Google développe une alternative à la classification controversée de Fitzpatrick sur la couleur de peau

par Paresh Dave

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Google développe une alternative à la classification controversée de Fitzpatrick sur la couleur de peau
Un professeur de dermatologie rend visite à une patiente. Google, filiale d'Alphabet, développe un système alternatif à la classification de Fitzpatrick sur les différents phototypes de peau, une méthode désormais jugée inapropriée par nombre de chercheurs pour les personnes non blanches. /Photo d'archives/REUTERS/University of Pennsylvania/Michael Passanante

(Reuters) - Google, filiale d'Alphabet, développe un système alternatif à la classification de Fitzpatrick sur les différents phototypes de peau, une méthode désormais jugée inapropriée par nombre de chercheurs pour les personnes non blanches.

La classification Fitzpatrick Skin Type (FST), mise au point dans les années 1970 et utilisée dans le monde comme norme par les dermatologues, classe les individus en six phototypes. Parmi ces couleurs, quatre sont réservées pour les personnes de peau "blanche", une pour les peaux "noires" et la dernière pour les peaux "marron".

Depuis son invention, les industriels s'appuient sur cette classification pour déterminer la réaction de la peau en cas d'exposition solaire. Les groupes technologiques leur ont emboîté le pas et utilisent eux aussi cette classification pour catégoriser les individus et mesurer le bon fonctionnement de leurs produits comme les systèmes de reconnaissance faciale ou les capteurs de fréquence cardiaque sur différents tons de peau.

Les détracteurs du FST estiment que ce système ne prend pas suffisamment en compte la diversité des personnes de couleur.

En octobre 2020, des chercheurs du département américain de la Sécurité intérieure, ont préconisé lors d'une conférence internationale l'abandon de cette méthodologie en matière de reconnaissance faciale, estimant qu'elle représentait mal la palette de couleurs que l'on peut rencontrer dans diverses populations.

En réponse à ces préoccupations, Google a dévoilé cette semaine à Reuters, pour la premiète fois, qu'il travaillait sur une solution permettant d'obtenir de meilleurs résultats.

"Nous travaillons sur des mesures alternatives, plus inclusives, qui pourraient être utiles dans le développement de nos produits, et nous collaborerons avec des experts scientifiques et médicaux, ainsi qu'avec des groupes travaillant au sein des communautés de personnes de couleur", a déclaré le géant américain de l'internet, sans plus de précisions.

La classification FST alimente le débat plus large sur le racisme et l'absence de diversité dans le secteur de la technologie, où les salariés sont majoritairement blancs.

Dans le cadre du développement de l'intelligence artificielle (IA), s'assurer du bon fonctionnement des outils technologiques sans distinction de couleur de peau, de genre, et d'âge est devenu un enjeu important. L'IA est notamment utilisée dans des domaines sensibles comme la santé et le travail des forces de l'ordre.

Un produit pourrait ainsi se révéler défectueux pour les groupes sous-représentés en termes de données d'études et de tests.

En février, Google avait indiqué que les caméras de certains téléphones fonctionnant sous le système d'exploitation Android et capables de mesurer la fréquence du pouls étaient susceptibles de générer en moyenne 1,8% d'erreur selon que la personne a la peau claire ou foncée.

(Version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)

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