 2015 et 2030. Un financement nécessaire pour aller vers une économie bas carbone.

Le rapport de l’OCDE (Organisation for economic co-operation and development) - "Aligner les politiques pour une économie bas carbone" -, publié récemment, au-delà des investissements colossaux qui seraient nécessaires, met l’accent sur la cohérence entre les ministères au sein d’un gouvernement pour mener une politique bas carbone.

"Il faut que les ministres qui ne sont pas directement concernés par le climat passent en revue la politique menée par leur ministère pour voir si elle va dans le sens d’une neutralité carbone", explique Richard Baron, coordinateur des projets transverses pour l’alignement des politiques pour le bas carbone au sein de l’OCDE.

Et de citer des exemples édifiants comme celui des véhicules de sociétés. "Ils représentent 19% du parc de voitures des pays de l’OCDE et atteignent 30 milliards d’euros de dépenses pour les Etats, en raison d’une fiscalité avantageuse. Or, ces véhicules sont plus gros, moins efficaces et conduits sur des distances plus longues que pour le reste du parc".

Il évoque aussi un marché de l’électricité inadapté, véritable frein à l’investissement. D’où la nécessité d’aller vers moins de centralisme et l’autoconsommation…

Des outils de reporting comparables
Le rapport s’attaque aussi aux taxes foncières et à la rétribution des notaires chaque fois que l’on déménage, notamment en France. "C’est la taxe la plus absurde. Elle supprime toute flexibilité dans la recherche d’un emploi, elle augmente les distances", regrette Richard Baron.

Les propriétaires de maisons et d’appartements n’osent pas déménager pour changer d’emploi ou raccourcir leur temps de transport. C’est donc un accélérateur de kilomètres parcourus et un frein à la flexibilité dans l’emploi.

Enfin, il insiste sur la nécessité pour les entreprises de mettre en place des outils de reporting comparables, entre elles et entre les différents pays pour aller vers la neutralité carbone. Ces outils devraient être obligatoires, car chacun fait son rapport dans son coin et les éléments de comparaison n’existent pas. "La bonne nouvelle provient du fait que la finance a compris que le climat lui fait porter un véritable risque."
Olivier Cognasse, au Bourget

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