Goss International peut-il se racheter lui-même ?

Mercredi 3 juillet, le tribunal de commerce de Compiègne (Oise) dira s’il permet à Goss International de reprendre une partie de son activité, placée en redressement judiciaire.

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Goss International peut-il se racheter lui-même ?

Tous les yeux sont tournés vers la décision du tribunal de commerce de Compiègne (Oise). Mercredi 3 juillet, il dira s’il juge ou non satisfaisante la proposition de reprise de Goss International concernant l’une de ses propres filiales. Le groupe spécialisé dans la production de rotatives pour l’imprimerie (journaux, magazines, publicités...) proposera de sauver 123 emplois sur les 433 existants, répartis sur les sites de Montataire (Oise) et de Nantes (Loire-Atlantique). Le projet de reprise vise à fermer l’usine d’assemblage de rotatives de Montataire et à maintenir uniquement le service de ventes, le service après-ventes et un bureau d’études.

"La situation devient intenable, assure dans une interview exclusive Rick Nichols, le PDG de Goss International. Nous devons aujourd’hui sauver ce qui peut encore l’être. Et offrir des opportunités d’emploi au maximum de nos salariés." Un discours qui passe mal niveau des syndicats. "Nous vivons des plans de restructuration successifs depuis plusieurs années qui affaiblissent l’outil productif, tempête Georges Oganesoff, délégué syndical à la CFDT. L’arrêt total est programmé depuis plusieurs années, mais ils préfèrent le faire par petits bouts".

Perte de plusieurs contrats en France

Dans un communiqué, l’intersyndicale (CFDT, CGT, CFE CGC) dénonce une "magouille" et un groupe qui cherche à "licencier sans négociation et sans payer la facture". Et Georges Oganesoff de pointer également du doigt la perte récente de plusieurs contrats en France aux profits des sites américains du groupe, enfonçant un peu plus la filiale française dans la crise. Une situation qui a d’ailleurs poussé plusieurs salariés à interpeller Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, en se rendant à Bercy en mai dernier.

Mais pourquoi ce groupe cherche-t-il à racheter ce qui lui appartient déjà, ce qui ne laisse d’ailleurs pas d’inquiéter les syndicats ? Pour le comprendre, un retour en arrière s’impose. Après être passé entre plusieurs mains dans les années 2000, Goss International est racheté en 2009 par le groupe chinois Shangaï Electric Manufacturing, lui-même filiale de Shangaï Electric Corporation. Pour résumer, la filiale française est donc l’arrière-petite-fille de la maison mère.

Une troisième proposition, revue à la hausse

Face aux difficultés du secteur de la papeterie, et du papier pour les journaux en particulier, le groupe a procédé à des restructurations successives qui ont fait fondre les effectifs. Depuis 2007, le marché des rotatives a été divisé par trois, selon le groupe. Le 28 avril, la filiale française se déclare alors en cessation de paiement. Le 3 avril 2013, le tribunal de commerce de Compiègne place Goss International France en redressement judiciaire avec une période d’observation de six mois.

Le groupe décide alors de se porter lui-même acquéreur d’une partie de ses propres activités, alors même qu’aucun autre repreneur ne se manifeste. Goss International crée pour cela une entreprise de droit néerlandais. Deux fois de suite le tribunal de commerce de Compiègne demande au groupe de revoir ses propositions à la hausse, en termes d’emploi et de valeur de la société. Il a formulé une nouvelle proposition et le tribunal de commerce donnera son avis ce mercredi 3 juillet.

Olivier James

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