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Gouvernement Ayrault : les 11 ministres qui influeront sur l'industrie

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Après des heures de rumeurs et de conjectures, la liste des ministres choisis par Jean-Marc Ayrault et François Hollande a été communiquée en fin de journée, ce 16 mai 2012. Une équipe gouvernementale présentée par Pierre-René Lemas, le nouveau secrétaire général de l'Elysée. Plusieurs portefeuilles concernent l'industrie. Passage en revue de celles et ceux qui particperont à la mise en oeuvre de la politique du président de la République, François Hollande.

Les entreprises citées

Ministre du Redressement productif
Arnaud Montebourg
Lejaby, fonderies du Poitou, Pétroplus… Ces derniers mois, Arnaud Montebourg a beaucoup visité d'usines. Le troisième homme de la primaire socialiste de l'automne, s'est vu confier par François Hollande la mission de réaliser un "tour de France" de la désindustrialisation et des sites industriels menacés. Le député de Saône-et-Loire a capitalisé sur cette expérience pour décrocher la tête du ministère du redressement productif. Un intitulé qui claque comme un slogan et une consécration pour cet avocat de formation  de 49 ans, dont c'est la première expérience ministérielle. "Cette troisième révolution industrielle, comme l'appelle Jeremy Rifkin, qui s'appuie sur le tandem énergies renouvelables et réseau internet, me paraît être l'horizon sur lequel l'Europe a des atouts et de l'avance", assurait Arnaud Montebourg dans une interview à L'Usine Nouvelle en février. Brillant orateur, son tempérament fougueux risque de faire des étincelles avec les grands industriels. D’autant qu’Arnaud Montebourg défend une ligne interventionniste de l’Etat dans la politique industrielle. "Nous pensons que l'urgence autour du tissu industriel exige que nous prenions des décisions draconiennes et dirigistes, car notre économie est en danger", affirmait-il en mars devant les salariés des laboratoires Fournier, près de Dijon, l’une de ses étapes de son tour de France. Chantre de la démondialisation, dont il a fait le thème principal de sa campagne des primaires, le nouveau ministre n’est cependant pas en charge des questions de commerce extérieur, qui rentre dans le périmètre de Pierre Moscovici. L’auteur "votez pour la démondialisation", qui avait voté "non" lors du référendum européen défendait la mise en place d’une politique commerciale "moins naïve" et de rééquilibrer les règles du commerce extérieur.

Ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur
Pierre Moscovici
Efficace directeur de campagne du candidat Hollande, qu’il a rallié après le retrait de son mentor Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici, l'énarque de 54 ans, a une connaissance de l’industrie grâce à sa circonscription du Doubs, où se situe le grand site automobile de PSA Sochaux et son bassin de sous-traitants automobiles. Il est d’ailleurs vice-président du cercle de l’industrie (Lobby des grands groupes industriels) dont la présidence a été reprise par Philippe Varin, président du directoire de PSA.  Pierre Moscovici prend la tête du ministère de l’économie, des Finances et du commerce extérieur.  Il entre en politique en 1986  dans le cabinet de Lionel Jospin, alors Ministre de l’éducation. Dix ans plus tard, il devient le ministre des affaires européennes du même Jospin, poste qu’il occupera  pendant 5 ans de 1997 à 2002.   Après le départ de son mentor, il hésite à se lancer lui-même dans les primaires socialistes. Européen convaincu, habitué des contacts internationaux, il a participé à la prise en charge de l’agenda international du nouveau président. A l’Assemblée nationale, il est membre de la commission des finances et au clair sur les enjeux du redressement des comptes publics. L’un de ses premiers chantiers sera de mettre en place la banque publique d’investissement, regroupant la Caisse des dépôts entreprise, le FSI et Oséo.

Ministre du Travail, de l'Emploi et du dialogue social
Michel Sapin
C'est l'ami de plus de trente ans de François Hollande. Camarade de l'ENA, au sein de la fameuse promotion Voltaire, Michel Sapin s'est occupé lors de la campagne du projet présidentiel. C'est aussi l'un des nouveaux ministres les plus expérimentés du nouveau gouvernement. L'ancien président de la région Centre, jusqu'en 2007, connaît bien les arcanes de Bercy. Il en a été ministre des Finances dans le gouvernement Bérégovoy entre avril 1992 et mars 1993. Pourtant, il a échu d'un portefeuille plus social qu'économique. Il sera en première ligne pour les négociations avec les partenaires sociaux. Ce qui ne devrait pas trop l'inquiéter car il a déjà occupé la fonction de ministre de la fonction publique sous Jospin entre 2000 et 2002. Depuis 2007, Michel Sapin était aussi en charge pour le parti socialiste des questions économiques. En liant emploi et dialogue social, le Premier ministre montre bien que c'est du redressement économique que l'on peut espérer inverser la courbe du chômage. Une philosophie qui devrait animer la tenue de la conférence sociale prévue à la mi-juillet.

Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie
Nicole Bricq
A 65 ans, Nicole Bricq connait bien les dossiers budgétaires pour avoir siégé de façon quasi ininterrompue aux commissions des finances de l'assemblée puis du Sénat depuis 1997. Depuis qu'elle avait été désignée rapporteur générale de la commission des Finances du Sénat en septembre, elle a donné du fil à retordre au précédent gouvernement de droite en ferraillant contre les projets de TVA sociale et la loi de finances 2012. C'est un poste un peu inattendu. Mais comme le Président a des ambitions sur la fiscalité écologique, il trouve son sens, d'autant qu'elle avait rédigé un rapport sur le sujet en 1997. En matière énergétique, elle devra superviser la fermeture annoncée de la centrale de Fessenheim, ainsi que l’achèvement du site nucléaire de Flamanville. Enfin, et ce ne sera pas la moindre de ses tâches elle devra veiller au respect des engagements pris lors du Grenelle de l’environnement en matière d’énergies renouvelables, autrement dit œuvrer à la survie de l’industrie photovoltaïque française. Elle est hostile à l'exploitation des gaz de schiste et est à l'initiative d'une des propositions de loi sur le sujet.

Ministre délégué au Budget
Jérôme Cahuzac
Lors de la campagne, Jérôme Cahuzac avait été chargé de défendre les choix économiques et budgétaires du candidat François Hollande. L’ancien chirurgien plastique hérite du portefeuille de ministre délégué au budget auprès du ministre de l’économie et des finances Pierre Moscovici. Un choix logique. Spécialiste des questions budgétaires pour le PS, le député du Lot-et-Garonne présidait la commission des finances de l’Assemblée nationale depuis la nomination de son prédécesseur Didier Migaud à la Cour des comptes. Remettre la France sur le chemin de l’équilibre budgétaire devrait être dans les cordes du député du Lot-et-Garonne, réputé rugueux et adepte de la rigueur budgétaire. Les prochains mois risquent cependant d’être compliqués pour cet amateur de boxe. Après la publication de l’audit de la cour des comptes sur l’exécution de la loi de finances pour 2012, le nouveau ministre délégué devra défendre un collectif budgétaire d’ici juillet peu amène. D’autant que la commission européenne a déjà émis des doutes sur la perspective de déficit budgétaire de la France pour 2013. Jérôme Cahuzac a malgré tout assuré que le gouvernement ne se fera pas dicté le rythme de ses réformes. "Je comprends bien que les marchés financiers voudraient que les retraités aient moins de retraite, que les smicards soient moins payés et que ceux qui vivent dans la précarité connaissent une précarité plus grande encore. Nous les décevrons", affirmait fin avril Jérôme Cahuzac. La réalité le dira.

Ministre des Affaires sociales et de la Santé
Marisol Touraine
Agée de 53 ans, députée socialiste de la troisième circonscription d’Indre-et-Loire depuis 2007  (elle l’avait été de 1997 à 2002). Cette normalienne et agrégée de sciences économiques est la fille du sociologue Alain Touraine. Elle débute en politique au cabinet de Michel Rocard de 1988 à 1991. Et s’intéresse au départ aux questions internationales et de défense. Membre active de la commission des affaires sociales de l’assemblée, elle s’est surtout fait remarquer pendant la réforme des retraites où elle portait avec pugnacité la contradiction à l’équipe en place, qualifiant la réforme "d’injuste, imprévoyante et inefficace". Membre du bureau du PS, elle est la secrétaire nationale à la santé et à la sécurité sociale.  Il lui appartiendra désormais de rétablir les équilibres financiers de la sécurité sociale sans dégrader le service pour les assurés et elle devra se pencher sur le financement de la protection sociale. Sur son blog, Marisol Touraine explique aimer la lecture, le théâtre et l’opéra, les promenades en famille et l’Ile d’Yeu. Des activités qu’elles devra probablement mettre de côté pour les mois qui viennent.

Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Geneviève Fioraso
À l’enseignement supérieur et à la recherche, c'est une pro de l'innovation qui est nommée. Geneviève Fioraso, 57 ans, membre de l'équipe de campagne de François Hollande en charge de l'innovation dans le Pacte Productif, est députée de la première circonscription de l'Isère depuis 2007 et adjointe au Maire de Grenoble — où elle habite depuis 1978 — à l'économie, l'emploi, l'université et la recherche depuis 2001. Elle a effectué son parcours professionnel dans le désordre à l'éducation nationale, comme professeur d'anglais et d'économie, à la maire de Grenoble, dans une grande entreprise (France Télécoms), une start-up (issue du CEA) et des associations (Agiremploi). Femme de synthèse, elle maîtrise ses dossiers sur le bout des doigts. Il y a quelques semaines, elle a même réussi à surprendre la conférence des conseillers en propriété intellectuelle, par sa maîtrise sur sujet. Pour l'innovation et la recherche, elle prône encore plus de décentralisation, et critique ouvertement les structures imposées, comme celles des nouvelles sociétés d'accélération de transfert de technologie, créées avec le grand emprunt.

Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire
Stéphane Le Foll
On dit qu’un ministre de l’Agriculture qu’il n’est jamais nommé sans la consultation de la FNSEA, le principal syndicat agricole. L’organisation syndicale connaît bien Stéphane le Foll, un spécialiste des questions agricoles. Vice-président de la communauté urbaine du Mans, ce proche de François Hollande (il a été son directeur de cabinet lorsque le Président de la République était à la tête du Parti Socialiste) est membre de la Commission agriculture du Parlement européen. C’est donc un spécialiste de la Politique Agricole Commune (PAC) et des rouages de la Commission européenne. Il a également pris part, pour le Parlement européen, aux négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Hong-Kong en 2005, ce qui n’est pas sans intérêt quand on suit les questions agricoles, en grande partie régie par l’OMC. Son portefeuille est élargi à l’agroalimentaire comme le souhaitait le syndicat agricole et l'industrie agroalimentaire.

Ministre de la Défense
Jean-Yves le Drian
La nomination du président du conseil régional de Bretagne au poste de ministre de la Défense n'est guère une surprise. Longtemps en charge de la défense au PS et membre de la commission défense à l'Assemblée nationale, Jean-Yves le Drian s'occupait de ces questions régaliennes au sein de l'équipe du candidat Hollande. Dès son arrivée en poste, le successeur de Gérard Longuet aura un agenda chargé. Avec le président de la République, il défendra les positions de la France au prochain sommet de l'Otan à Chicago, les 20 et 21 mai prochains. Face aux américains, la France devrait faire part de ses interrogations sur le concept stratégique de défense antimissile notamment son efficacité technologique, son coût, son commandement. Autres chantiers à venir pour le locataire de l'hôtel de Brienne : le lancement d'un nouveau livre blanc de la défense (le 4eme) qui donnera lieu à une loi de programmation militaire, ainsi que la définition d'une nouvelle politique industrielle de la Défense plus axée sur la coopération européenne.

Ministre déléguée chargée des PME, de l'innovation et de l'économie numérique
Fleur Pellerin
En charge des questions du numérique pendant la campagne de François Hollande, Fleur Pellerin ne devrait pas être trop dépaysée. Bien que moins impliquée dans le numérique que le député de la Nièvre, Christian Paul, par exemple, elle est diplomée de l’Essec à 21 ans puis de Sciences Po Paris. La jeune femme de 38 ans a occupé plusieurs postes à la Cour des comptes. Elle s’est intéressée aux problématiques de la propriété intellectuelle au début de sa carrière, un atout pour suivre la question des droits d’auteur dans le numérique. En revanche, le monde des PME ne lui est sans doute moins familier. Il n'est pas anodin que son ministre de tutelle soit en charge du Redressement productif, signe du rôle clé de l'innovation en la matière.

Ministre délégué chargé des Transports et de l'économie maritime
Frédéric Cuvillier

Né le 9 décembre 1968 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), ce docteur en science politique est maître de conférences à l’Université du Littoral Côte d’Opale. Il est maire de Boulogne-sur-Mer depuis 2002 et député depuis 2007. Il est également président de la communauté d’agglomération du Boulonnais. Membre du conseil national du Parti socialiste,  il est proche de François Hollande, qu’il soutient durant les primaires. Frédéric Cuvillier a cosigné un texte sur la politique maritime de la France défendue par François Hollande : "Le défi maritime français".
 

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