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Google s'engage à nouveau à ouvrir un centre de R&D en France

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Quatre ans après de précédentes promesses, Eric Schmidt, PDG de Google, réaffirme son intention d'ouvrir un centre de recherche et de développement en France. Les détails du projet restent flous. Mais la France présente plusieurs avantages pour Google, qui pourrait cette fois passer à l'acte.

Google s'engage à nouveau à ouvrir un centre de R&D en France
Eric Schmidt, PDG de Google
© DR

« Il y a en France des compétences techniques et une excellence en mathématiques qui me conduisent à y créer bientôt un centre de recherche et développement », déclarait en juin 2006 Eric Schmidt aux Echos. De passage à Paris ce jeudi, le PDG de Google (23,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2009, avec 19.835 collaborateurs dans le monde) l'a répété : « La France est l'un des plus importants centres de culture, d'affaires et de technologie au monde ». Et il a réaffirmé son ambition d'ouvrir un centre de R&D dans la capitale.

Cette fois, c'est la bonne ? Peut-être. Mais il faudra attendre pour le vérifier. Car les contours du projet de Google, qui reste en lice pour les projets de numérisation des fonds documentaires des grandes bibliothèques françaises, restent très vagues pour l'instant. Tout juste sait-on que le moteur, qui précise que « les détails de ce plan seront dévoilés plus tard », envisage d'ouvrir en France un « nouveau centre d'ingénieurs » où il devrait « employer de nombreux ingénieurs talentueux et diplômés des universités françaises chaque année ». Le groupe s'est aussi fixé pour objectifs de créer un Institut culturel (pour la promotion des « cultures européennes passées, présentes et futures »), d'accroître ses financements universitaires et de soutenir les « entrepreneurs dans les nouvelles technologies [et les] développeurs français au travers de formations, d'outils de networking et de coaching ».

La France a de sérieux atouts pour Google

Quels bénéfices pourrait attendre Google de l'ouverture de ce centre de R&D ? « Il est indéniable que nous avons en France deux avantages très importants pour la recherche en informatique », indique Jean Ferré, PDG de l'éditeur Sinequa, l'un des principaux moteurs de recherche d'entreprise hexagonaux. « Le premier atout de la France, c'est qu'elle dispose d'excellents mathématiciens, ce qui est fondamental pour l'algorithmique et les moteurs de recherche. Le deuxième, c'est son expertise dans le traitement de la langue (linguistique, sémantique, reconnaissance vocale, extraction automatique ou text mining... ». Un point de vue relayé par Renaud Jolly, spécialiste du référencement pour le site Laredoute.fr : « Pour les moteurs, la langue française est un peu plus complexe que l'anglais, avec un peu plus de notions et de détails. Nous avons en France de vraies compétences sur le sujet, même si nous ne bénéficiions malheureusement pas des mêmes investissements que les acteurs anglo-saxons ».

Autre avantage : « Comme l'a signalé Eric Schmidt, la France a particulièrement développé les usages Internet et le haut débit depuis dix ans », ajoute Jean Ferré. « Nous sommes de grands consommateurs d'Internet et plutôt en avance sur certains usages. Il suffit de voir l'importance prise par des sites français comme Meetic et Priceminister... ». Les moteurs ne font pas exception. Outre Altavista (créé aux Etats-Unis par Jean Monnier, un entrepreneur français) « la France a vu naître Exalead [récemment racheté par Dassault Systèmes],  qui est très innovant sur certaines fonctionnalités comme la catégorisation, le tri des sources, la recherche par sous-ensembles... », rappelle Renaud Jolly.

Le fruit de certaines incitations fiscales

Enfin, « il ne faut pas oublier que la France est devenue particulièrement attractive d'un point de vue fiscal, avec des dispositifs comme le crédit impôt recherche qui facilitent le développement d'activités de pointe et de R&D », souligne Jean Ferré. « Ce n'est pas un hasard si Microsoft a fait une annonce un peu similaire fin 2008 ».

Pour le spécialiste des moteurs de recherche d'entreprise, l'arrivée d'un centre de recherche de Google, si elle se concrétise, ne doit pas être vue comme une menace. « Il y a déjà des craintes sur le fait qu'ils vont recruter nos talents. C'est vrai puisqu'ils ont les moyens d'être séduisants à tous points de vue. D'un autre côté, c'est aussi une forme de consécration pour les acteurs spécialisés comme Exalead et Sinequa. Nous nous positionnons tous sur le marché mondial et nous devons donc accepter d'être en concurrence sur tous les aspects, y compris sur la guerre des talents ».

Christophe Dutheil
 


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